Filoche jugé mercredi pour son tweet antisémite visant Macron
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Filoche jugé mercredi pour son tweet antisémite visant Macron

L'ancien du PS est jugé pour provocation publique à la haine ou à la violence, après la publication d'un photomontage ; Alain Soral a été relaxé au sujet de cette même publication

Gerard Filoche, en septembre 2016 (Crédit : AFP / JOEL SAGET)
Gerard Filoche, en septembre 2016 (Crédit : AFP / JOEL SAGET)

Gérard Filoche, qui avait été exclu en novembre 2017 du Parti socialiste pour un tweet antisémite représentant notamment Emmanuel Macron, comparaît mercredi devant le tribunal correctionnel pour cette publication.

Jugé pour provocation publique à la haine ou à la violence, l’ex-représentant de l’aile gauche du PS sera présent, selon son avocat.

Il lui est reproché d’avoir tweeté, le 17 novembre 2017, un photomontage diffusé pour la première fois en février de la même année sur le site de l’extrémiste de droite Alain Soral, « Égalité et réconciliation ».

On y voit Emmanuel Macron bras levés devant un globe terrestre, un bras ceint d’un brassard d’allure nazie orné d’un dollar à la place d’une croix gammée. Le tout sur fond de drapeaux américain et israélien, et de photos de l’homme d’affaires juif Patrick Drahi, du banquier juif Jacob Rothschild et de l’économiste juif Jacques Attali, et barré du slogan « En marche vers le chaos mondial ».

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête à l’encontre de l’ancien trotskiste.

M. Filoche, l’un des militants fondateurs de SOS Racisme, avait rapidement effacé son tweet et s’était dit « désolé », mais les condamnations de la classe politique avaient été unanimes.

« Évidemment, j’ai été négligent (…) je n’ai pas été attentif, je n’aurais pas dû le faire », s’était justifié M. Filoche sur i24news, reconnaissant un tweet « antisémite ».

« On n’avait pas remarqué le second plan », avait-il confié à Libération. « C’était Macron, et lui seul, qui était visé. Des images qui font le lien entre lui et la finance, il y en a des dizaines qui circulent tous les jours. »

Son avocat, Dominique Tricaud, a déploré auprès de l’AFP « une invraisemblable accusation contre un des fondateurs de SOS Racisme, dont toute la carrière a été un engagement contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme ».

Jacques Attali et de nombreuses associations anti-racistes se sont constitués parties civiles.

M. Filoche a lancé en janvier un nouveau réseau, intitulé la Gauche démocratique et sociale.

Alain Soral (Crédit : capture d’écran DailyMotion)

Alain Soral, jugé devant le même tribunal pour la publication de ce montage antisémite, a été relaxé en mars. « Le montage en cause, aussi contestable soit-il, ne constitue pas une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, contenant un appel ou une exhortation, même implicite, rejaillissant sur la totalité d’une communauté définie par l’appartenance à la religion juive », avaient alors estimé les juges.

La Cour de cassation estime depuis l’an dernier que les propos incriminés doivent contenir « une exhortation éventuellement implicite » à la haine ou à la discrimination pour que le délit de « provocation » soit constitué.

Le parquet avait fait appel et Alain Soral sera rejugé en mars 2019.

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