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États-Unis : Tsahal doit éviter de déplacer les Gazaouis du sud comme dans le nord

Washington aurait demandé à Israël de délimiter des zones sécurisées près des abris de l'ONU ; des vaccins sont acheminés pour prévenir la propagation des maladies

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des Palestiniens font la queue pour obtenir de l'eau dans un camp de déplacés de l'ONU dans la ville de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, dimanche 19 novembre 2023. (Crédit : Fatima Shbair/AP)
Des Palestiniens font la queue pour obtenir de l'eau dans un camp de déplacés de l'ONU dans la ville de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, dimanche 19 novembre 2023. (Crédit : Fatima Shbair/AP)

De hauts responsables américains ont déclaré lundi que l’administration Biden était opposée à un deuxième déplacement massif de Palestiniens dans la bande de Gaza, et Washington a précisé les conditions dans lesquelles elle continuerait à soutenir l’expansion de l’incursion terrestre de Tsahal dans la partie sud de l’enclave dirigée par le Hamas, lorsque le cessez-le-feu temporaire dans l’enclave aura expiré dans les jours à venir.

« L’ampleur des déplacements qui ont eu lieu dans le nord ne peut pas se reproduire dans le sud », a déclaré l’un des deux hauts responsables de l’administration à la presse sous couvert d’anonymat.

Ces remarques ont été formulées un jour après que le Conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, a indiqué que l’administration Biden souhaitait que l’État juif « tire les leçons » de son incursion terrestre dans le nord de la bande de Gaza et qu’elle voulait que l’armée ne soit pas déployée dans le sud avant de garantir que les civils palestiniens pourront échapper aux bombardements..

La campagne militaire de Tsahal a été lancée après le massacre par le Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza de 1 200 personnes en Israël et la prise en otage d’environ 240 autres personnes à Gaza.

Après trois semaines de bombardements aériens soutenus, Israël a lancé le 27 octobre une incursion terrestre progressive, qui a débuté dans le nord de la bande de Gaza.

Plus de 14 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, selon le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Ces chiffres n’ont pas encore été vérifiés de manière indépendante mais on sait qu’ils incluent les terroristes palestiniens tués par Israël ainsi que les civils palestiniens tués par des roquettes mal tirées depuis Gaza.

Israël et le Hamas ont convenu d’une trêve temporaire des combats qui est entrée en vigueur vendredi. Le Hamas a libéré des dizaines d’otages en échange de la libération par Israël de trois prisonniers sécuritaires palestiniens par otage.

Un Palestinien se repose dans une tente dans un camp de déplacés de l’ONU à Khan Younis, dimanche 19 novembre 2023. (Crédit : Fatima Shbair/AP)

Bien que la trêve de quatre jours ait été prolongée de 48 heures et que les médiateurs souhaiteraient la voir se prolonger, Israël a clairement indiqué qu’il reprendra ses combats contre le Hamas dès la fin du cessez-le-feu temporaire et que ses troupes terrestres se dirigeraient du nord vers le sud de la bande de Gaza.

Avant de lancer l’incursion terrestre dans le nord, Tsahal a exhorté pendant des semaines les habitants de Gaza à se déplacer vers le sud pour éviter d’être pris entre deux feux. Plus d’un million de Palestiniens ont répondu à l’appel, et 80 % des 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, déjà surpeuplée, se trouvent désormais dans le sud et le centre de la bande, a déclaré lundi le haut fonctionnaire américain.

Il a prévenu que le réseau d’aide humanitaire, qui a augmenté pendant la trêve, ne serait pas capable de faire face à un nouveau déplacement massif de Palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza. Les États-Unis ont également fait savoir qu’ils s’opposaient catégoriquement à tout déplacement de Palestiniens hors de la bande de Gaza, malgré les appels de certains ministres et parlementaires israéliens à la communauté internationale pour qu’elle soutienne cette idée.

Au lieu de cela, l’administration Biden exhorte Israël à identifier plusieurs zones dans le sud de la bande de Gaza, à proximité des abris existants et d’autres installations gérées par des organisations humanitaires, « où Tsahal n’engagera pas le combat », a déclaré le haut fonctionnaire américain.

Il a reconnu que certains déplacements seraient « inévitables », mais a précisé que « personne ne sera forcé de quitter sa maison à dessein ».

Au cours de sa deuxième semaine de guerre, Israël a annoncé la création d’une zone humanitaire à Al-Mawasi, près du littoral sud de la bande de Gaza. Cette zone n’a toutefois pas été clairement délimitée et était bien trop petite pour accueillir l’ensemble de la population de l’enclave, la rendant ainsi inadéquate, a déclaré un haut responsable américain au Times of Israel le mois dernier.

Des représentants officiels de haut rang ont indiqué lundi aux journalistes que ce que les États-Unis demandent maintenant à Israël d’établir va bien au-delà de cette étroite zone de sécurité.

« Ces zones [supplémentaires] seront conçues comme des endroits où les gens peuvent se rendre à titre préventif », a expliqué un responsable de l’administration Biden.

La campagne militaire de Tsahal doit « être menée de manière à éviter au maximum toute interférence avec les installations humanitaires – électricité, eau, hôpitaux et autres installations, y compris les nombreux abris financés par l’ONU et situés dans le sud et le centre de Gaza », ont-ils poursuivi.

L’envoyé américain pour la situation humanitaire à Gaza, David Satterfield, a déclaré la semaine dernière qu’Israël avait accédé à la demande des États-Unis de créer un « mécanisme de résolution des conflits » pour mieux garantir la protection des travailleurs humanitaires et des civils pendant les frappes de l’armée israélienne à Gaza.

Expliquant l’idée, un responsable israélien a confié au Times of Israel la semaine dernière qu’un officier de Tsahal sera chargé de la coordination entre les organisations humanitaires et les troupes sur le terrain afin que ces dernières ne prennent pas pour cible les zones où opèrent les travailleurs humanitaires.

Jusqu’à présent, les efforts de déconfliction n’ont pas été coordonnés, avec pour conséquence plusieurs cas où des travailleurs humanitaires et des civils ont été inutilement blessés, a déploré un responsable américain la semaine dernière.

Une journaliste tient un parapluie pour se protéger des fortes pluies alors que des camions transportant de l’aide humanitaire font la queue pour traverser le port de Rafah, en Égypte, en direction de la bande de Gaza, lundi 27 novembre 2023. (Crédit : Amr Nabil/AP)

Le haut représentant de l’administration a déclaré lundi aux journalistes que les États-Unis ont eu des discussions répétées sur ces questions avec leurs homologues israéliens qui comprennent aujourd’hui « que la campagne qu’ils mèneront dans le sud devra être différente de celle qu’ils ont menée dans le nord ».

Le haut responsable a précisé que les États-Unis étaient toujours favorables à « l’élimination du Hamas, force dirigeante et menaçante à Gaza », mais que « la manière dont la campagne sera menée, en particulier dans le sud, est extrêmement importante en raison de la fragilité de la situation » causée par le déplacement massif des habitants du nord de la bande de Gaza.

Augmentation de l’aide

Lors du briefing, les responsables ont fait état de l’augmentation de l’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza, surtout depuis l’entrée en vigueur de la trêve vendredi, avec 200 camions d’aide livrés chaque jour depuis lors.

La diplomatie américaine a contribué à ce qu’Israël abandonne son approche initiale consistant à ne pas autoriser une seule goutte d’eau, ou de carburant, pas plus qu’un seul crayon, à franchir la frontière, pour permettre l’entrée de plus de 2 000 camions, dont de carburant, a déclaré le haut responsable de l’administration.

Le haut fonctionnaire a reconnu que l’aide reçue était encore insuffisante, compte tenu de l’ampleur de la crise humanitaire. Toutefois, des renforts supplémentaires sont en cours d’acheminement, notamment un « vol de secours » facilité par l’armée américaine, qui arrivera mardi à l’aéroport d’El-Arish, dans le Sinaï égyptien, avec à son bord des fournitures médicales, de l’aide alimentaire et des vêtements d’hiver, a indiqué le responsable, ajoutant que deux autres avions d’aide devraient arriver dans les jours à venir.

Les avions transporteront également des vaccins pour prévenir la propagation des maladies, a déclaré le fonctionnaire, tout en ajoutant que la meilleure façon de prévenir une épidémie est de s’assurer qu’il y a un approvisionnement en eau potable dans la bande de Gaza. Les États-Unis ont pour veiller à cela, fait pression avec succès sur Israël pour qu’il autorise l’entrée de carburant au début du mois afin que les infrastructures essentielles, telles que les hôpitaux, les usines de dessalement de l’eau, les puits et les systèmes de canalisation, puissent continuer à fonctionner. Israël soutient depuis longtemps que le Hamas dispose de stocks de carburant qui ne sont pas utilisés pour répondre aux besoins de la population civile.

L’administration Biden est également en contact avec les pays donateurs pour les exhorter à veiller à ce que les agences humanitaires de l’ONU travaillant sur le terrain soient intégralement financées, a déclaré le responsable américain, notant que les États-Unis sont actuellement le principal pays donateur et qu’ils ont annoncé le mois dernier une aide supplémentaire de 100 millions de dollars pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

Des camions transportant de l’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza via le point de passage de Rafah avec l’Égypte, au deuxième jour de la trêve entre Israël et le Hamas, le 25 novembre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

De la première à la deuxième phase

Avec 200 camions d’aide entrant chaque jour depuis vendredi, le responsable américain a déclaré que l’objectif était maintenant de passer à la « phase deux » de l’effort, qui consistera à compléter les « l’aide humanitaires de base » par une quantité similaire de biens commerciaux.

Mais pour ce faire, « les procédures d’inspection devront être renforcées et améliorées », a déclaré le haut fonctionnaire de l’administration.

Selon les procédures actuelles, l’aide arrive en Égypte, où elle est inspectée par les autorités égyptiennes. Elle passe ensuite par le point de passage israélien de Nitzana, où elle est examinée par les autorités israéliennes, avant d’être renvoyée en Égypte et acheminée à Gaza par Rafah.

Des représentants du Croissant-Rouge du Qatar livrent de l’aide humanitaire à l’aéroport d’Al Arish, en Égypte, à destination de Gaza, le dimanche 19 novembre 2023. (Crédit : Amr Nabil/AP)

L’administration Biden a exhorté Israël à reconsidérer sa politique de fermeture de Kerem Shalom afin de faciliter l’entrée d’une plus grande quantité d’aide dans l’enclave, ont déclaré les deux responsables.

« Le gouvernement israélien a pris une décision politique – qui, apparemment, ne changera pas tant que les otages seront détenus par le Hamas – de fermer Kerem Shalom afin qu’aucune marchandise provenant du territoire israélien ne soit acheminée directement à Gaza », a déclaré le responsable de l’administration lundi.

Ils ont toutefois laissé entrevoir pour la première fois la possibilité qu’Israël accepte que Kerem Shalom soit au moins utilisé pour l’inspection des marchandises, étant donné que le point de passage est plus adapté que Nitzana.

Le responsable de l’administration qui s’est adressé au Times of Israel la semaine dernière a émis l’hypothèse que Kerem Shalom pourrait également être utilisé comme point de sortie des camions quittant la bande de Gaza après avoir livré de l’aide, ce qui permettrait d’alléger la charge sur Rafah.

Des représentants du Croissant-Rouge du Qatar livrent de l’aide humanitaire à l’aéroport d’Al Arish, en Égypte, à destination de Gaza, le dimanche 19 novembre 2023. (Crédit : Amr Nabil/AP)

L’aéroport égyptien du nord du Sinaï est le seul à recevoir des cargaisons d’aide, qui sont par la suite acheminées vers Gaza par Rafah. L’aéroport ne dispose que d’une seule piste et d’un nombre très limité de places de stationnement, ce qui le rend inadapté aux livraisons massives nécessaires à l’enclave côtière, a déclaré le responsable.

En outre, les responsables de l’administration qui ont répondu aux journalistes lundi ont déclaré qu’ils soutenaient la mise en place d’hôpitaux de campagne par la Jordanie, la Turquie, les Émirats arabes unis et les organisations d’aide internationale, ce qui se traduira par des centaines de lits d’hôpitaux supplémentaires.

Certains pays ont également envoyé des navires à El Arish, où ils serviront d’hôpitaux flottants au large de la côte du Sinaï. Un navire français devrait arriver dans les prochains jours.

Israël soutient également ces initiatives, puisqu’il a entrepris d’évacuer les hôpitaux existants dans la bande de Gaza, que le Hamas utilise, selon lui, pour faire fonctionner les centres de commandement situés en contrebas.

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