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Face à l’Iran, les États-Unis montrent les muscles dans le Golfe

Selon l'armée américaine, l'Iran a saisi ou tenté de prendre le contrôle de près de 20 navires battant pavillon de pays étrangers au cours des deux dernières années

Un marine américain observe un vaisseau d'attaque iranien depuis l'USS John P. Murtha lors d'un transit dans le détroit d'Ormuz, le 18 juillet 2019. (Crédit : Corps des marines des États-Unis par le sergent d'état-major Donald Holbert)
Un marine américain observe un vaisseau d'attaque iranien depuis l'USS John P. Murtha lors d'un transit dans le détroit d'Ormuz, le 18 juillet 2019. (Crédit : Corps des marines des États-Unis par le sergent d'état-major Donald Holbert)

Elles craignaient un désengagement des États-Unis au Moyen-Orient mais les riches monarchies arabes du Golfe voient aujourd’hui l’armée américaine renforcer sa présence dans la région face à l’Iran, accusé de menacer le trafic maritime stratégique avec des saisies répétées de navires.

« Il y a un risque accru pour les marins de la région à cause des saisies » de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, affirme à l’AFP Timothy Hawkins, porte-parole de la Ve flotte américaine basée à Bahreïn.

Située entre les côtes de l’Iran et des Émirats arabes unis, le détroit d’Ormuz est stratégique pour le commerce mondial : il représente un cinquième du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

« Nous nous concentrons sur le renforcement de notre présence à l’intérieur et à proximité du détroit d’Ormuz afin d’assurer la sécurité et la stabilité d’une voie navigable très importante », précise le commandant Hawkins.

Selon l’armée américaine, l’Iran a saisi ou tenté de prendre le contrôle de près de 20 navires battant pavillon de pays étrangers au cours des deux dernières années.

Washington a récemment annoncé avoir bloqué deux tentatives iraniennes de s’emparer de pétroliers commerciaux au large des côtes d’Oman début juillet.

Samedi, une coalition navale dirigée par les États-Unis a conseillé aux navires de « se tenir aussi éloignés que possible des eaux territoriales iraniennes ».

Pour Timothy Hawkins, il s’agit d’une « mesure prudente » au vu des récents incidents.

Début août, la marine américaine avait annoncé l’arrivée en mer Rouge, de l’autre côté de la péninsule arabique, de plus de 3 000 soldats américains et de deux navires de guerre USS Bataan et USS Carter Hall.

Pour Timothy Hawkins, ce renforcement permet à Washington de disposer de « forces plus solides en cas de besoin ».

Illustration : Un bateau de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran opère à proximité du patrouilleur côtier USS Sirocco et du transport rapide expéditionnaire USNS Choctaw County dans le détroit d’Ormuz, le 20 juin 2022. (Crédit : US Navy via AP)

« Renforcer les alliances »

Washington se prépare même à embarquer des femmes et des hommes de la Navy à bord de pétroliers commerciaux transitant par le Golfe, avait indiqué la semaine dernière à l’AFP un responsable américain, sous couvert d’anonymat.

Aucune annonce officielle n’a encore été faite, mais Timothy Hawkins souligne que les États-Unis disposent du personnel « formé ici dans la région pour mener à bien toutes les missions qui lui sont confiées ».

Les pays arabes du Golfe, qui dépendent grandement des Américains pour leur sécurité, attendent depuis longtemps des engagements plus fermes des États-Unis, en particulier après la recrudescence des incidents depuis 2019.

La priorité du président Joe Biden sur l’Asie n’a fait qu’aggraver les craintes d’un désengagement américain, incitant l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à renforcer leurs relations avec des rivaux des États-Unis, la Chine et même l’Iran.

En mai, les Émirats arabes unis ont décidé de se retirer d’une coalition navale dirigée par les États-Unis.

« L’un des principaux avantages des forces supplémentaires est qu’elles permettent de travailler avec des partenaires maritimes clés, notamment l’Arabie saoudite », fait valoir le commandant Hawkins, refusant de préciser s’il s’agissait d’une demande des États du Golfe.

Ce renforcement de la présence américaine est un « changement de posture » qui « vise probablement à rassurer les pays arabes du Golfe sur le fait que Washington reste attaché à la sécurité de la région », estime Dina Arakji, analyste au cabinet de consultants Control Risks.

« L’hostilité croissante de l’Iran et l’engagement de la Chine dans la région ont attiré l’attention de Washington », explique-t-elle à l’AFP, soulignant que les Américains « cherchent désormais à renforcer leurs alliances ».

L’USS Boxer traverse le détroit d’Ormuz, le 12 août 2019. (Crédit : US Navy par le spécialiste des communications de masse de 2e classe David Ortiz)

« Dissuasion plus efficace »

En réaction, l’Iran a déjà menacé de saisir les navires américains en « riposte à tout acte vicieux des États-Unis ».

Cette montée de la tension survient alors que les différentes tentatives visant à relancer l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 ont échoué, Washington et Téhéran restant à couteaux tirés sur ce dossier.

« En l’absence de tout signe d’accord diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, la seule alternative est une dissuasion plus efficace », constate Torbjorn Soltvedt, analyste pour le cabinet de conseil Verisk Maplecroft.

Mais ce déploiement américain « ne suffira pas à dissiper les inquiétudes croissantes en matière de sécurité dans la région », dit cet expert de la région à l’AFP.

Selon lui, tant que les incidents se poursuivront, cette « impression que les États-Unis ne font pas assez pour dissuader les attaques iraniennes persistera ».

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