Israël en guerre - Jour 64

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Face à la menace du Hezbollah, le nord d’Israël se prépare

Au moins 300 000 personnes ont été évacuées de leur domicile en Israël, depuis le début de la guerre. D'autres sources parlent de 500 000

Le fragment d'une roquette tirée depuis le Liban sur Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, le 18 octobre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
Le fragment d'une roquette tirée depuis le Liban sur Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, le 18 octobre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Les uns arrivent, les autres partent : les soldats israéliens sont désormais partout près de la frontière avec le Liban dans le nord d’Israël, qui se vide de ses habitants dans l’éventualité d’un second front contre le groupe terroriste du Hezbollah libanais, supplétif de l’Iran.

Le 7 octobre, une horde de quelque 2 000 terroristes du Hamas au moins ont pénétré par groupe dans des localités israéliennes proches de la bande de Gaza, massacrant des hommes, des femmes et des enfants de tous âges dans leurs maisons et lors d’une grande fête en plein air. Les images de ces scènes – d’une barbarie insoutenable qui ont horrifié Israël, le monde entier, jusqu’à faire craquer des grands reporters de guerres – ont été comparées par les dirigeants israéliens aux pires atrocités nazies.

Les victimes ont été abattues, poignardées, torturées, violées et brûlées vives. La mort de plus de 1 400 Israéliens a été confirmée, dont au moins 1 200 qui étaient des civils non armés. Le processus d’identification des morts se poursuit. Au moins 210 autres civils ont été enlevés à Gaza, certains vivants et d’autres morts, dont de nombreux enfants et personnes âgées.

Depuis ces massacres sans précédent, les échanges de tirs se multiplient au nord entre Israël et le Hezbollah, allié du mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas.

Les forces de sécurité israéliennes inspectant un site où une roquette lancée depuis le Liban a atterri dans la ville de Kiryat Shmona, près de la frontière, le 19 octobre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Mesure rarissime, les autorités ont annoncé vendredi l’évacuation de Kiryat Shmona, ville limitrophe de la frontière libanaise qui compte environ 25 000 habitants. Beaucoup sont déjà partis comme en témoignent les magasins fermés et rues désertes, a constaté un journaliste de l’AFP qui a vu une roquette s’abattre sur une colline du secteur.

« On attend d’avoir des informations pour savoir où ils vont nous dire d’aller », disait dans la matinée au téléphone une habitante Lianne Abutbul, 16 ans.

Rencontrée la veille par l’AFP dans le restaurant familial, l’adolescente était encore sous le choc d’une interception de roquettes par le système antimissile israélien : « des débris sont tombés à deux rues de chez moi, dans la cour d’une école, ça aurait pu tuer des enfants, ça fait vraiment peur ».

Mais Israël a une armée « puissante », se rassure-t-elle. Ses deux frères sont déployés sur des théâtres d’opération israéliens.

« Ici la dernière maison est à 150 mètres » de la zone frontalière, « donc on a eu un plan d’évacuation et les gens qui étaient inquiets sont partis », explique Yossef Luchy, directeur du conseil local de Shlomi, une autre ville limitrophe du Liban, plus à l’ouest.

Cet ancien commandant en chef du district nord affirme que 7 000 des 9 000 habitants sont partis ces dix derniers jours.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant rencontrant les troupes de l’armée israélienne à la frontière de Gaza, le 20 octobre 2023. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Lundi, le ministère de la Défense avait demandé d’évacuer 28 villages et kibboutzim situés à moins de deux kilomètres de la ligne bleue, séparant Israël du Liban.

Des villages plus éloignés encore sont également désertés, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’Israel Democracy Institute estime qu’au moins 300 000 personnes ont été évacuées de leur domicile en Israël, depuis le début de la guerre. D’autres sources parlent de 500 000.

« Ici, ceux qui sont restés sont pour la plupart des anciens de l’armée, on se prépare constamment, on a un oeil sur les abris, on s’entraîne », dit M. Luchy.

Sur les 360 000 réservistes appelés par Israël, beaucoup sont déployés dans la zone.

En terrasse sandwich en main, achetant des pansements dans une pharmacie ou sortant en grappes de la gare routière de Kiryat Shmona, les hommes en uniforme kaki sont partout.

« Il y a une quantité de forces énormes déployées ici, que je n’ai jamais vue », dit un réserviste, sous couvert d’anonymat. Selon lui, le Hezbollah « a compris qui il avait en face » : « s’il décide de bouger ou faire quoi que ce soit, on est prêts ».

Un autre, toujours anonymement, affichait jeudi la même détermination, « prêt à en découdre » car « les Juifs n’ont pas d’autre pays ».

Dans la zone, les guerres passées avec le Liban sont dans tous les esprits et les mémoriaux ponctuent le paysage.

Yaacov Kozikaro, qui vit près de la frontière depuis 1961, dit savoir parfaitement imiter le bruit des roquettes de type Katioucha tirées par le Hezbollah. « Ce n’est ni la première, ni la dernière guerre », plaisante ce septuagénaire, qui n’a pas prévu de partir.

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