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Fichier des « islamogauchistes »: une enquête pénale ouverte à Paris

Les personnes listées ont déposé plainte "pour plusieurs infractions relatives aux traitements illégaux de données à caractère personnel contenus dans ce fichier"

Un drapeau de la France. (Crédit : Connel_Design via iStock)
Un drapeau de la France. (Crédit : Connel_Design via iStock)

Une enquête pénale a été ouverte en novembre pour atteinte à des données à caractère personnel après la publication en septembre par le site d’extrême droite « Fdesouche » de fichiers listant des personnalités politiques et militantes présentées comme « islamogauchistes », a confirmé mercredi le parquet de Paris.

Certaines des personnes listées, parmi lesquelles le journaliste Taha Bouhafs, qui avait révélé l’existence de ces fichiers en septembre, mais aussi son avocat Me Arié Alimi, avaient annoncé mardi par un communiqué sur Twitter l’ouverture de cette enquête.

Dans ce communiqué, ils expliquent avoir déposé plainte le 21 septembre « pour plusieurs infractions relatives aux traitements illégaux de données à caractère personnel contenus dans ce fichier » et « au nom d’une centaine de personnes listées » parmi lesquelles « plusieurs députés de La France Insoumise ».

Selon le parquet de Paris, l’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).

Un premier fichier, datant de novembre 2019, baptisé « Islamo-gauchistes signataires de l’appel à la manif contre l’islamophobie du 10/11/2019 » répertorie les signataires de cet appel publié sur Mediapart. Ils sont classés par nom, prénom, organisation, « position » type imam, députés et par catégorie: « Islam, politique, journalisme, militantisme, syndicalisme ».

Parmi les centaines de politiques et militants de gauche figurent notamment les députés LFI Jean-Luc Mélenchon et Eric Coquerel, le journaliste de Médiapart Edwy Plenel ou encore le « gilet jaune » Jérôme Rodrigues.

Taha Bouhafs pourrait lui être candidat LFI aux législatives des 12 et 19 juin.

Un deuxième fichier, datant de 2017, liste des collectifs et associations venant en aide aux migrants, avec leurs adresses email et certains numéros de téléphone.

En septembre, Pierre Sautarel, figure du site internet Fdesouche, avait déclaré à l’AFP qu’il n’y avait « rien d’illégal ».

« Il n’y a rien, c’est bidon. Nous avons juste repris une liste des signataires de l’appel à manifester contre l’homophobie, rien de plus. Toutes ces données sont publiques », avait-il ajouté.

Sollicité mercredi, il n’a pas souhaité commenter.

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