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Formation de la coalition : aucun progrès après la rencontre Gantz-Netanyahu

Les parties ont convenu de se revoir pour tenter de sortir de l'impasse qui pourrait entraîner un troisième scrutin

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Benny Gantz et le Premier ministre Benjamin Netanayhu se sont rencontrés dimanche pour la première fois depuis que le leader de Kakhol lavan a été chargé, la semaine dernière, de former une coalition.

Aucune des deux parties n’a fait état d’éventuels progrès vers un gouvernement d’unité au cours des pourparlers mais des communiqués, émis de chaque côté, ont fait savoir que Gantz et Netanyahu avaient convenu de se revoir en face à face, en plus des entretiens qui réuniront leurs équipes de négociations.

« Je viens de terminer un entretien sérieux avec le Premier ministre. Je peux vous informer que je vais continuer de toutes mes forces à essayer de former un gouvernement d’unité et à empêcher un troisième scrutin au sein de l’Etat d’Israël », a déclaré Gantz aux journalistes dans la soirée.

Cette rencontre à huis-clos qui a eu lieu au siège de l’armée, à Tel Aviv, est survenue quelques heures après la réunion organisée entre les négociateurs du Likud et ceux de Kakhol lavan – une toute première initiative visant à tenter de sortir de l’impasse politique qui a obligé Netanyahu à rendre son mandat de rassemblement d’une majorité au président Reuven Rivlin, la semaine dernière.

Dans cette rencontre également, aucun progrès n’a été rapporté – Kakhol lavan estimant que les représentants du Likud ont refusé de revenir sur leur insistance à ne rejoindre un gouvernement qu’en compagnie du reste des membres de leur bloc religieux et de droite.

Le négociateur en chef du Likud, le ministre du Tourisme Yariv Levin, a indiqué pour sa part que Kakhol lavan avait refusé d’accepter le gouvernement d’unité proposé par Rivlin, qui verrait Netanyahu endosser le rôle de chef de gouvernement en premier dans le cadre d’un accord de rotation.

Les négociateurs de coalition de Kakhol lavan, Yoram Turbowicz (deuxième à gauche) et Shalom Shlomo (à gauche) aux côtés des négociateurs du Likud, le ministre du Tourisme Yariv Levin (deuxième à droite) et Michael Rabello (à droite) se rencontrent à Kfar Maccabiah, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malkah)

Ce plan d’unité gouvernementale précédemment proposé par le président Reuven Rivlin prévoit une division égale du pouvoir entre Netanyahu et Gantz, qui passeraient chacun deux années au poste de Premier ministre.

Rivlin a laissé entendre – sans le préciser ouvertement toutefois – que Netanyahu prendrait un congé à durée indéterminée s’il devait être inculpé dans l’une des enquêtes ou plus dans lesquelles il doit répondre d’accusations de corruption.

Selon les termes de l’arrangement mis au point par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim », jouirait alors de toute l’autorité d’un Premier ministre.

Dans son communiqué émis à l’issue de la rencontre, Kakhol lavan a indiqué chercher à établir un gouvernement « avec pour préalable et prémisse le fait que le mandat se trouve actuellement entre les mains du président de Kakhol lavan, le député et général Benny Gantz, ce qui en fait le Premier ministre en titre ».

Levin a également clamé que Kakhol lavan avait refusé d’exclure la possibilité que la formation chercherait à former un gouvernement minoritaire jouissant du soutien extérieur de la Liste arabe unie, alliance des partis à majorité arabe.

Kakhol lavan n’a jamais exprimé son intérêt pour une telle option et un certain nombre de députés de la formation l’ont complètement exclue.

Le président Reuven Rivlin , à droite, présente à Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, le mandat pour former un nouveau gouvernement, après l’échec de Benjamin Netanyahu à constituer un gouvernement, à la résidence du Président à Jérusalem, le 23 octobre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de son arrivée à la réunion de dimanche Levin, a déclaré qu’il représentait « le bloc de droite fort de 55 membres ».

Vingt-quatre heures après les élections du mois dernier, les chefs des formations ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah, aux côtés du Likud et de la liste Yamina (qui s’est depuis dissoute, redevenant nommément HaYamin HaHadash et HaBayit HaYehudi) ont tous convenu d’entrer dans les négociations de coalition sous la forme d’un bloc uni de 55 législateurs.

Tandis que Kakhol lavan avait établi clairement que son intérêt premier portait sur un gouvernement d’unité avec le Likud, l’alliance centriste a fait savoir, la semaine dernière, qu’elle désirait négocier individuellement avec les partis.

Gantz s’est adressé aux leaders de toutes les formations, sauf à celui de la faction Balad, qui appartient à la ligne dure et fait partie de la Liste arabe unie, concernant l’organisation de rencontres avec pour objectif de rassembler une coalition.

Toutefois, Shas, YaHadout HaTorah, HaYamin HaHadash et HaBayit HaYehudi ont indiqué qu’ils permettraient aux négociateurs du Likud, dirigés par Levin, de parler en leur nom.

Dans les jours qui avaient précédé le scrutin du mois dernier, les chefs de Kakhol lavan avaient déclaré qu’ils tenteraient de former un gouvernement sans les Haredim et sans les partis religieux de la ligne dure.

Citant des mises en garde récentes du chef d’Etat-major Aviv Kochavi, Netanyahu, dans la journée de dimanche, a déclaré que la possibilité d’un conflit nécessitait la formation rapide d’un large gouvernement d’unité, apte à répondre aux menaces sécuritaires.

Dimanche également, les négociateurs de Kakhol lavan ont rencontré leurs homologues de la formation Yisrael Beytenu. Son dirigeant, Avigdor Liberman, est considéré comme ayant un rôle critique dans la mise en place d’un gouvernement d’unité et il a insisté sur le fait qu’une telle coalition ne pourrait pas inclure la Liste arabe unie, le Camp démocratique de gauche ou un quelconque parti religieux.

L’équipe de Gantz a prévu des rencontres similaires avec les formations Travailliste et du Camp démocratique dans la matinée de mardi.

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