Faute de retombées économiques, l’Iran pourrait abandonner l’accord du nucléaire
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Faute de retombées économiques, l’Iran pourrait abandonner l’accord du nucléaire

Face à l'incertitude sur les sanctions contre la République islamique, de nombreuses institutions financières ne soutiennent toujours pas les investissements dans le pays

Le ministre adjoint des Affaires étrangères de l'Iran, Seyed Abbas Araghchi, devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une réunion sur la situation concernant l'Irak le 19 septembre 2014, au siège de l'ONU à New York. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez / Getty Images / AFP)
Le ministre adjoint des Affaires étrangères de l'Iran, Seyed Abbas Araghchi, devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une réunion sur la situation concernant l'Irak le 19 septembre 2014, au siège de l'ONU à New York. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez / Getty Images / AFP)

Un haut responsable iranien a déclaré jeudi que Téhéran pourrait choisir de se retirer de l’accord nucléaire conclu en 2015 avec six puissances mondiales (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) si les grandes banques internationales et les entreprises étrangères ne développaient pas davantage leurs échanges avec l’Iran, pointant la responsabilité des Etats-Unis.

Si l’accord a mis fin à de nombreuses sanctions liées aux activités nucléaires de Téhéran, d’autres sanctions sont toujours en vigueur malgré l’accord, notamment celles en raison de son soutien à des groupes terroristes comme le Hezbollah et de son programme de missiles balistiques.

Beaucoup de banques – surtout les établissements américains – craignent que des activités en Iran ne leur coûte cher, si les responsables occidentaux déterminent que leurs relations d’affaires contredisent aux exigences des sanctions existantes.

S’exprimant lors d’un think tank organisé par la Chatham House, à Londres, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’accord ne pouvait pas « survivre de cette manière », selon des propos rapportés par Reuters.

« Du point de vue iranien, l’accord n’est pas un succès », a-t-il déclaré. « L’Iran ne bénéficie pas pleinement de la levée des sanctions ».

Le président américain Donald Trump a appelé à plusieurs reprises à l’abandon ou à la modification de l’accord nucléaire et a déclaré que si certaines questions clés n’étaient pas abordées, notamment l’absence d’inspections internationales des sites nucléaires militaires iraniens et la levée de certaines restrictions nucléaires après 2025, les Etats-Unis pourraient se retirer et réimposer les sanctions levées en vertu de l’accord.

Araghchi a néanmoins déclaré que « l’accord ne survivrait pas de cette façon [la façon actuelle] », même si les Etats-Unis restaient engagés.

« Si cette politique de confusion et d’incertitudes liées au Plan global d’action commun (PGAC) continue, et si les entreprises et les banques ne travaillent pas avec l’Iran, nous ne pourrons pas rester engagés dans un accord qui ne nous avantage pas », a ajouté Araghchi selon Reuters. « C’est un fait. »

Il a estimé que les déclarations de Donald Trump « sont une violation de l’accord, du contenu même du texte ».

Araghchi a également rejeté l’opinion des Etats-Unis et d’Israël, selon lesquels l’accord ne restreignait pas l’Iran concernant ses activités nucléaires.

« Il n’y a pas de clause de temporisation dans le PGAC. Bien que l’administration américaine et Trump parlent d’une ‘clause de temporisation’ et que le PGAC n’a été signé que pour 10 ans, ce n’est pas vrai », a-t-il insisté. « L’engagement de l’Iran dans le PGAC de ne pas opter pour des armes nucléaires est permanent. »

Araghchi a rejeté la demande de Trump d’aborder d’autres questions dans le cadre de la poursuite de l’accord nucléaire – et notamment d’aborder la question du programme de missiles balistiques en plein essor du pays.

Un tel mouvement signifierait que les pays qui ont négocié le PGAC « perdront non seulement le PGAC, mais rendront d’autres problèmes plus compliqués et plus difficiles à résoudre. Si nous perdons le PGAC, nous serons confrontés à une nouvelle crise nucléaire qui serait très difficile à résoudre », a-t-il prévenu.

« Pour les Européens et la communauté internationale, quand on parle de maintenir le PGAC et de le sauver, ce n’est pas un choix entre le marché iranien ou américain, ce n’est pas un choix de coopération économique : c’est un choix entre sécurité ou insécurité », a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, Donald Trump n’a cessé de critiquer cet accord conclu sous l’administration Obama, « le pire » jamais négocié par les États-Unis selon lui. Il s’est cependant refusé jusqu’ici à y mettre fin, malgré ses « terribles lacunes ».

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