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France: La justice administrative suspend l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat

Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le tribunal administratif de Paris a suspendu vendredi l’expulsion vers le Maroc de l’imam du Nord Hassan Iquioussen, qui avait été ordonnée par le ministère de l’Intérieur, estimant qu’elle porterait une « atteinte disproportionnée » à sa « vie privée et familiale ».

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d’Etat.

Il avait annoncé la semaine dernière l’expulsion prochaine de ce prédicateur né en France mais de nationalité marocaine, accusé par les autorités françaises d’avoir tenu des propos antisémites, homophobes et « anti-femmes » lors de prêches ou de conférences, tenus il y a près de 20 ans pour certains.

« Le seul motif tiré de l’existence d’actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination à l’égard des femmes ne (peut) justifier la mesure d’expulsion sans porter une atteinte grave et manifestement disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale », a estimé le tribunal dans son jugement, dont l’AFP a obtenu une copie.

Sitôt connue la décision du tribunal administratif, le ministre de l’Intérieur a fait valoir dans un communiqué qu’il était « bien décidé à lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémite et contraires à l’égalité entre les hommes et les femmes ».

Le tribunal a notamment rappelé que l’imam de 57 ans était « né en France où il réside depuis sa naissance avec son épouse et ses cinq enfants français et ses quinze petits-enfants français ».

« Monsieur Iquioussen remercie la justice française d’avoir su garder la tête froide malgré l’ampleur médiatique de ce dossier », a réagi son avocate, Lucie Simon, auprès de l’AFP, saluant « une décision mesurée et salutaire », le tribunal ayant notamment « écarté les propos complotistes, estimant que ces derniers, aussi regrettables qu’ils soient, n’étaient pas au sens juridique une provocation explicite à la haine ».

L’avocate a ajouté avoir saisi le tribunal administratif d’une requête au fond.

« Au nom de la famille, nous sommes très heureux de cette décision », a réagi pour l’AFP l’un des fils du prédicateur, Sofiane Iquioussen. « Il n’est pas à son domicile actuellement, il a préféré partir se reposer », a-t-il ajouté, affirmant ignorer où se trouvait son père. Ce dernier n’est plus rattaché à une mosquée, mais prêche « dans différentes mosquées », notamment en région parisienne, « là où on lui demande », a-t-il précisé.

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