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France: dissolution de deux associations pro-palestiniennes en Conseil des ministres

Le ministre de l'Intérieur accusait le "collectif Palestine vaincra" et le "Comité Action Palestine" d'appeler "à la haine, à la violence et à la discrimination

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin enlève son masque facial après avoir participé à la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée Présidentiel à Paris, le 15 septembre 2021. (Crédit : Thomas COEX / AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin enlève son masque facial après avoir participé à la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée Présidentiel à Paris, le 15 septembre 2021. (Crédit : Thomas COEX / AFP)

Le « collectif Palestine vaincra » et le « Comité Action Palestine », que le ministre de l’Intérieur accuse d’appeler « à la haine, à la violence et à la discrimination », ont été dissous mercredi en Conseil des ministres, a annoncé Gérald Darmanin.

Le ministre de l’Intérieur a tweeté la décision du Conseil des ministres qui a examiné les deux décrets de dissolution.

Gérald Darmanin avait annoncé le 24 février le lancement de la procédure de dissolution contre ces deux associations pro-palestiniennes.

Le ministère de l’Intérieur avait alors expliqué que ce collectif « sous couvert de défendre la cause palestinienne », « cultive le sentiment d’oppression des ‘peuples musulmans’ (…) dans l’objectif de diffuser l’idée d’une islamophobie à l’échelle internationale ». Il lui reproche également d’appeler « à la discrimination et à la haine envers Israël et les Israéliens », notamment à travers des campagnes de boycott.

Le Collectif, qui se définit comme « antiraciste et anti colonialiste », avait dénoncé « une attaque », selon lui « contre le mouvement de solidarité avec la Palestine ».

Parmi les dernières actions du collectif, basé à Toulouse, une campagne « #Palestine2022 » visant à « dénoncer la collaboration des gouvernements français avec l’apartheid israélien » et à « inviter le sujet de la cause palestinienne dans les débats de l’élection présidentielle », peut-on lire sur son site internet.

Le décret présenté en Conseil des ministres fait valoir que « sous couvert de défendre la cause du peuple des territoires palestiniens, ce groupement revendique et incite à travers ses mots d’ordre, ses publications et ses actions, à la haine, la discrimination et à la violence envers des personnes en raison de leur origine, apporte son soutien à des organisations considérées comme terroristes ou des individus impliqués pour des faits en lien avec le terrorisme et légitime ainsi le recours à des actions violentes ».

Gérald Darmanin avait annoncé également en février le lancement de la procédure de dissolution d’une autre association, « le comité Action Palestine », basée à Bordeaux.

Ce groupe se présente, selon son site, comme une association œuvrant « pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien », notamment « le droit au retour des réfugiés, c’est-à-dire la libération de la terre arabe de Palestine ». L’association dit également dénoncer « le sionisme en tant que mouvement colonialiste et raciste ».

Le décret de dissolution le concernant fait état de son « soutien à diverses organisations terroristes » qui « va de pair avec une légitimation des méthodes terroristes, dès lors que leurs auteurs se réclament de l’intérêt du peuple palestinien ou visent les intérêts d’Israël ».

Les avocats de l’association, Me William Bourdon et Vincent Brengarth, ont annoncé leur intention de contester cette décision devant le Conseil d’Etat, et ont exprimé, dans un communiqué, « leurs plus vives préoccupations devant cette nouvelle offensive dirigée contre les acteurs associatifs défendant la communauté musulmane, dans le contexte de la loi séparatisme » en ajoutant « s’inquiéter d’une dissolution qui vise à étouffer toute critique, certes dure, de la politique d’Israël. »

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