Et maintenant ? Le calendrier de la formation (peut-être) d’un gouvernement
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Et maintenant ? Le calendrier de la formation (peut-être) d’un gouvernement

Voici un aperçu des dates importantes à venir alors que les leaders politiques tentent de naviguer dans les résultats électoraux, essayant de sortir le pays de l'impasse politique

Le président Reuven Rivlin jette un bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Jérusalem, pendant les élections à la Knesset, le 2 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)
Le président Reuven Rivlin jette un bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Jérusalem, pendant les élections à la Knesset, le 2 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)

Alors que les élections israéliennes viennent de se terminer, les tentatives de former un nouveau gouvernement, pour leur part, ont tout juste commencé – même si, pour le moment, les perspectives de voir ces efforts aboutir paraissent aussi peu probables que cela avait été le cas lors des trois derniers scrutins qui s’étaient également avérés non-concluants.

Voici le calendrier approximatif déterminant les prochaines phases de ce processus :

Mercredi prochain, le 31 mars, la commission centrale électorale va présenter les résultats officiels du scrutin au président Reuven Rivlin. La Commission a noté que même si tous les votes ont été dépouillés, ils sont actuellement contrôlés pour la deuxième fois et que de légers changements étaient encore possibles avant qu’ils ne soient remis à Rivlin.

D’éventuelles évolutions des résultats du vote restent néanmoins improbables à ce stade.

Quelques jours plus tard, en date du 5 avril, Rivlin rencontrera les représentants de tous les partis élus pour entendre leur recommandation concernant le nom de la personnalité la plus à même, selon eux, d’être chargée de former le prochain gouvernement. Cette étape dure traditionnellement plusieurs jours mais, à l’issue des élections de l’année dernière, elle s’était déroulée en seulement 24 heures.

Ce même jour débutera la phase de présentation des preuves dans le procès pour corruption présumée du Premier ministre Benjamin Netanyahu – une affaire judiciaire parallèle qui, depuis des années, est considérée par un grand nombre d’observateurs comme étant à l’origine de la paralysie politique du pays. Netanyahu pourrait être placé dans l’obligation d’assister à l’audience.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue ses partisans après les premiers résultats de sortie des urnes pour les élections parlementaires au siège du parti du Likud à Jérusalem, le 14 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le 6 avril, les nouveaux membres de la Knesset prêteront serment. Reste à savoir s’ils resteront longtemps sur les bancs du Parlement ou si ce dernier sera dissous d’ici quelques semaines.

Vingt-quatre heures plus tard, le 7 avril, Rivlin annoncera le nom de la personnalité chargée par mandat de former le prochain gouvernement sur la base de celle qui, selon lui, aura les meilleures chances d’y parvenir. Cette personnalité choisie aura ensuite 28 jours – soit jusqu’au 5 mai — pour présenter son gouvernement. Si elle échoue à le faire à la date prévue, elle pourra réclamer quinze jours supplémentaires, jusqu’au 19 mai.

Et si cette personnalité se trouve finalement dans l’incapacité de former un gouvernement, le président pourra en désigner une autre (pour une nouvelle période de 28 jours assortie à deux semaines supplémentaires) ou il pourra renvoyer le mandat à la Knesset, donnant aux parlementaires 21 jours pour s’accorder sur un candidat pouvant s’appuyer sur le soutien de 61 députés. Si le président, par ailleurs, désigne une deuxième personnalité pour qu’elle mette en place un gouvernement et que cette dernière échoue à rassembler une coalition, alors le mandat reviendra à la Knesset pour la période de 21 jours.

Pendant cet intervalle de temps, tous les députés ont le droit individuellement de tenter de former un gouvernement dont ils prendraient alors la tête.

A l’expiration de la période de 21 jours et si aucun candidat n’est parvenu à recevoir le soutien de 61 députés, le nouveau Parlement sera automatiquement dissous et le pays sera tenu d’organiser de nouvelles élections. Si tel était le cas, un scrutin pourrait être organisé à l’automne.

Le plénum de la Knesset, le 2 décembre 2020. (Porte-parole de la Knesset/Danny Shem-Tov)

Jusqu’à la crise politique actuelle qui a commencé en 2019, aucun candidat chargé de la formation du gouvernement par le président n’avait jamais échoué dans sa mission dans le délai imparti initialement. Toutefois, suite au scrutin du mois d’avril 2019, Netanyahu n’avait pas pu rassembler une coalition et une majorité de députés, à la Knesset, avaient voté le démantèlement du Parlement et la tenue d’un nouveau vote. Suite aux élections du mois de septembre 2019, Netanyahu et Gantz avaient échoué à rassembler une coalition, entraînant pour la toute première fois de l’Histoire d’Israël la période de 21 jours, à l’issue de laquelle un nouveau scrutin avait été organisé. Et enfin, après le vote du mois de mars 2020, c’est Gantz qui avait été chargé de former le gouvernement et il avait finalement accepté la mise en place d’une coalition de partage du pouvoir avec Netanyahu – une coalition qui s’était effondrée neuf mois plus tard.

Avec une Knesset qui est encore une fois divisée entre blocs rivaux et sans aucune perspective claire offerte à un éventuel candidat de rassembler une majorité au pouvoir, la manière dont vont se dérouler les choses, dans ce quatrième round, reste impossible à déterminer.

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