Financement complet de l’Etat pour des écoles qui n’enseignent pas les maths
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Financement complet de l’Etat pour des écoles qui n’enseignent pas les maths

Les ministres ont approuvé l’abrogation de la loi exigeant que les institutions ultra-orthodoxes enseignent les matières du programme d'études de base comme condition préalable aux subventions gouvernementales

Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Dimanche, les ministres du gouvernement ont voté pour l’abrogation de la législation qui exigeait que les écoles ultra-orthodoxes d’Israël enseignent les matières de base du programme d’études telles que l’anglais, les mathématiques et les sciences comme condition préalable à un financement par l’Etat, alors que les législateurs Haredi de la coalition gouvernementale sont revenus sur une récente réforme qui était odieuse à leur communauté.

L’article 10 bis dans la loi sur l’enseignement obligatoire a été modifié dans le cadre de l’accord de coalition conclu avec la faction ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah après les élections de 2015 à la Knesset.

Au lieu d’exiger des écoles Haredi qu’elles enseignent 10 à 11 heures par semaine d’études profanes, la loi donne maintenant au ministre de l’Éducation Naftali Bennett le pouvoir discrétionnaire de financer les écoles qui choisissent de ne pas enseigner ces matières de base.

La loi sur le programme scolaire a été présentée par le parti centriste Yesh Atid en 2013 quand il était un membre clé du gouvernement précédent du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Elle devait entrer en vigueur en 2018.

Dans une volte-face de Bennett, qui avait soutenu la loi de Yesh Atid, le ministère de l’Education, la semaine dernière, a présenté un projet de loi modifié à la Knesset pour un vote.

Lors du vote par le Comité ministériel pour la législation, dimanche après-midi, le ministre des Sciences, des Technologie et de l’Espace, Ofir Akunis, a quitté le plénum en protestation, disant que l’abrogation de l’exigence d’un programme de base était « une erreur ».

Le ministre Ofir Akunis (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre Ofir Akunis (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je suis pour [le fait que] tous les enfants israéliens apprennent l’anglais, les mathématiques et la science. Ceci est la bonne chose à faire, et assurera l’avenir de ce pays en tant que chef de file mondial en matière d’innovation ».

Le projet de loi doit encore passer par la Knesset avant d’avoir force de loi.

Yair Lapid, le chef de file du parti Yesh Atid a également critiqué l’amendement comme étant « dommageable » pour l’avenir de toute une génération d’enfants israéliens.

Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Le gouvernement enlève la capacité d’une génération entière à subvenir à ses propres besoins », a déclaré Lapid. « Ce serait une chose s’ils ne se rendaient pas compte des dégâts qu’ils causent, mais tous les membres de ce gouvernement comprennent qu’ils vendent nos enfants », a-t-il ajouté. « Ils ne se soucient pas [d’eux], ce n’est que de la politique ».

Le chef de l’opposition Isaac Herzog (Union sioniste) a dénoncé Netanyahu et Bennett pour leur « abandon embarrassant de leurs responsabilités, ce qui nous fait reculer encore plus loin ».

Entre 40 000 et 50 000 des 440 000 étudiants ultra-orthodoxes d’Israël (environ 1,8 % de tous les étudiants israéliens) étudient dans des écoles qui enseignent le minimum absolu en mathématiques et en anglais requis par le ministère. À l’heure actuelle, ces institutions ne reçoivent que 55 % du montant des fonds versés aux écoles qui se conforment pleinement aux exigences des programmes d’études.

Alors que les écoles de filles ultra-orthodoxes offrent des cours de mathématiques et d’anglais au lycée, beaucoup des écoles pour garçons, qui mettent l’accent sur l’étude stricte de la Torah et s’opposent à l’éducation universitaire laïque, arrêtent en sixième ou avant.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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