Flug : le chômage des Arabes et des orthodoxes nuit à l’économie
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Flug : le chômage des Arabes et des orthodoxes nuit à l’économie

Face aux projections de baisse de la croissance, la gouverneure de la Banque d'Israël demande "d'agir maintenant"

Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2015.  (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La gouverneure de la banque centrale d’Israël a déclaré lundi que les changements démographiques tels que le vieillissement et la croissance des populations arabes et juives ultra-orthodoxes menaçaient à long terme les perspectives de croissance économique du pays.

Karnit Flug a estimé que le faible taux d’emploi, en particulier parmi les hommes ultra-orthodoxes et les femmes arabes, constitue un frein pour l’économie israélienne et, bien qu’une certaine augmentation du taux d’emploi soit constatable au sein de ces deux secteurs, sans un changement radical, Israël souffrirait par rapport aux autres pays développés.

« Les tendances projetées risquent de réduire la croissance du marché dans les prochaines décennies », a déclaré Flug, selon The Marker.

« Afin d’assurer notre avenir économique, nous devons regarder courageusement la situation actuelle et agir maintenant afin d’assurer une productivité accrue qui permettra une augmentation régulière du niveau de vie pour tous les citoyens du pays. »

Les Arabes représentent environ 17,5 % des 8 millions de citoyens d’Israël et les ultra-orthodoxes environ 10 %.

Ce sont les segments de la société qui croissent le plus rapidement. Les prévisions démographiques de la banque prévoient que d’ici 50 ans, la population juive non-ultra-orthodoxe d’Israël va baisser de 70 % actuellement à seulement 50 %.

Parmi les hommes ultra-orthodoxes, le taux d’activité est plus faible que dans le reste de la population, car beaucoup d’entre eux mènent une vie centrée sur les études religieuses.

Les dirigeants ultra-orthodoxes insistent pour que leurs jeunes gens servent la nation à travers la prière et l’étude, préservant ainsi l’enseignement et le patrimoine juif. Ils affirment que les forces extérieures menacent leur judaïsme et que l’intégration dans l’armée ou le travail risquent de saper leur mode de vie.

Flug a noté que le PIB par habitant en Israël est à la traîne de la moyenne de l’OCDE – de l’ordre de 13 % -, et que le pays ne parvient pas à combler l’écart en raison de sa faible productivité.

Elle a dit que les branches de l’économie ciblant le marché domestique « sont moins exposées à la concurrence mondiale ou à toute concurrence », citant les industries de la construction, de l’électricité, de l’eau et des produits alimentaires comme ayant en Israël une faible productivité.

Les ultra-orthodoxes vivent surtout des allocations familiales versées par l’Etat ; elles avaient été réduites par le précédent gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Mais deux partis ultra-orthodoxes (Shass et Yahadout HaTorah), qui étaient dans l’opposition, ont fait un retour en force au sein du nouveau gouvernement formé après les élections du 17 mars. Ils ont notamment obtenu l’annulation des coupes imposées dans les aides sociales.

Les Arabes, quant à eux, se plaignent des systèmes d’éducation et du manque de possibilités d’emploi par rapport aux Juifs israéliens.

Karnit Flug a également mis en avant l’impact du vieillissement de la population. La part des Israéliens de plus de 65 ans va passer de 10 à 17 % durant les cinq prochaines décennies. « Tous ces facteurs vont provoquer un ralentissement du taux de croissance de la population active », a prévenu la gouverneure.

Un autre rapport du ministère des Finances avait affirmé que ces tendances pourraient conduire Israël vers une faillite du style de la Grèce.

Ce rapport prévoit que si Israël ne parvient pas à intégrer les ultra-orthodoxes et les Arabes dans la population active, les recettes publiques seront de plus en plus à la traîne par rapport aux dépenses.

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