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Fin de la grève de la faim des prisonniers du Jihad islamique

Les détenus ont déclaré qu'un accord avait été conclu - une affirmation démentie par un responsable israélien de la sécurité qui affirme qu'il n'y a eu aucune négociation

Un gardien de prison dans un mirador à la prison de Gilboa, dans le nord d'Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)
Un gardien de prison dans un mirador à la prison de Gilboa, dans le nord d'Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

Après neuf jours, les représentants d’un groupe de prisonniers affiliés au Jihad islamique palestinien ont annoncé la fin d’une grève de la faim qui avait été lancée, la semaine dernière, pour protester contre les nouvelles mesures prises par Israël à l’encontre des détenus palestiniens.

Le groupe a affirmé, vendredi, avoir trouvé un accord, jeudi soir, avec le Service israélien des prisons qui aurait accepté de répondre à plusieurs de ses revendications. Une porte-parole des Services pénitentiaires a fait savoir qu’elle n’avait pas de réponse à apporter à ces informations extérieures.

Néanmoins, un responsable de la sécurité proche du dossier a déclaré vendredi au Times of Israel que les affirmations faites par le groupe étaient mensongères et qu’aucune négociation de ce type n’avait eu lieu avec les détenus.

« Ils n’ont pas été aussi nombreux à faire une grève de la faim que ce qui a été annoncé et il n’y a eu aucune négociation », a déclaré le responsable. Si des informations avaient fait état de 250 détenus qui avaient entamé une grève de la faim – elle a donc duré neuf jours – le responsable a dit qu’à son pic, une quarantaine de prisonniers avaient pris part au mouvement et pas pendant la période toute entière.

« De la même façon que le mouvement a commencé de manière désorganisée, la grève de la faim s’est achevée de manière désorganisée », a noté le responsable, qui a déclaré qu’aucun changement immédiat n’aurait lieu dans les centres de détention. « Si quelque chose doit changer à l’avenir, cela n’aura aucun rapport avec ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.

Le club des prisonniers palestiniens, qui n’est pas officiel, avait annoncé la semaine dernière qu’environ 250 détenus appartenant au Jihad islamique avaient entamé une grève de la faim dans la journée de mercredi. Depuis l’évasion spectaculaire de six détenus sécuritaires palestiniens de la prison de Gilboa, dans le nord de l’État juif, les Services israéliens des prisons ont pris un certain nombre de mesures pour prévenir de nouvelles tentatives de fuite.

Un manifestant brandit un drapeau palestinien près de pneus en feu pendant des affrontements avec les soldats israéliens suite à une manifestation organisée en soutien aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, à l’entrée de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 13 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Parmi les nouvelles règles appliquées, la séparation des détenus appartenant au Jihad islamique dans les cellules, le transfert de prisonniers dans d’autres prisons ainsi que la mise à l’isolement de certains Palestiniens incarcérés pour terrorisme. Les visites des familles ont aussi été reportées à une date indéterminée. Les fugitifs, qui ont été retrouvés depuis par les forces de sécurité israéliennes, ont été répartis dans cinq prisons de tout le pays.

« Nous n’avons qu’une seule demande : Que la situation revienne à ce qu’elle était avant l’évasion », avait commenté le directeur du club des prisonniers, Qadura Fares, lors d’un entretien téléphonique accordé au Times of Israel, la semaine dernière. Selon un communiqué du club qui a été émis vendredi, le groupe a fait savoir qu’il avait été en capacité d’atteindre « presque tous » les objectifs fixés pour cette grève de la faim.

Le club des prisonniers est une organisation palestinienne qui défend les Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes. Si l’organisation avait été, dans le passé, soutenue financièrement par l’Autorité palestinienne, ce financement aurait pris fin depuis au moins trois ans.

De son côté, le chef du Jihad islamique, Ziad al-Nakhaleh, avait fait savoir la semaine dernière que le groupe terroriste pourrait entrer en guerre pour défendre ses détenus.

« Le Jihad islamique palestinien n’abandonnera pas ses membres dans les prisons sionistes et ne les laissera pas être les victimes de l’ennemi. Ainsi, nous les défendrons et nous les soutiendrons à l’aide de tous les moyens dont nous disposons même si cela implique que nous devons faire la guerre en leur nom », avait déclaré al-Nakhaleh. « Aucun accord, aucune considération ne nous en empêcheront », avait-il poursuivi.

Cinq des six prisonniers qui ont fui la prison de Gilboa, le mois dernier – ils étaient tous originaires de la ville de Jénine, en Cisjordanie – appartenaient au Jihad islamique, un petit groupe terroriste soutenu par l’Iran. Le sixième détenu, Zakaria Zubeidi, a été le cerveau d’attentats terroristes commis pendant la Seconde Intifada en tant que membre des Brigades des martyrs Al-Aqsa.

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