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Etrangers arrêtés en Iran : des précédents depuis 2015

Plusieurs étrangers sont détenus en Iran pour divers motifs – des arrestations qui se sont multipliées depuis la sortie des USA de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018

Jolie King et Mark Firkin, le couple d'Australiens libérés d'Iran ; ils avaient été arrêtés après avoir fait voler un drone utilisé pour leur blog de voyage. (Crédit : Instagram)
Jolie King et Mark Firkin, le couple d'Australiens libérés d'Iran ; ils avaient été arrêtés après avoir fait voler un drone utilisé pour leur blog de voyage. (Crédit : Instagram)

Un couple de voyageurs australiens détenus en Iran a été libéré et est de retour en Australie, ont confirmé samedi les autorités australiennes. Dans le même temps, un Iranien prisonnier en Australie a été relâché.

Plusieurs étrangers, en majorité des binationaux, sont détenus en Iran. Ces arrestations pour divers motifs se sont multipliées depuis la sortie unilatérale des Etats-Unis en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien.

L’Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, n’accorde généralement pas d’accès consulaire aux détenus binationaux.

Les Français

– Le 15 juillet 2019, la France annonce la détention en Iran de Fariba Adelkhah, directrice de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, qui aurait été arrêtée en juin selon ses proches. Téhéran confirme sa détention le lendemain.

Le 4 octobre, Téhéran dénonce comme une « ingérence inacceptable » une demande française appelant à la transparence sur le cas de cette anthropologue franco-iranienne.

– La Française Nelly Erin, arrêtée en octobre 2018 pour « entrée illégale », est libérée en février 2019. Cette dirigeante d’entreprise avait été arrêtée sur l’île iranienne de Kish, dans le Golfe.

Les Australiens

– L’Iran confirme en septembre 2019 avoir emprisonné pour « espionnage » Jolie King et Mark Firkin, un couple de voyageurs originaires de Perth. Ils sont libérés après des « négociations très délicates » avec Téhéran, annonce le 5 octobre la diplomatie australienne.

Le même jour, Reza Dehbashi, doctorant iranien à l’université du Queensland, détenu en Australie depuis 13 mois pour avoir contourné les sanctions américaines, est libéré et renvoyé en Iran, selon la télévision d’Etat iranienne.

– Téhéran confirme le 11 septembre que Kylie Moore-Gilbert, une universitaire de Melbourne spécialiste du Moyen-Orient, est emprisonnée pour « espionnage au profit d’un pays tiers ».

Une Russe

– Accusée d’avoir collaboré avec les renseignements israéliens, la journaliste Ioulia Iouzik, est arrêtée le 3 octobre 2019 à Téhéran dans sa chambre d’hôtel, selon son ex-mari, le journaliste Boris Voïtsekhovski. La Russie a convoqué le 4 octobre l’ambassadeur iranien.

Les Américains

– Un ex-militaire, Michael R. White, arrêté en juillet 2018, est condamné en mars 2019 à deux ans de prison pour avoir insulté le guide suprême iranien Ali Khamenei, et à dix ans pour avoir diffusé des photos personnelles sur les réseaux sociaux, selon son avocat.

– Xiyue Wang, chercheur américain d’origine chinoise à l’université de Princeton, arrêté en août 2016 et accusé d’espionnage, est condamné en juillet 2017 à dix ans de prison.

– En octobre 2016, la presse américaine évoque la condamnation à 18 ans de prison de Gholamrez Reza Shahini. Cet Irano-Américain déclare lui-même au Los Angeles Times depuis une prison iranienne avoir été condamné pour « collaboration avec un gouvernement étranger » après avoir été arrêté alors qu’il rendait visite à sa famille.

– Deux Irano-Américains, l’homme d’affaires Siamak Namazi et son père Mohammad Bagher Namazi, purgent depuis octobre 2016 une peine de dix ans de prison pour « espionnage et collaboration avec le gouvernement américain ».

Siamak Namazi a été arrêté en octobre 2015. Son père, Bagher, âgé de plus de 80 ans, a été interpellé en février 2016, lors d’un voyage pour obtenir la libération de son fils.

– Le 16 janvier 2016, quatre Irano-Américains, le journaliste Jason Rezaian, accusé d’espionnage, le pasteur Saïd Abedini, l’ex-marin Amir Hekmati et Nosratollah Khosravi, sont libérés dans le cadre d’un échange inédit avec les Etats-Unis qui relâchent sept détenus iraniens. Matthew Trevithick, étudiant, est également libéré, mais hors du cadre de cet échange.

L’échange est intervenu au premier jour de l’application de l’accord nucléaire de 2015.

Les Britanniques

– Le 1er octobre 2019, l’Iran confirme l’arrestation de Kamil Ahmadi, un anthropologue irano-britannique. Il est visé par une enquête sur des soupçons de « liens avec des pays étrangers et des instituts affiliés à des services de (renseignement) étrangers ».

– L’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe est emprisonnée depuis 2016 pour sédition. Elle avait été arrêtée à l’aéroport de Téhéran après avoir rendu visite à sa famille avec sa fille de 22 mois.

Employée de la Fondation Thomson Reuters, bras humanitaire de l’agence de presse, elle est condamnée à cinq ans de prison pour participation à des manifestations contre le régime en 2009, ce qu’elle nie.

– Après neuf mois de détention, l’universitaire irano-britannique Abbas Edalat rentre en décembre 2018 au Royaume-Uni.

Les Canadiens

– En février 2018, l’universitaire et écologiste irano-canadien Kavous Seyed Emami meurt en prison, moins d’un mois après son arrestation pour espionnage. Les autorités évoquent un suicide, une affirmation mise en doute par ses proches.

Un Libanais

– Le 11 juin 2019, Nizar Zakka, Libanais résidant aux Etats-Unis, arrêté en 2015 en Iran et condamné en 2016 à 10 ans de prison pour « espionnage » au profit de Washington, est libéré.

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