Faute de fonds, le PAM réduit son aide aux Palestiniens
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Faute de fonds, le PAM réduit son aide aux Palestiniens

Ces coupes parent à la "baisse graduelle" des dons des pays qui financent le Programme alimentaire mondial, principalement due aux coupes budgétaires des Etats-Unis

Un Palestinien charge une charrette à âne avec de l'aide alimentaire auprès d'un centre de distribution de l'ONU dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 novembre 2007 (Crédit :  AP Photo/Khalil Hamra)
Un Palestinien charge une charrette à âne avec de l'aide alimentaire auprès d'un centre de distribution de l'ONU dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 novembre 2007 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu ou réduit l’aide destinée à une partie de ses bénéficiaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis le début de l’année, faute de financements, a indiqué dimanche un haut responsable de cette organisation.

Quelques 27 000 Palestiniens ne reçoivent plus d’aide du PAM depuis le 1er janvier en Cisjordanie et 165 000 autres, dont 110 000 à Gaza, n’ont perçu que 80 % de la dotation qui leur est d’ordinaire attribuée, a expliqué à l’AFP Stephen Kearney, directeur du PAM pour les Territoires palestiniens.

Ces coupes ont été décidées afin de parer à la « baisse graduelle » depuis près de quatre ans des dons des pays qui financent le PAM, a-t-il indiqué, précisant que cette chute des dons était principalement due aux coupes budgétaires des Etats-Unis auxquelles s’ajoutent celles d’autres pays donateurs.

« En 2018, nous avons nourri 360 000 personnes », rappelle M. Kearney, dont 250 000 dans la bande de Gaza » et « 110 000 en Cisjordanie ».

Dans le village de Yatta, au sud de Hébron en Cisjordanie, Maha Al-Nawajah a réduit ses achats de produits de première nécessité.

« Au mois de décembre, ils n’ont pas renouvelé ma carte », précise la mère de famille de 52 ans. Cette carte, distribuée par le PAM, permettait de payer les courses pour douze personnes, sa famille et celle de son fils aîné.

« Personne ne travaille à la maison », poursuit-elle. « Mes fils n’ont pas de permis pour se rendre en Israël et mon mari l’obtient épisodiquement », ce qui permet de ramener quelques maigres revenus.

Illustration de matériel délivré par le Programme alimentaire mondial au Soudan (Crédit : Matt Murphy, U.S. State Department / Domaine public / Wikimedia commons)

Avec un chômage autour de 18 % en Cisjordanie, certains Palestiniens sont attirés par le travail en Israël où les salaires sont plus élevés, mais l’Etat hébreu accorde peu de permis.

Le 19 décembre dernier, le PAM a lancé un appel aux donateurs pour combler un déficit de 57 millions de dollars (49,7 millions d’euros).

« J’ai reçu quelque chose de la part de l’Union européenne et de la Suisse, des petits montants mais particulièrement bienvenus », affirme Stephen Kearney, expliquant que le PAM se tournait désormais vers de nouveaux donneurs pour renflouer sa trésorerie.

Selon lui, la réduction des aides va également affecter l’économie locale, de nombreux dons étant faits sous la forme de carte de paiement que les bénéficiaires utilisent pour acheter des produits de première nécessité dans les magasins locaux.

Dans la bande de Gaza, 80 % des quelque deux millions d’habitants sont tributaires de l’assistance internationale.

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