Espagne : Un dirigeant indépendantiste catalan accuse Madrid de l’avoir espionné
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Espagne : Un dirigeant indépendantiste catalan accuse Madrid de l’avoir espionné

Roger Torrent, président du Parlement de Catalogne, a accusé mardi le gouvernement espagnol de l'avoir espionné en piratant son téléphone portable avec un logiciel israélien

Roger Torrent, président du Parlement catalan, s'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 13 janvier 2020. (AP / Jean-Francois Badias)
Roger Torrent, président du Parlement catalan, s'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 13 janvier 2020. (AP / Jean-Francois Badias)

Le président du parlement de la région espagnole de Catalogne, l’indépendantiste Roger Torrent, a accusé mardi le gouvernement espagnol de l’avoir espionné en piratant son téléphone portable, des allégations rejetées en bloc par Madrid.

M. Torrent réagissait à la publication d’une enquête conjointe du quotidien espagnol El Pais et du journal britannique The Guardian affirmant que le téléphone du dirigeant catalan avait été espionné l’an dernier grâce à un logiciel conçu en Israël par NSO Group, Pegasus.

Selon ces deux médias – qui s’appuient sur les enquêtes de Citizen Lab, un centre de recherche de l’université canadienne de Toronto –, M. Torrent ferait partie de plus de cent personnalités espionnées entre avril et mai 2019 dans le monde entier, sur un total de 1 400 terminaux infectés par Pegasus.

Ce logiciel d’espionnage ne peut être acquis que par des gouvernements et des forces de sécurité, et permet de lire des messages et d’activer la caméra et le micro d’un smartphone à distance, d’après El Pais et The Guardian.

Le logo de l’entreprise israélienne NSO Group sur un bâtiment où elle avait des bureaux, à Herzliya, jusqu’en 2016. (AP Photo/Daniella Cheslow)

Lors d’une conférence de presse, M. Torrent a affirmé que cette affaire prouvait, selon lui, « de manière concluante » que « l’État espagnol pratique l’espionnage politique contre les adversaires politiques ».

« L’existence de ces pratiques révèle l’existence d’une lutte générale contre l’indépendantisme » de la part de Madrid, a ajouté M. Torrent, qui a demandé à « enquêter sur ces faits et déterminer toutes les responsabilités ».

Contactée par l’AFP, une porte-parole du gouvernement espagnol a balayé ces accusations. « Le gouvernement n’est pas au courant » du fait que Roger Torrent et une une ex-députée régionale indépendantiste catalane, Anna Gabriel, aient « fait l’objet d’un espionnage de leurs mobiles », a-t-elle affirmé.

« En Espagne, n’importe quelle intervention sur un portable s’effectue dans le respect de la loi », après l’autorisation de la justice, a-t-elle souligné.

La Catalogne, région du nord-est de l’Espagne, est le théâtre depuis plusieurs années d’une crise politique entre les indépendantistes, qui contrôlent l’exécutif et le parlement régional, et le gouvernement central.

En octobre 2017, les séparatistes avaient organisé un référendum d’autodétermination malgré son interdiction par la justice et déclaré unilatéralement l’indépendance de la région.

Des faits qui ont abouti l’an dernier à la condamnation à la prison de neuf indépendantistes, ce qui avait entraîné de nombreuses manifestations dans la région dont certaines ont dégénéré en violences.

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