Fin des opérations policières dans un Bruxelles barricadé
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Fin des opérations policières dans un Bruxelles barricadé

"Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits," a déclaré le Premier ministre

Le mandat d'arrêt publié contre le 8e terroriste des attentats de Paris Salah Abdeslam.
Le mandat d'arrêt publié contre le 8e terroriste des attentats de Paris Salah Abdeslam.

Bruxelles sera encore en « alerte maximale » lundi, quadrillée par l’armée et quasiment à l’arrêt face à des menaces « sérieuses et imminentes » d’attentats semblables à ceux de Paris, une situation inédite dans la capitale de l’Europe où plusieurs opérations policières ont été menées dimanche soir.

Les perquisitions menées dans la soirée en raison du risque terroriste ont pris fin dimanche vers 22h00 GMT.

Cette opération policière a été « assez spectaculaire », a confié une source proche des autorités.

C’est « le fruit d’un travail acharné des services de sécurité qui s’est intensifié ces derniers jours », a-t-elle confié, sans en dire plus sur les résultats de ces perquisitions menées notamment à proximité de la Grand-Place, où selon un photographe de l’AFP un périmètre de sécurité a été établi.

Des opérations ont également eu lieu à Charleroi, selon les médias locaux.

La police a expressément demandé aux médias de ne pas diffuser d’informations sur le déroulement et la configuration des lieux, et de s’abstenir de filmer en direct les opérations en cours.

La menace d’attentat pour la capitale belge est jugée « sérieuse et imminente » alors que la police traque un suspect-clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam, et soupçonne d’autres personnes de vouloir passer à l’action.

Les autorités ont donc décidé dimanche en début de soirée de maintenir le niveau d’alerte à son maximum dans la région bruxelloise (1,2 million d’habitants) et de « de maintenir la fermeture du métro », a annoncé le Premier ministre Charles Michel.

« Les écoles seront fermées demain à Bruxelles », ainsi que les crèches, les universités et les hautes écoles. Du jamais vu dans le royaume. Une nouvelle évaluation du niveau d’alerte sera faite lundi après-midi.

Ville morte

« Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits » avec pour cibles potentielles « des endroits très fréquentés », a précisé, le ton grave, le Premier ministre.

Samedi, il avait déjà évoqué ces risques et pris des mesures drastiques qui ont transformé Bruxelles en ville morte tout le week-end. Outre le métro fermé, les places de marchés, les commerces, les lieux de spectacle, les musées et certains cafés ont gardé porte close.

Il y a « plusieurs suspects, c’est pourquoi nous avons mis en place une telle concentration de moyens », avait expliqué le ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, sans préciser le nombre de personnes recherchées.

Dans un pays à cran, plusieurs fausses alertes terroristes ont été signalées dimanche, dont une au siège d’un groupe de médias à Vilvorde, une ville flamande placée en alerte maximale.

Parmi les suspects activement recherchés figure Salah Abdeslam, Français de 26 ans résidant en Belgique, qui a joué au minimum un rôle de logisticien dans les attentats de Paris qui ont fait 130 morts. Neuf jours après, il reste introuvable. Son frère Brahim s’était fait exploser dans un restaurant parisien le 13 novembre.

L’homme, « ennemi public numéro un » pour la presse belge, aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures après les attentats de Paris, selon deux hommes qui disent l’avoir aidé. Selon l’avocate de l’un d’entre eux, Salah Abdeslam semblait « extrêmement énervé » durant le trajet et « peut-être prêt à se faire sauter ».

Pour son frère aîné Mohamed, Salah a dû décider « de ne pas aller au bout de ce qu’il souhaitait faire (…), c’est ma conviction », a-t-il affirmé dimanche lors d’un entretien télévisé, où il a de nouveau appelé son frère à se rendre.

Appel à témoins

La police française a diffusé dimanche un appel à témoin, assorti d’une photo, pour identifier le troisième kamikaze des abords du Stade de France. Cet homme est passé par l’île grecque de Leros, en même temps qu’un autre kamikaze du Stade de France, dont la photo a déjà été diffusée mais qui reste non identifié.

Jusqu’ici, seul l’un des trois auteurs des attaques-suicide près du stade a été identifié: il s’agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique.

En Belgique, un troisième suspect arrêté a été inculpé vendredi pour terrorisme. Des armes ont été trouvées à son domicile, mais pas d’explosifs.

L’enquête se poursuit également en Turquie, où un Belge d’origine marocaine – Ahmad Dahmani, 26 ans – soupçonné d’avoir aider à repérer des cibles pour les attentats à Paris, a été arrêté.

La peur de nouvelles attaques reste vive. Un avion de la Turkish Airlines devant relier New York à Istanbul a été dérouté vers le Canada en raison d’une alerte à la bombe.

Le président américain Barack Obama lors d'une conférence de presse après le sommet du G20 à Antalya le 16 novembre, 2015 (Crédit :  AFP PHOTO / OZAN KOSE)
Le président américain Barack Obama lors d’une conférence de presse après le sommet du G20 à Antalya le 16 novembre, 2015 (Crédit : AFP PHOTO / OZAN KOSE)

Dans ce climat, le président américain Barack Obama a rappelé qu’il se rendrait à la grande conférence sur le climat à Paris (COP 21), qui débute le 30 novembre, appelant les dirigeants de tous les pays à faire de même pour montrer que le monde n’a pas peur des « terroristes ».

Sur le plan diplomatique, le président François Hollande entame lundi un marathon pour forger une vaste coalition contre l’EI, qui a revendiqué les attentats. Il recevra à l’Elysée lundi le Premier ministre britannique David Cameron, avant de s’entretenir avec M. Obama mardi à Washington, avec la chancelière allemande Angela Merkel mercredi à Paris puis avec le président russe Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

Sur le terrain militaire, le porte-avions français Charles de Gaulle a terminé dimanche ses exercices d’entraînement en Méditerranée orientale, avant d’engager ses chasseurs, potentiellement dès lundi, contre l’EI en Syrie et en Irak.

La France, traumatisée, va rendre hommage à ses morts cette semaine. Les premiers enterrements devraient avoir lieu lundi, avant un hommage national vendredi.

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