Financement du terrorisme : Israël va retenir des fonds de l’AP
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Financement du terrorisme : Israël va retenir des fonds de l’AP

Le cabinet de sécurité vote le gel du transfert de certaines recettes fiscales destinées à compenser les fonds versés aux terroristes et à leurs familles

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juillet2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL) 
Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juillet2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL) 

Le cabinet de sécurité a voté dimanche pour retenir près de 600 millions de shekels à l’Autorité palestinienne (AP) pour compenser les fonds qu’elle a versés aux terroristes et à leurs familles au cours de l’année écoulée.

Selon un rapport présenté au cabinet de sécurité par le ministre de la Défense Benny Gantz et préparé par le Bureau national de lutte contre le financement du terrorisme du ministère de la Défense, l’Autorité palestinienne a transféré 597 millions de shekels en « soutien indirect au terrorisme en 2020. »

« À la lumière de ce rapport, ces fonds seront gelés des paiements mensuels qu’Israël transfère à l’AP », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Ce n’est pas la première fois que le cabinet de sécurité retient certains fonds fiscaux qu’il collecte pour l’Autorité palestinienne afin de la pénaliser pour les paiements effectués aux terroristes emprisonnés et aux familles des attaquants décédés. En novembre, le cabinet a voté la retenue d’environ 600 millions de shekels sur un transfert d’environ 2,4 milliards de shekels pour les paiements dits « pay to slay » (payé pour tuer).

Les responsables palestiniens ont indiqué au cours de l’année écoulée qu’ils envisageaient de réformer la politique controversée de l’AP consistant à verser des indemnités aux Palestiniens condamnés par Israël pour des infractions à la sécurité et pour terrorisme. La question des prisonniers a longtemps entravé les efforts diplomatiques de l’AP à Washington, et Israël a invoqué à plusieurs reprises le financement du terrorisme pour critiquer Ramallah dans les forums internationaux.

De hauts responsables palestiniens ont déclaré au Times of Israël, en décembre, que la volonté de modifier la manière dont Israël verse des allocations aux prisonniers de sécurité palestiniens, ainsi qu’aux familles de terroristes et d’autres personnes tuées par des Israéliens, vise à jeter les bases de la nouvelle offensive diplomatique.

Le drapeau israélien vu au sommet de la prison d’Ofer près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 1er mai 2015. (Crédit : MiriamAlster/Flash90)

L’administration du président américain Joe Biden, qui a pris ses fonctions en janvier, a exhorté à plusieurs reprises l’AP à mettre fin à sa politique consistant à « fournir une compensation aux individus emprisonnés pour des actes de terrorisme. »

Mais il y a tout juste un mois, le président de l’AP Mahmoud Abbas aurait approuvé un paiement de plus de 40 000 dollars à la famille de Muhannad Halabi, qui a tué deux Israéliens lors d’une attaque à l’arme blanche en 2015 à Jérusalem et a ensuite été abattu par les forces de sécurité.

En mars, un responsable de l’Organisation de libération de la Palestine a déclaré au Times of Israël que Ramallah pourrait avoir versé jusqu’à 600 millions de shekels (181 millions de dollars) en 2020 en salaires aux Palestiniens emprisonnés par Israël pour des infractions à la sécurité et à leurs familles.

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