Ex-Miss Irak : le conflit arabo-israélien « profondément lié » à l’antisémitisme
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Ex-Miss Irak : le conflit arabo-israélien « profondément lié » à l’antisémitisme

Au conseil des droits de l'homme de l'ONU, Sarah Idan dénonce le gouvernement irakien qui ne l'a pas soutenue après avoir reçu des menaces de mort pour sa photo avec Miss Israël

Miss Israël Adar Gandelsman (à gauche) et Miss Irak Sarah Idan partagent un moment au concours de beauté Miss Univers 2017, sur une photo publiée sur Instagram par Sarah Idan.
Miss Israël Adar Gandelsman (à gauche) et Miss Irak Sarah Idan partagent un moment au concours de beauté Miss Univers 2017, sur une photo publiée sur Instagram par Sarah Idan.

Une ancienne représentante de l’Irak au concours de beauté Miss Univers a condamné jeudi les États arabes pour leur critique d’Israël et déclaré que l’État juif était ancré dans l’antisémitisme.

La famille de Sarah Idan a été contrainte de quitter l’Irak pour avoir partagé sur les réseaux sociaux une photo d’elle posant avec Adar Gandelsman, la représentante d’Israël, lors du concours 2017 à Las Vegas.

Bagdad ne reconnaît pas Israël, et les deux pays sont techniquement en guerre.

Sarah Idan a rejeté les critiques de cette photo, estimant qu’il s’agit d’un message de paix, et s’est rendue en Israël l’année dernière.

Miss Israel Adar Gandelsman, à gauche, et Miss Irak Sarah Idan, partagent un moment de complicité lors du concours de Miss univers 2017

S’exprimant mardi à Genève lors d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la jeune femme, qui vit aux États-Unis, a dénoncé le gouvernement irakien pour ne pas l’avoir défendue après le tollé suscité par le cliché.

« On m’a demandé de l’enlever et forcée à dénoncer la politique d’Israël. J’ai reçu des menaces de mort. Depuis, je ne peux plus revenir dans mon pays. Pourquoi le gouvernement irakien n’a pas condamné ces menaces ou autorisé ma liberté d’expression », a-t-elle déploré.

Sarah Idan a déclaré que le conflit israélo-arabe ne reposait pas sur des désaccords purement politiques, mais était « profondément ancré dans un système de pensée transmis dans les pays musulmans, qui est antisémite ». Elle a regretté que cette « haine et cette intolérance » soit « renforcé par des médias partisans », renvoyant à la couverture médiatique des affrontements du mois dernier entre l’État juif et le Hamas dans la bande de Gaza.

« Quand je regardais les informations le mois dernier, pourquoi ils n’ont jamais parlé des près de 700 roquettes que l’organisation terroriste du Hamas a lancées sur les civils israéliens en un week-end ou de l’utilisation des Palestiniens de Gaza comme de boucliers humains par le Hamas « , s’est-elle interrogée.

« Pourquoi ne condamnent-ils jamais le Hamas pour avoir initié les attaques », a-t-elle continué. « Au lieu de cela, ils ne montrent que ceux tués en réaction, par auto-défense, et blâment Israël ».

Elle a également fait savoir qu’elle avait été traitée de « traître » pour avoir défendu la paix avec l’État hébreu et critiqué les médias arabes, qu’elle a accusés de « publier de traductions erronées de mes déclarations ».

« Je voudrais rappeler aux pays arabes que vous avez aujourd’hui plus d’intérêts en commun avec Israël qu’avec les milices terroristes », a-t-elle assuré. « Négocier la paix entre les deux États n’est pas une trahison de la cause arabe, mais une étape indispensable pour mettre un terme au conflit et à la souffrance ».

Sarah Idan était invitée à intervenir au Conseil onusien par UN Watch, un groupe de veille pro-Israël.

Lors de sa visite de Jérusalem l’année dernière, elle avait appelé à la paix entre son pays et Israël, ainsi qu’à la résolution du conflit israélo-palestinien, déclarant que les deux nations « ont le droit de coexister sur cette magnifique terre ».

À cette occasion elle s’était rendue avec Adar Gandelsman au marché Mahane Yehuda de Jérusalem et avait été chaleureusement accueillie par les locaux, dont de nombreux Israéliens d’origine irakienne qui s’adressaient à elle en arabe. L’un deux lui avait dit qu’elle aimerait retourner en Irak.

« Inshallah », ou si Dieu le veut, avait répondu la jeune femme.

Elle s’était également rappelée de sa première rencontre avec Adar Gandelsman au micro de la télévision israélienne.

« Elle avait peur de moi quand elle m’a rencontrée pour la première fois » s’est-elle remémorée, ajoutant qu’Adar Gandelsman lui avait dit, « j’ai peur de te parler ».

« Après ça, nous nous sommes assises et avons discuté pendant des heures et des heures, et l’équipe de Miss Univers s’est énervée contre nous, nous disant ‘allez, on a des photos à faire' », s’était-elle amusée.

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