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Facebook veut nous faire communiquer par la pensée

Le géant des réseaux sociaux dévoile ses projets pour permettre d'utiliser son cerveau pour taper des messages ou sa peau pour entendre des mots

Adriana Ojeda utilise un Oculus pendant la Conférence Facebook F8 pour les développeurs à San Jose, Californie, le 18 avril 2017. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)
Adriana Ojeda utilise un Oculus pendant la Conférence Facebook F8 pour les développeurs à San Jose, Californie, le 18 avril 2017. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Ecrire rien qu’en « pensant » les mots, écouter avec sa peau : Facebook a dévoilé mercredi des projets de modes de communication futuristes semblant relever de la télépathie.

« Et si vous pouviez taper directement depuis notre cerveau ? Ça a l’air impossible, mais c’est plus proche que ce que vous pouvez imaginer », a indiqué Regina Dugan, une responsable du groupe, lors de sa conférence annuelle pour les développeurs d’applications (F8) à San José en Californie.

Elle présentait un projet visant à « lire » des pensées directement dans la partie du cerveau qui héberge le centre du langage et à les transformer en message écrit, sans avoir à parler ou utiliser un clavier.

Facebook a constitué pour cela une équipe de plus de 60 scientifiques et ingénieurs, spécialisés dans les technologies d’intelligence artificielle permettant de comprendre le langage, les systèmes d’imagerie cérébrale et les prothèses neurologiques.

L’objectif est d’arriver dans les deux prochaines années à créer un système capable de décoder des mots qu’une personne veut prononcer et à les transcrire simultanément sur un ordinateur à la vitesse de 100 mots par minute. Ce serait cinq fois plus rapide que le temps nécessaire aujourd’hui pour les taper sur un écran tactile de smartphone.

Regina Dugan a ensuite évoqué un autre projet futuriste de communication silencieuse qui permettrait « d’entendre avec la peau »: tout comme l’oreille humaine transforme les mots et les sons en fréquences qui sont transmises au cerveau, l’idée serait de transmettre directement ces fréquences en les faisant ressentir à l’utilisateur sur sa peau.

Adriana Ojeda utilise un Oculus pendant la Conférence Facebook F8 pour les développeurs à San Jose, Californie, le 18 avril 2017. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)
Adriana Ojeda utilise un Oculus pendant la Conférence Facebook F8 pour les développeurs à San Jose, Californie, le 18 avril 2017. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Interface cerveau-ordinateur

Le projet fait penser à de la science-fiction. Il s’intègre toutefois dans la tendance actuelle des groupes technologiques à vouloir rendre les interactions avec les ordinateurs plus « naturelles », entre autres par un recours croissant aux commandes vocales.

Il s’inscrit également dans la lignée des travaux sur les « interfaces cerveau-ordinateur » menées depuis déjà des années par de nombreux scientifiques : ces systèmes combinent des équipements et logiciels perfectionnés, intégrant souvent des technologies d’intelligence artificielle, afin de décoder les ondes cérébrales et de les « traduire » en commandes, pour par exemple faire bouger des membres artificiels ou rendre la capacité de communiquer à des personnes paralysées.

Les expériences menées jusqu’ici nécessitaient souvent de lourds équipements et une intervention chirurgicale pour implanter des électrodes ou des puces informatiques dans le cerveau des patients.

C’était notamment la méthode employée pour une étude clinique rendue publique en février par des chercheurs de l’université de Stanford en Californie, et qui a permis à trois personnes paralysées par une blessure à la moelle épinière ou une sclérose latérale amyotrophique (SLA, ou maladie de Charcot) de taper des mots en visualisant les mouvements d’une souris sur un clavier imaginaire. Des électrodes implantées dans leur cerveau enregistraient les signaux émis par leur cortex moteur, et les transmettaient par câble à un ordinateur.

L’un des participants avait réussi à écrire ainsi environ 8 mots par minute, et Krishna Shenoy, un des auteurs de l’étude, avait alors prédit que d’ici cinq ou dix ans, il serait possible d’implanter des systèmes sans fil qu’un patient pourrait utiliser toute la journée et sans assistance médicale.

Système « non invasif »

Facebook dit pour sa part travailler sur un système ne nécessitant pas d’électrodes implantées chirurgicalement, mais reposant sur « des capteurs non invasifs » qui restent encore à inventer.

Le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, annonçant de nouveaux essais pour un bouton "je n'aime pas", le 15 septembre 2015 (Crédit : capture d'écran/Facebook/Vimeo)
Le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, annonçant de nouveaux essais pour un bouton « je n’aime pas », le 15 septembre 2015 (Crédit : capture d’écran/Facebook/Vimeo)

« Un jour, nous voulons le transformer en une technologie portable, qui puisse être produite à grande échelle », a indiqué le patron-fondateur du groupe, Mark Zuckerberg, dans un message sur le réseau, tandis que Regina Dugan a évoqué la possibilité d’en faire « une prothèse de langage pour les personnes souffrant de troubles de la communication, ou un nouveau moyen de donner des instructions dans la réalité augmentée ».

Elle a reconnu que développer ce type de technologies prendrait du temps. Mais « un jour, dans pas si longtemps, il pourrait être possible pour moi de penser en mandarin, et pour vous de le ressentir immédiatement en espagnol », a-t-elle dit.

Regina Dugan s’est vu confier l’an dernier par Facebook la direction de « Building 8 », une nouvelle équipe constituée au sein du groupe afin de travailler sur des appareils innovants (un peu à l’image du Laboratoire X, qui héberge les projets futuristes de Google et sa maison mère Alphabet).

Elle avait auparavant travaillé chez Google ainsi que pour l’agence de recherche DARPA, qui développe des technologies pour l’armée américaine.

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