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Expo à Rabat – « Haïm Zafrani : Un éminent penseur du judaïsme marocain »

Spécialiste de la culture séfarade et des relations entre Juifs et Arabes, l'historien a écrit une quinzaine d'ouvrages sur le judaïsme en terre d'Islam ; il est décédé en 2004

En hommage à l’un des plus éminents penseurs du judaïsme marocain, Haïm Zafrani (1922-2004), les Archives du Maroc organisent, en partenariat avec l’Association Essaouira – Mogador, une exposition de photos et de documents d’archives à la Galerie des Archives nationales, à Rabat. L’évènement, intitulé « Haïm Zafrani : un éminent penseur du judaïsme marocain », se tiendra du 30 novembre 2021 au 6 mars 2022.

« Cette exposition, qui est en parfaite harmonie avec les dispositions constitutionnelles relatives à l’importance de toutes les composantes de l’identité marocaine ‘arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, [qui] s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen’, projette des lumières sur le patrimoine culturel juif, comme affluent de la civilisation juive mondiale, comme composante fondamentale de l’identité nationale, ou encore comme une des sources de l’étude de l’Histoire du Maroc », ont écrit les Archives marocaines.

Historien franco-marocain, spécialiste de la culture séfarade et des relations entre Juifs et Arabes, Haïm Zafrani a écrit une quinzaine d’ouvrages et plus de 150 articles sur le judaïsme en terre d’islam, en particulier au Maroc, mais aussi sur la Kabbale. Il est aujourd’hui présenté comme le héros de la judéo-arabité comme de la judéo-berbérité, comme l’a déclaré André Azoulay, conseiller juif du roi du Maroc et président-fondateur de l’association Essaouira-Mogador, lors du vernissage de l’exposition.

Il a présenté l’évènement comme étant « attendu par beaucoup d’entre nous et qui va nous aider à prendre la juste mesure de l’immensité et de la riche singularité de l’œuvre de Haïm Zafrani, reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs experts au monde de l’histoire sociale du judaïsme en Occident musulman ».

M. Azoulay, père de l’actuelle présidente de l’UNESCO, Audrey Azoulay, est à l’origine de la « Bayt Dakira » (Maison de la mémoire) ouverte en 2020 à Essaouira, qui accueille l’ancienne synagogue de Slat Attia, un musée et un centre de recherches.

Il a souligné que « ce sont les recherches, les livres et les enseignements de Haïm Zafrani qui ont convergé pour finalement faire corps et donner autorité et crédibilité à l’enracinement historique du judaïsme marocain, à sa légitimité nationale et à la profondeur de ses apports à la civilisation marocaine au fil des millénaires ».

Docteur ès lettres et sciences humaines et docteur en études orientales, Haïm Zafrani était notamment membre de l’Institut des hautes études sémitiques au Collège de France et membre correspondant de l’Académie du Royaume du Maroc. Il a dirigé le Département de langue hébraïque et de civilisation juive à l’université de Paris-VIII, dont il est devenu professeur émérite. 

Il a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le Irving and Bertha Neuman Distinguished Scholar Award (1982-1983), le prix Yad Yitzhak Ben-Zvi (1985), le prix Grand Atlas (1999) et le Prix du Maghreb (2001). L’Institut universitaire d’études juives Elie Wiesel a créé un prix Haïm Zafrani.

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