France : hausse de 30 % des ventes d’armes en 2018, l’Arabie 3e client
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France : hausse de 30 % des ventes d’armes en 2018, l’Arabie 3e client

Les livraisons à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis sont très controversées en France en raison de l'implication de ces deux pays dans la guerre au Yémen

Manifestation au Havre contre la vente d'armes à l'Arabie saoudite, qui pourraient servir dans le conflit au Yémén, le 9 mai 2019. (Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
Manifestation au Havre contre la vente d'armes à l'Arabie saoudite, qui pourraient servir dans le conflit au Yémén, le 9 mai 2019. (Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Les exportations d’armement français ont augmenté de 30 % à 9,1 milliards d’euros en 2018, avec comme premiers destinataires le Qatar, la Belgique et l’Arabie saoudite, selon un rapport du ministère français des Armées au Parlement rendu public mardi.

Le Proche et le Moyen-Orient restent la première région d’exportation de la France, avec un peu plus de 50 % des prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur), en recul toutefois de 10 points par rapport à 2017, souligne le rapport.

Les livraisons à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis restent très controversées en France en raison de l’implication de ces deux pays dans la guerre au Yémen. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes depuis 2015, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

L’Arabie demeure au final le troisième client de la France en matière d’armement avec des prises de commandes proches d’un milliard d’euros en 2018 (dont un contrat de patrouilleurs supérieur à 500 millions), loin devant les Emirats (environ 200 millions) selon des graphiques présentés en annexe.

Elle est devancée seulement par le Qatar – environ 2,5 milliards d’euros en raison d’un gros contrat de 28 hélicoptères NH90 et d’un autre pour l’achat de 12 avions de chasse Rafale supplémentaires – et par la Belgique (environ 1,1 md), qui a conclu un partenariat avec la France dans les blindés.

La France affirme avoir des assurances que les armements vendus à l’Arabie et aux Emirats ne sont pas utilisés contre des civils au Yémen et insiste sur l’importance du « partenariat stratégique » avec ces deux pays.

Florence Parly, ministre française des Armées, en conférence de presse à Bamako, au Mali, le 1er août 2017. (Crédit : Souleymane Ag Anara/AFP)

« Entretenir des relations économiques avec ces pays, c’est garder une prise sur des régions clés pour nos intérêts de sécurité, pour nos approvisionnements énergétiques », souligne la ministre française des Armées Florence Parly dans le rapport.

« Exporter des équipements, c’est dynamiser notre industrie de défense », fait-elle valoir, en rappelant que l’armement représente 13 % des emplois industriels, avec 200.000 emplois.

Le gouvernement français met également l’accent sur la part croissante de l’Europe dans ses exportations d’armement, soit plus de 25% du total contre 10% en moyenne les années précédentes.

« Ce chiffre traduit les efforts soutenus de construction de notre Europe de la défense », note Florence Parly. « Derrière l’export, il y a la construction incessante de l’autonomie stratégique européenne », insiste-t-elle.

Outre la Belgique, l’Espagne figure aussi parmi ses cinq premiers clients, avec respectivement un contrat de 442 blindés et un autre portant sur 23 hélicoptères NH90.

La zone Asie-Pacifique enregistre un peu moins de 15% du montant total, part comparable à celle observée en 2017.

Sur la période 2009-2018, l’Inde est ainsi le premier client de la France (avec une commande de 36 Rafale), devant l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Egypte et le Brésil.

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