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Fin de vie en France : les religieux divisés

Dans ce débat, le grand rabbin Haïm Korsia a estimé que les lignes rouges avaient été respectées car "on n'ouvre pas de nouveaux droits ni de nouvelles libertés"

Le grand rabbin de France Haïm Korsia au micro de la radio RTL, le 26 février 2020. (Crédit : capture d’écran RTL)
Le grand rabbin de France Haïm Korsia au micro de la radio RTL, le 26 février 2020. (Crédit : capture d’écran RTL)

Plusieurs responsables religieux, notamment catholiques, se sont alarmés lundi du projet de loi sur « l’aide à mourir » présenté par Emmanuel Macron, redoutant une « boîte de Pandore » et parlant de « promesses » à concrétiser sur les soins palliatifs.

« Appeler ‘loi de fraternité’ un texte qui ouvre à la fois le suicide assisté et l’euthanasie est une tromperie. Une telle loi, quoi qu’on veuille, infléchira tout notre système de santé vers la mort comme solution », a dénoncé avec vigueur Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, dans La Croix.

L’évêque de Nanterre Matthieu Rougé a lui dénoncé sur France Inter « une très mauvaise surprise », à la fois « triste et préoccupante ».

Tous deux ont aussi déploré les « vagues promesses » sur les soins palliatifs, pour lesquels Emmanuel Macron a annoncé une stratégie décennale dotée d’un milliard d’euros supplémentaires et d’unités de soins palliatifs dans les 21 départements qui en sont encore dépourvus.

Sur le fond, cette opposition n’est pas surprenante : l’Eglise catholique a toujours défendu la protection de la vie, indissociable selon elle de la dignité humaine.

Mais la vigueur du ton est inhabituelle, à la hauteur de « l’enjeu immense » que représente la fin de vie pour une Eglise qui s’est désolée, la semaine dernière, de voir inscrite l’IVG dans la Constitution.

« On a l’impression que dans la ‘start-up nation’, les personnes non-productives n’ont plus droit de cité », a estimé Mgr Rougé, en s’alarmant de voir les Ehpad évoqués par Emmanuel Macron comme cadre possible d’une aide à mourir.

Les critères fixés pour accéder à l’aide à mourir seront, selon l’Elysée, « très précis et très stricts » : il faudra être majeur, capable de discernement, atteint de souffrances « réfractaires » et condamné à court ou à moyen terme.

Pour un bon observateur de la vie religieuse, cette virulence côté catholique vient aussi du fait que « l’Eglise a très peur d’un dérapage lors du débat parlementaire » dans le sens d’un élargissement du droit à mourir.

Mgr de Moulins-Beaufort a d’ailleurs interpellé les parlementaires, qui examineront le projet de loi à partir du 27 mai, sur le caractère « ambigu » du texte.

Sur une ligne proche, le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz s’est dit « très inquiet », estimant qu’il y a « énormément d’ambiguïté sur le suicide assisté, l’euthanasie… ».

« Parler d’aide à mourir, c’est hideux », a affirmé à l’AFP le religieux musulman, en parlant de « mort provoquée ».

Le président de l’Union des bouddhistes de France Antony Boussemart a lui évoqué « déception et tristesse » face à un texte qui « risque de reporter la lourde responsabilité sur les soignants ».

« La boîte de Pandore est ouverte », a-t-il estimé auprès de l’AFP.

Les responsables religieux ont été reçus à plusieurs reprises ces derniers mois par Emmanuel Macron, qui début février évoquait devant eux un « possible » plutôt qu’un « nouveau droit » sur l’aide à mourir.

Il n’y a toutefois pas, sur cette question, de front des religions.

Le grand rabbin Haïm Korsia a estimé que les lignes rouges avaient été respectées car « on n’ouvre pas de nouveaux droits ni de nouvelles libertés ». « On n’est pas dans quelque chose qui s’apparente à du suicide assisté », et « ce n’est pas quelqu’un qui va se tuer mais qui va arrêter de souffrir », a-il affirmé à l’AFP.

Le président de la Fédération protestante de France (FPF) Christian Krieger a lui fait part de sa « vigilance » et assuré avoir demandé à la commission éthique de la fédération de plancher sur un plaidoyer pour les parlementaires.

Représentant d’une religion aux positions plus variées sur la fin de vie, il s’est lui aussi interrogé sur l’évolution du texte : « le premier pas facilite les suivants », a-t-il affirmé à l’AFP.

Même si « on n’est pas dans une logique pure de suicide assisté », il a souligné le « grand flou » existant par exemple sur la notion de « moyen terme » pour les malades condamnés.

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