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France : L’hebdo d’extrême droite Rivarol privé des aides à la presse

Le directeur de la publication avait été condamné pour contestation de crime contre l'humanité et provocation à la haine envers les juifs après une vidéo sur la rafle du Vel d'Hiv

Capture d’écran de la page YouTube du journal Rivarol.
Capture d’écran de la page YouTube du journal Rivarol.

L’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol s’est vu retirer son agrément par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), ce qui le prive des avantages fiscaux et des tarifs postaux réduits dont bénéficient les journaux, a appris l’AFP auprès de la CPPAP mardi.

Ce retrait, initialement révélé par le site spécialisé dans la lutte contre le conspirationnisme Conspiracy Watch, peut faire l’objet d’un recours devant la justice administrative.

Cette décision prive Rivarol des avantages du régime économique de la presse : taux réduit de TVA à 2,1 % et tarifs postaux privilégiés.

En théorie, elle l’empêche également de bénéficier des aides à la presse du ministère de la Culture, qu’il ne touchait de toute façon pas car il ne les demandait pas, a-t-on précisé à la CPPAP.

Fondé en 1951, Rivarol (du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol) est une publication phare de l’extrême droite française.

Son directeur de publication, Jérôme Bourbon (Fabrice de son vrai prénom), a été condamné une quinzaine de fois, en particulier pour provocation à la haine, contestation de crime contre l’humanité et injure raciste.

Jérôme Bourbon. (Crédit : capture d’écran YouTube)

En décembre dernier, il avait ainsi été condamné pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine envers les juifs en raison d’une vidéo où il évoquait la rafle du Vel d’Hiv.

Il y affirmait notamment que le maréchal Pétain s’était « toujours opposé à ce qu’il y ait la moindre persécution ou atteinte quelconque aux juifs français ».

En mars, une trentaine d’historiens et de personnalités, parmi lesquels Beate et Serge Klarsfeld, défenseurs de la mémoire des déportés de France, avaient protesté contre les « aides publiques indirectes » dont bénéficiait Rivarol.

« Notre pays accorde des facilités à ‘Rivarol’, hebdomadaire le plus raciste, le plus antisémite et le plus négationniste qui soit », écrivaient-ils dans une tribune publiée par le journal Le Monde, en demandant à la CPPAP de retirer son agrément à l’hebdomadaire.

En novembre, le député LREM Jean-Louis Touraine avait également interpellé à ce sujet la ministre de la Culture de l’époque, Roselyne Bachelot.

Sollicité par l’AFP mardi, Rivarol n’avait pas réagi dans l’immédiat.

La CPPAP est une instance composée à parité de représentants de l’Etat et de professionnels de la presse. Elle est chargée de décider si les publications sont éligibles au régime économique de la presse, en fonction d’un certain nombre de critères.

Son règlement précise que les « publications négationnistes, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et celles portant atteinte à la dignité de la personne humaine » ne peuvent bénéficier de ce régime.

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