Eurovision : les téléspectateurs offrent la victoire à Israël avec 529 points
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4e victoire à l'Eurovision

Eurovision : les téléspectateurs offrent la victoire à Israël avec 529 points

"Je suis vraiment surpris et heureux. C'est une belle façon de fêter le 70e anniversaire de l'Etat d'Israël", a déclaré un fan venu de Madrid

Netta Barzilai après avoir remporté la finale de la 63e édition de l'Eurovision Song Contest 2018 à l'Arena Altice de Lisbonne, le 12 mai 2018. (Crédit : AFP / Francisco LEONG)
Netta Barzilai après avoir remporté la finale de la 63e édition de l'Eurovision Song Contest 2018 à l'Arena Altice de Lisbonne, le 12 mai 2018. (Crédit : AFP / Francisco LEONG)

Israël a remporté pour la quatrième fois de son histoire le concours de l’Eurovision grâce à une chanson inspirée par l’esprit #MeToo, plébiscitée par des millions de téléspectateurs à l’issue de la finale disputée samedi soir à Lisbonne.

La chanson « Toy », un appel à l’émancipation féminine et contre toute forme de harcèlement, était interprétée par la chanteuse israélienne de 25 ans Netta Barzilai.

« Merci d’avoir accepté la différence et célébré la diversité », a réagi la chanteuse en pleurs, sur la scène de l’Altice Arena, la plus grande salle de spectacle du Portugal. « J’adore mon pays », a-t-elle encore lancé devant 11 000 enthousiastes arborant drapeaux ou vêtements aux couleurs de leurs nations respectives.

« Je suis vraiment surpris et heureux. C’est une belle façon de fêter le 70e anniversaire de l’Etat d’Israël », a témoigné Ariel Lopstein, un fan de 43 ans venu de Madrid.

Avec sa voix puissante, ses grimaces et ses mouvements imitant une poule sur fond de musique de danse emballante, Netta a remporté le duel annoncé par les bookmakers qui l’opposait à la représentante de Chypre, la chanteuse grecque d’origine albanaise Eleni Foureira.

Cette dernière défendait la chanson intitulée « Fuego », un morceau de pop sensuel au refrain accrocheur chanté en anglais qui lui a valu d’être comparée à Shakira ou Beyoncé.

La France 13eme

La victoire de Netta a provoqué une immense vague d’enthousiasme en Israël, qui avait déjà remporté l’Eurovision à trois reprises, en 1978, 1979 et 1998.

Des centaines de fans ont exprimé leur bonheur en dansant devant la mairie de Tel Aviv, certains se jetant même tout habillés dans le plan d’eau situé sur cette esplanade.

Les fêtards israéliens sur la place Rabin de Tel Aviv le 13 mai 218 aux premières jeures; fêtan,t la victoire de Netta Barzilai à l’Eurovision (Capture d’écran : YouTube)

Netta a été félicitée par téléphone par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui lui a dit : « kapara alaikhe, tu es la meilleure ambassadrice d’Israël, nous t’aimons. »

Elle succède ainsi au chanteur portugais Salvador Sobral, sacré l’an dernier à Kiev avec une ballade jazzy, qui lui a remis le trophée du vainqueur après avoir déclaré cette semaine que sa chanson était « horrible ».

Favorite des bookmakers pendant des semaines, l’Israélienne qui assume ses rondeurs avec fierté était tombée en deuxième position, mais la victoire ne lui a pas échappée.

Elle s’est imposée grâce aux points attribués par les téléspectateurs des 43 pays participants, car le candidat autrichien Cesar Sampson avait créé la surprise en prenant l’avantage à l’issue du vote des jurys professionnels nationaux.

Pourtant bien placé dans les classements des preneurs de paris, le duo français « Madame Monsieur » a finalement terminé 13e avec « Mercy », une composition de pop mélodieuse qui raconte le périple d’une enfant née sur un bateau de migrants.

La dernière victoire française remonte à 1977, avec « L’Oiseau et l’Enfant » interprété par Marie Myriam.

Suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs, le marathon audiovisuel disputé depuis 1956 a encore une fois offert un pot-pourri de genres musicaux assortis de costumes extravagants et de mises en scène provocantes.

Il y aura eu la robe géante de la soprano estonienne et le piano en flammes du rockeur ukrainien, mais aussi un viking pacifiste venu du Danemark.

Micro volé

Dans un registre plus intimiste, mais également osé, la ballade de l’Irlandais Ryan O’Shaughnessy était accompagnée d’une danse romantique entre deux hommes, qui lui avait valu d’être censurée en Chine au cours de la retransmission de la première demi-finale.

Seul imprévu, la prestation de la candidate britannique SuRie a été interrompue par un spectateur qui est monté sur scène et s’est brièvement emparé de son micro, avant d’être interpellé par les autorités.

Mais l’Eurovision, qui attire chaque année une audience de près de 200 millions de téléspectateurs, a souvent alimenté la polémique à travers son histoire, comme lors du sacre de la drag queen à barbe Conchita Wurst, représentante de l’Autriche en 2014.

Hors compétition, le tenant du titre Salvador Sobral est remonté sur scène, aux côtés du chanteur brésilien Caetano Veloso, pour la première fois depuis qu’il a subi une transplantation cardiaque début décembre.

Avec un budget de 20 millions d’euros, le plus bas de ces dix dernières années, la télévision publique portugaise RTP avait conçu un spectacle plus « théâtral », limitant le recours aux projections vidéo et aux nouvelles technologies.

Les organisateurs voulaient ainsi répondre à l’appel à la sobriété lancé par Salvador Sobral – « La musique, ce n’est pas des feux d’artifice, mais des sentiments », disait-il à Kiev.

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