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Fichiers secrets : L’Iran préparerait des cyberattaques pour couler des navires

Des documents des Gardiens de la révolution cibleraient entre autres Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni, et incluraient des plans pour faire sauter une station service

Illustration: un navire cargo (Crédit: Tsahal/Flash90/File)
Illustration: un navire cargo (Crédit: Tsahal/Flash90/File)

Une cache de documents top secrets, qui auraient été rédigés par les services de renseignement iraniens, montre que Téhéran est en train de constituer une banque de cibles potentielles pour des cyberattaques, a rapporté Sky News lundi.

Les fichiers, dont des captures d’écran ont été publiées par le média britannique, montrent des plans d’attaques qui pourraient couler un navire cargo ou faire sauter une pompe à essence dans une station-service.

Ils contiennent également des détails recherchés sur les dispositifs de communication par satellite utilisés par l’industrie maritime internationale, ainsi que sur les systèmes informatiques contrôlant les lumières, le chauffage et la ventilation dans les maisons intelligentes.

Les cinq documents, qui comptent 57 pages au total, dont au moins quatre semblent avoir été rédigés l’année dernière, témoignent d’un intérêt pour les cyberattaques contre les pays occidentaux, notamment Israël, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.

Ils ont été rédigés par une unité offensive secrète du cybercommandement du Corps des gardiens de la révolution islamique, appelée Shahid Kaveh, indique la chaine, citant une source de sécurité anonyme qui s’est dite « très confiante » quant à leur authenticité. D’autres sources bien informées ont déclaré que les documents « semblaient crédibles et intéressants ».

Les documents auraient été rédigés par la sous-unité « Intelligence Team 13 », qui appartient au Shahid Kaveh, et chacun d’entre eux commence par une citation du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei : « La République islamique d’Iran doit devenir l’un des pays les plus puissants du monde dans le domaine de la cybernétique ».

« Ils sont en train de créer une banque cible à utiliser quand ils le souhaitent », aurait déclaré la source.

L’Intelligence Team 13, a-t-il ajouté, « est censée être plutôt clandestine. Ils travaillent sur des cyberopérations offensives à l’échelle mondiale ».

Cependant, les documents semblaient être basés sur des sources ouvertes et des recherches sur Internet plutôt que sur des informations privilégiées, selon Sky.

L’ambassade d’Iran à Londres a refusé de commenter l’information.

Un document montrait des schémas de systèmes conçus pour maintenir les cargos en équilibre même lorsqu’ils s’inclinent.

« Ces pompes sont utilisées pour amener l’eau dans les réservoirs par le biais de centrifugeuses et, pour fonctionner correctement, la tâche doit être accomplie avec précision. Tout problème pourrait entraîner le naufrage du navire », indique le document.

Il ajoute : « Toute forme d’influence perturbatrice peut provoquer des désordres au sein de ces systèmes et peut causer des dommages importants et irréparables au navire. »

Un autre dossier détaillait des informations et des photos de jauges automatiques de réservoir qui suivent le flux de carburant dans les stations-service.

« [Une] explosion de ces pompes à carburant est possible si ces systèmes sont piratés et contrôlés à distance », indique le document, ajoutant qu’une attaque pourrait également couper l’approvisionnement en carburant.

Un autre document examine les dispositifs de communication par satellite utilisés en mer, appelés Seagull 5000i et Sealink CIR.

Le fichier comportait des recherches sur Internet ainsi que des phrases clés incluant Israël, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays.

Commentant l’information, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a déclaré à la chaîne Sky que si des mesures n’étaient pas prises pour contrer la menace des cyberattaques, « nos infrastructures nationales essentielles, notre mode de vie pourraient être menacés assez facilement ».

Le chef de la cybernétique militaire britannique, Patrick Sanders, a déclaré que l’Iran figurait « parmi les cyberacteurs les plus avancés. Nous prenons leurs capacités au sérieux. Nous ne les surestimons pas. C’est un acteur sérieux et il s’est comporté de manière vraiment irresponsable par le passé ».

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