Examen express de la demande d’asile de la Saoudienne en Thaïlande par le HCR
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Examen express de la demande d’asile de la Saoudienne en Thaïlande par le HCR

"Il ne s'agit pas d'une affaire politique ou internationale... C'est une affaire de famille", a tenté de minimiser le chef de la police de l'immigration thaïlandaise

Rahaf Mohammed Al-Qunun affirme avoir subi des violences physiques et psychologiques de la part de sa famille en Arabie saoudite et craint pour sa vie si elle rentre dans son pays. Elle est en instance d'expulsion après avoir été arrêtée dimanche 6 janvier 2019 à l'aéroport de Bangkok. (Crédit : AFPTV)
Rahaf Mohammed Al-Qunun affirme avoir subi des violences physiques et psychologiques de la part de sa famille en Arabie saoudite et craint pour sa vie si elle rentre dans son pays. Elle est en instance d'expulsion après avoir été arrêtée dimanche 6 janvier 2019 à l'aéroport de Bangkok. (Crédit : AFPTV)

Une jeune Saoudienne, que la Thaïlande a renoncé à expulser face à la mobilisation des réseaux sociaux, faisait l’objet de toutes les attentions mardi, du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU qui l’a placée sous sa protection à l’Australie qui envisage de l’accueillir.

« Étudier son cas et déterminer les prochaines étapes pourrait prendre plusieurs jours », a indiqué dans un communiqué Giuseppe de Vicentiis, représentant du HCR en Thaïlande, remerciant les autorités thaïlandaises de ne pas l’avoir « renvoyée dans son pays contre son gré ».

En voyage au Koweït avec sa famille, Rahaf Mohammed al-Qunun, 18 ans, a fugué et atterri ce week-end à l’aéroport de Bangkok. Elle envisageait de rallier dans la foulée l’Australie où elle comptait déposer une demande d’asile.

Canberra a assuré mardi qu’elle allait « évaluer avec soin » la demande d’asile de la jeune Saoudienne.

« Le gouvernement australien est heureux que la demande de protection de Mme Rahaf Mohammed Al-Qunun soit évaluée » par le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU, a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur. « Toute demande de visa humanitaire de la part de Mme Al-Qunun sera évaluée avec soin une fois achevée la procédure du HCR ».

Arrêtée dès son entrée sur le territoire thaïlandais, elle a assuré s’être vu confisquer son passeport par des responsables saoudiens et koweïtiens, ce que l’ambassade d’Arabie saoudite a démenti.

Barricadée dans sa chambre d’hôtel de l’aéroport, elle a posté de nombreux messages sur Twitter, se disant menacée de mort par sa famille si elle rentrait en Arabie saoudite.

Affaire de famille

« Il ne s’agit pas d’une affaire politique ou internationale… C’est une affaire de famille », a tenté mardi de minimiser le chef de la police de l’immigration thaïlandaise, Surachate Hakparn, après une réunion à l’ambassade d’Arabie Saoudite à ce sujet.

« Cela doit être réglé en famille », a-t-il insisté, alors que le père et un frère de la jeune fille sont arrivés à Bangkok pour lui parler.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi au formum économique mondial de Davos, en janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)

Mais cette affaire a pris ces derniers jours une dimension particulière après le meurtre en octobre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul en Turquie.

Rapidement, une pétition contre l’expulsion de la jeune femme est apparue sur internet. Face à la forte pression internationale et à celle des réseaux sociaux, la Thaïlande a finalement décidé de ne pas l’expulser, autorisant le HCR à prendre en charge son cas.

« Vous êtes le vrai pouvoir », a lancé mardi la jeune femme aux internautes sur Twitter, après avoir réussi le tour de force de mobiliser l’attention internationale autour de son cas, dans un pays où des centaines de demandeurs d’asile patientent, parfois des années, dans des centres de détention, dans l’indifférence et l’anonymat le plus complet.

Chaque mois, entre 50 et 100 personnes se voient refuser un visa à leur arrivée en Thaïlande, selon l’immigration thaïlandaise.

« Mais le cas de Rahaf est exceptionnel », a précisé le chef de l’immigration, sans préciser en quoi son cas était à part.

Selon le principe international du non-refoulement, les demandeurs d’asile ne peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine si leur vie est menacée.

Mais la Thaïlande n’est pas signataire d’une convention des Nations Unies sur les réfugiés et les demandeurs d’asile sont généralement expulsés ou attendent des années avant d’être éventuellement envoyés dans des pays tiers.

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