Faire de la voile et créer des opportunités, c’est possible à Herzliya
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Reportage

Faire de la voile et créer des opportunités, c’est possible à Herzliya

D'anciens élèves des plus grandes universités anglophones disent assumer un rôle immense dans les secteurs du capital risque, du commerce et de la politique lors d'une course de l'Ivy League en pleine Méditerranée

Neuf voiliers – le coque d’un blanc vif agrémenté de lignes et de décorations rouges – ont lentement quitté les quais rocheux de la marina de Herzliya, jeudi en fin d’après-midi, avant de déployer leurs voiles dans la Méditerranée. A bord de ces bateaux, des équipages formés, d’environ 100 diplômés issus de certaines des meilleures universités du monde entier, ont participé à la 10ème édition de la course annuelle à la voile de l’Ivy League en Israël.

Cette compétition, organisée par le Penn Club de l’université de Pennsylvanie en Israël, fait partie de plusieurs événements annuels qui sont destinés à cette communauté qui, si elle est peu structurée, est influente, a commenté Dov Hoch, l’un des organisateurs.

« Membres de l’Ivy League, nous sommes probablement 5 000 et nous nous situons à l’avant-garde de la communauté commerciale, de celle du capital-risque et de la communauté technologique en Israël », a expliqué Hoch, diplômé de l’université de Pennsylvanie. « Cette organisation nous permet de nous lier les uns aux autres de manière informelle et, finalement, de réaliser de bonnes choses ».

Ces événements offrent aux diplômés – dont 60 % sont des immigrants américains et les 40 % restants des Israéliens qui étaient partis faire leurs études à l’étranger – un pôle social dans un environnement familier et une chance d’étendre leurs réseaux.

Dov Hoch (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Dov Hoch (Crédit : Capture d’écran YouTube)

La majorité des participants proviennent des écoles traditionnelles de l’Ivy League – les huit premières universités établies aux Etats-Unis – même si certains ont également fréquenté d’autres universités internationales d’excellence, comme Oxford et l’université de New York. L’université de Columbia compte un certain nombre de diplômés en Israël, environ 2 000, suivie par Harvard, avec 1 500 diplômés au sein de l’Etat juif, selon les organisateurs de la course.

En plus de leurs rôles dans les sphères commerciale et industrielle en Israël, certains politiciens de haut-rang sont d’anciens élèves de l’Ivy League, notament l’ancien ambassadeur aux Etats-Unis Michael Oren, qui avait fait ses études à Columbia, l’actuel ambassadeur Ron Dermer et le maire de Tel Aviv Ron Huldai, tous deux issus de l’université de Pennsylvanie.

Les anciens élèves américains en Israël consacrent la majorité de leurs efforts, au sein de l’Ivy League, à encourager les étudiants en cours de cursus à venir découvrir Israël pour éventuellement s’y installer en Israël. Ils les aident également à leur arrivée, a précisé Hoch dont l’entreprise, Clarity Advisors, tente de favoriser l’adaptation des entreprises israéliennes au marché américain.

« Ce que nous faisons en permanence, c’est recevoir les nouveaux anciens élèves pour tenter de leur trouver une place dans la communauté des affaires et leur faire obtenir un emploi et, bien sûr, s’ils vont à l’armée, nous nous efforçons de les aider à trouver les bons postes », a ajouté Hoch.

Les courses à la voile, les galas et autres événements organisés par les groupes d’anciens élèves aident les nouveaux immigrants à entrer en contact les uns avec les autres au niveau social mais également à trouver des opportunités d’emploi, et à s’adapter avec cet accent tout particulier – déterminant au sein de la culture israélienne – qui est mis sur les connexions personnelles, a expliqué Dalia Levine, arrivée de New York au sein de l’Etat juif il y a deux ans.

« Il y a un élément de réseautage », a ajouté Levine, qui a obtenu un doctorat en génie biomoléculaire et en chimie à l’université de Pennsylvanie. « C’est un bon endroit pour créer des opportunités et également venir en aide aux gens », a-t-elle déclaré.

Les anciens élèves américains qui s’installent en Israël peuvent devoir se battre, socialement et financièrement, tout comme les autres immigrants. L’expérience la plus difficile à vivre, pour la majorité d’entre eux, étant de quitter ses proches et d’élever une famille en Israël sans parents autour, a estimé Hoch. Levine a indiqué avoir connu une réduction de salaire d’environ 40 % lorsqu’elle a quitté son emploi à Johnson & Johnson pour poser ses valises en Israël. D’autres associations d’immigrants et d’anciens élèves peuvent aider à la réussite de cette transition.

Le bateau de voile de l'Ivy League quitte la Marina d'Herzlyia (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le bateau de voile de l’Ivy League quitte la Marina d’Herzlyia (Crédit : capture d’écran YouTube)

Pour les Israéliens, faire ses études dans les universités de l’Ivy League à l’étranger offre des connexions qu’ils ne pourraient pas trouver dans l’Etat juif, selon Daniel Reitblat, qui va entamer un cursus à l’école de commerce Wharton, à l’université de Pennsylvanie, et qui a découvert cette course à la voile par le biais de Facebook.

« Les professeurs que vous rencontrez et les élèves dans les classes viennent du monde entier. Vous voulez rencontrer ces gens, vous lier avec eux avant de retourner en Israël », a expliqué Reitblat, qui va suivre un programme de MBA.

La majorité des Israéliens qui font leurs études au sein des universités de l’Ivy League préparent un diplôme commercial ou de troisième cycle, a dit Hoch.

Reitblat, qui a été officier dans la marine et qui a obtenu sa licence à travers l’armée, a affirmé avoir plusieurs amis désireux d’effectuer un MBA dans les meilleures universités américaines. C’est une « tendance croissante » chez les jeunes Israéliens, a-t-il établi.

Les cycles secondaires et universitaires en Israël sont de très haute qualité, a commenté Allon Mason, diplômée de l’université de Cornell University en l’an 2000. Dans certains secteurs néamoins, les Etats-Unis offrent de meilleures opportunités, notamment des études en anglais accomplies à proximité des plus grandes villes américaines, a-t-elle ajouté.

« Une fois que vous êtes aux Etats-Unis, si vous voulez trouver un job à New York ou dans la Silicon Valley, je pense que c’est tout de même plus facile de le faire en étant sur place que de l’autre côté du monde », a déclaré Mason qui, parfois, est chargée d’interroger les futurs étudiants désireux d’entrer à Cornell, indiquant que des douzaines d’Israéliens se portent candidat à une admission chaque année.

Reitblat, qui veut devenir entrepreneur en technologies de l’éducation, a affirmé que la proximité de Wharton avec New York et son semestre passé dans un programme à San Francisco sont deux éléments qui ont fortement influencé sa décision d’entrer dans cet établissement.

La course à la voile s’est terminée rapidement après le crépuscule. L’équipe victorieuse a reçu un petit trophée dans un bar du bord de mer décoré des drapeaux des universités sur la plage de Herzliya. Les vainqueurs de la course à la voile de l’Ivy League sont issus de l’université d’Oxford – qui ne fait pas partie de l’Ivy, ce qui n’a semblé toutefois faire sourciller personne.

L'université d'Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)
L’université d’Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)
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