France : Des ex-responsables d’un centre chiite pro-Hezbollah dissous condamnés
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France : Des ex-responsables d’un centre chiite pro-Hezbollah dissous condamnés

Deux anciens membres du "Centre Zahra France" de Grande-Synthe, accusé de légitimer le jihad et dissous en 2019, ont été condamnés pour violation du gel de leurs avoirs bancaires

L'entrée du "Centre Zahra France" après une vaste opération de police dans le cadre de la lutte anti-terrroriste, à Grande-Sytnhe, dans le nord de la France. (Crédit : Philippe HUGUEN / AFP)
L'entrée du "Centre Zahra France" après une vaste opération de police dans le cadre de la lutte anti-terrroriste, à Grande-Sytnhe, dans le nord de la France. (Crédit : Philippe HUGUEN / AFP)

Deux anciens membres du « Centre Zahra France » de Grande-Synthe (Nord), accusé de légitimer le jihad islamiste terroriste et dissous en 2019, ont été condamnés lundi pour violation du gel de leurs avoirs bancaires, a-t-on appris auprès du parquet de Dunkerque.

Pour « soustraction aux obligations résultant d’une mesures de gel des avoirs décidée dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme », ces deux hommes, qui étaient alors secrétaire de la fédération chiite de France et président de l’association « Centre Zahra France », ont été condamnés respectivement à trois mois de prison avec sursis et deux mois d’emprisonnement.

Les sommes concernées par ces mouvements illégaux, un peu plus de 3 200 euros pour le premier et de 12 000 euros pour le second, leur seront également confisquées et ils devront verser des amendes douanières des mêmes montants.

La justice leur reprochait d’avoir transféré ces sommes vers des comptes ouverts auprès d’une banque en ligne allemande, puis débité ces comptes pendant une période où leurs avoirs étaient gelés.

Le procureur Sébastien Piève, qui avait saisi le Service d’Enquêtes Judiciaires des Finances à la suite d’un signalement du ministère de l’Économie, avait requis six mois d’emprisonnement à leur encontre.

« Ce n’est pas la première fois qu’ils passent devant notre tribunal. Ils ne reconnaissent jamais les faits et disent être persécutés », a constaté le procureur.

À l’audience, le premier a assuré avoir ouvert ce compte pour financer des dépenses familiales sans savoir que ses avoirs allaient être gelés, selon le délibéré qu’a pu consulter l’AFP. Les deux hommes ont également indiqué avoir cru que le gel n’avait cours que sur le territoire national.

L’avocat des deux hommes n’était pas immédiatement joignable pour réagir à ces condamnations.

Dans le radar des autorités depuis plusieurs années, le centre Zahra a été dissous en mars 2019.

Christophe Castaner, le 24 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, qui avait demandé en Conseil des ministres sa dissolution ainsi que celles de trois associations hébergées dans ses locaux, avait pointé des activités « qui légitiment de façon régulière le jihad armé ».

En janvier 2021, quatre ex-dirigeants du centre pro-Hezbollah, parmi lesquels les deux condamnés ce lundi, ont été relaxés de l’accusation d’avoir poursuivi leurs activités malgré la dissolution. Une décision dont le procureur Sébastien Piève a fait appel.

Le parquet reprochait aux quatre ex-dirigeants d’avoir continué à organiser « des activités de type prêches » sur place et sur les réseaux sociaux.

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