Forêt tropicale et espèces rares, ce jardin de Jérusalem qui veut fleurir
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Forêt tropicale et espèces rares, ce jardin de Jérusalem qui veut fleurir

Le poumon vert qu'est le Jardin botanique, dans la capitale, accueille 6 000 espèces, un centre de recherches et un terrain de flore et de faune à découvrir pour les enfants

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La serre hébergeant la forêt tropicale dans le conservatoire rénové du jardin botanique de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
La serre hébergeant la forêt tropicale dans le conservatoire rénové du jardin botanique de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Cela faisait des années que je n’avais pas déambulé dans le jardin botanique de Jérusalem, situé à l’extrémité sud-est du campus de Givat Ram, rattaché à l’Université hébraïque.

Mais c’est une invitation de Hannah Rendell, nouvelle directrice du Jardin née au Royaume-Uni, qui m’a amenée à venir voir les nouveautés offertes dans cet espace à la surface accidentée qui s’enorgueillit de présenter plus de 6 000 espèces issues de la flore et de la faune.

Rendell voulait me montrer le conservatoire tropical, qui a été récemment rénové. Il a réouvert ses portes à l’automne et imite une forêt tropicale miniature qui compte environ 300 espèces de plantes, dont des bananiers, des plantations de café, des orchidées, des cactus – et une région désertique séparée. Un seul jardinier s’occupe de cet espace privilégié.

Pendant tout le parcours dans le jardin – que j’ai fait, il faut l’admettre, à bord d’une voiturette de golf – nous avons pu découvrir énormément de choses et j’ai pu apprendre ce qui suit :

Hannah Rendell, directrice du jardin botanique de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

1. Le jardin botanique de Jérusalem n’est pas un jardin classique où sont exposées des fleurs minutieusement présentées dans des plates-bandes.

C’est davantage un centre de recherches scientifiques avec environ 400 espèces dont l’existence est en péril, qui sont disparues ou simplement rares.

Ce qui en fait une destination de choix pour les scientifiques spécialisés dans les végétaux du monde entier qui viennent y apprendre la variété d’espèces qui se développent sous le climat chaud et aride d’Israël (il y a également des lieux où le public peut découvrir des fleurs magnifiques – rendez-vous sur le site internet pour les saisons et les localisations des espèces, ainsi que pour savoir quelle est la plante du mois).

Sept jardiniers sont employés à plein temps dans les jardins, avec l’aide de 200 bénévoles. Une école de terrain, dans le jardin, offre aux lycéens un endroit où ils peuvent étudier à plein temps. Il y a des programmes mensuels et des ateliers de travail hebdomadaires pour les enfants, les familles et les adolescents.

Le public peut visiter librement les jardins, sur la base de la faune et de la flore qu’il souhaite découvrir ou voyager depuis son fauteuil en cherchant des espèces spécifiques présentées en ligne. De plus, un nouveau guide pour des visites organisées à destination des femmes ultra-orthodoxes offre aux participantes une opportunité d’emploi et crée toute une gamme de guides pour le grand nombre de haredim qui viennent au jardin.

2. Le positionnement continental unique de l’Etat juif permet à une grande variété d’espèces de se développer dans les jardins, ce qui donne un espace vert central à l’exploration de la biodiversité. L’organisation fait partie d’un réseau international de jardins botaniques, avec des horticulteurs venus du monde entier qui sont désireux d’apprendre comment se cultivent certaines plantes sous le climat sec et aride d’Israël, explique Rendell, qui précise que des horticulteurs australiens sont venus du jardin botanique royal de Melbourne pour élargir leurs connaissances au vu du dérèglement climatique en cours.

La faculté du jardin coopère également avec d’autres structures similaires en Israël, une coopération qui passe par l’organisation de rencontres régulières et de partage de services – comme le compostage ou les plantations.

« Nos racines », le tunnel d’arbres réalisé à partir de branches et de racines d’eucalyptus au jardin botanique de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

3. Le jardin attire actuellement environ 200 000 curieux par an, ce qui n’est pas un chiffre énorme et qui devrait augmenter de manière significative, selon Rendell.

Une grande partie de ces visiteurs sont des élèves d’écoles élémentaires, les jardins figurant au programme scolaire parrainé par les ministères de l’Education, de la Science et de l’Environnement. Tous les enfants de Jérusalem peuvent entrer gratuitement dans le jardin et le personnel aide à la création de programmes dans les établissements d’enseignement locaux.

L’une des destinations les plus populaires, pour les plus jeunes, est le parcours de découverte des enfants, un itinéraire de 460 mètres qui a été créé par le directeur actuel du musée d’Israël Iddo Bruno (qui est designer industriel de formation) et qui présente l’environnement dans lequel vivent les arbres avec notamment différents éléments, de l’eau, de la pierre, la découverte de la cime des arbres et des racines.

C’est l’occasion d’entreprendre le « marche de la canopée » où les visiteurs passent au milieu de la cime des arbres. Ils peuvent voir l’eau s’écouler à partir d’une série de pompes manuelles présentes sur le site, ils apprennent des choses sur le sol via des exemples où ils sont appelés eux-mêmes à mettre la main à la pâte et ils franchissent « Nos racines » – un tunnel réalisé à l’aide d’arbres, frais, tranquille, mis au point par l’artiste Will Beckers, à partir de branches et de racines d’eucalyptus.

4. Rendell prévoit de faire entrer davantage la culture dans les jardins avec notamment des concerts de l’orchestre de rue de Jérusalem autour du bassin de nénuphars et des pièces de théâtre originales jouées sur des plateformes. Seront également invités des artistes paysagers et environnementaux et des étudiants de l’école Bezalel, qui pourront utiliser les jardins pour y faire des recherches et pour y trouver de l’inspiration.

Botanica, le nouveau magasin de cadeaux ouvert au jardin botanique de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Une structure prévue est Le Pôle, créé pour devenir un centre créatif pour les organisations et les entrepreneurs qui travaillent dans le secteur de l’environnement et dans celui du développement durable pour partager leurs initiatives avec la communauté de Jérusalem au sens large.

5. Il y a plusieurs nouveaux bâtiments sur le campus, avec notamment des salles de classe sur deux étages et un espace événementiel qui surplombe l’étang à nénuphars (mis à disposition pour les événements privés). A proximité directe du parking et accessible par le tunnel, Botanica, un magasin spacieux, attirant, rempli d’objets et de cadeaux pour la maison comme pour le jardin. De l’autre côté se trouve le centre du jardin, avec une pépinière pour acheter des plantes et un café intérieur cosy qui vend également des confitures, des pains et des bonbons.

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