Expo à Paris : de la mystique à la robotique, les figures du Golem
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Expo à Paris : de la mystique à la robotique, les figures du Golem

Jusqu'au 16 juillet, le musée d'art et d'histoire du judaïsme consacre une rétrospective autour du Golem touchant aussi bien le cinéma et la littérature que la sculpture ou la robotique

Le Golem, précurseur des monstres modernes. (Crédit : capture d'écran Vimeo)
Le Golem, précurseur des monstres modernes. (Crédit : capture d'écran Vimeo)

De la légende de Prague à la figure pop-culture de Hulk, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme revient sur la figure ancestrale du Golem et interroge sa modernité, dans une nouvelle exposition jusqu’au 16 juillet.

« Golem ! » présente cet « être d’argile animé à l’aide de lettres sacrées », figure mythique de l’histoire juive qui remonte au Moyen Âge et popularisée au 19e siècle par la légende de Prague. Celle-ci raconte qu’un rabbin aurait fabriqué une créature d’argile (le Golem) pour soulager et protéger les Juifs. Le rabbin du roman n’est autre que le Maharal de Prague.

Mais on trouve au fil de l’exposition des œuvres très récentes, où « dialoguent ‘haute-culture’ et pop-culture » : des peintures côtoient des figurines de Hulk, des comics de Juifs américains ou encore des jeux vidéo comme « The Witcher » ou « Fullmetal Alchimist » où, d’une manière ou d’une autre, apparaît une figure du Golem.

Si la figure du Golem continue d’inspirer les artistes, c’est parce qu’elle véhicule « des questionnements plus que jamais d’actualité », selon Ada Ackerman, commissaire de l’exposition.

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme de Paris.(Crédit : Wikipédia)
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme de Paris.(Crédit : Wikipédia)

Sa dernière partie est consacrée à ce que le musée parisien considère comme la « descendance du Golem » : les robots.

Dès le Moyen Âge, les kabbalistes juifs et chrétiens s’interrogent : quelles implications morales et éthiques lorsqu’on donne vie à un Golem, c’est-à-dire un être à l’image de l’homme créé pour servir ?

Ces questionnements sont toujours valables aujourd’hui : êtres inanimés qui s’animent sous la volonté du savant, le robot comme le Golem peuvent être une figure protectrice ou un être destructeur qui se retournerait contre son créateur.

Peintures, objets, planches de BD, installations lumineuses, mais aussi extraits de films, de jeux vidéo ou de pièces de théâtre : les 136 œuvres présentées offrent une multiplicité des supports qui rendent l’exposition très ludique.

Le cinéma, ce « médium golémique » qui anime la matière inanimée, est particulièrement à l’honneur avec plus d’une douzaine de films et des projections organisées en marge de l’exposition.

Mais dans la tradition juive, le Golem (masse informe en hébreu) qui apparaît dans des histoires du Talmud où des rabbins donnant vie à des « êtres artificiels », est aussi une insulte, rappelle Libération.

Ainsi deux rabbins voient s’avancer un jeune étudiant présomptueux tenant des propos incohérents mais persuadé de détenir la vérité. Reconnaissant dans ses affirmations les leçons de tel autre rabbin réputé pour sa prétention, l’un des rabbins dit à l’autre : « pourquoi perds-tu ton temps à essayer de le convaincre. Ne vois-tu pas que c’est un golem ? »

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