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France : Macron décore l’ultime rescapé du massacre d’Oradour par les nazis

Le 10 juin 1944, quatre jours après le Débarquement, 643 habitants d'Oradour avaient été massacrés par la division SS Das Reich, et le village avait été incendié

Le président français Emmanuel Macron décore de l'Ordre national du mérite Robert Hebras - le dernier survivant du massacre de 1944 - lors d'une visite dans le village d'Oradour-sur-Glane, dans le centre de la France, le 25 janvier 2022. Les troupes SS ont massacré 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron décore de l'Ordre national du mérite Robert Hebras - le dernier survivant du massacre de 1944 - lors d'une visite dans le village d'Oradour-sur-Glane, dans le centre de la France, le 25 janvier 2022. Les troupes SS ont massacré 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Le président français Emmanuel Macron a décoré mardi de l’Ordre national du mérite Robert Hébras, 96 ans, le dernier rescapé du massacre de 643 habitants du village d’Oradour-sur-Glane (sud-ouest) par les nazis en 1944, en mettant en garde contre « l’oubli de l’Histoire ».

« Vous êtes l’ultime témoin de cette tragédie qui faillit n’en laisser aucun », a déclaré le chef de l’État au cours d’une brève cérémonie dans une salle communale d’Oradour-sur-Glane en présence de Robert Hébras, de proches, d’habitants et de responsables d’associations.

« Vous êtes un symbole de liberté, de dignité et de fraternité », a-t-il ajouté, en saluant « le travail de mémoire inlassable » qu’a fait celui qui a témoigné pendant des décennies du massacre du 10 juin 1944.

« Notre mémoire nationale ne s’éteindra pas car sans cesse nous rallumerons la flamme », a assuré Emmanuel Macron.

Car « ceux qui font courir le risque de l’oubli nous engage sur un seul chemin, celui qui nous ferait prendre le risque de répéter cette histoire », a-t-il averti, sans citer de noms, à deux mois et demi de l’élection présidentielle.

Entrée d’Oradour-sur-Glane avec le panneau « silence » en respect aux victimes. (Crédit : Dennis Nilsson / Wikipédia / Domaine public)

Le 10 juin 1944, quatre jours après le Débarquement, 643 habitants d’Oradour avaient été massacrés par la division SS Das Reich, et le village avait été incendié.

Robert Hébras, garagiste de 19 ans, avait été l’un des six rescapés de la tuerie : mitraillé, il avait été laissé pour mort dans une grange, d’où il avait réussi à s’échapper malgré l’incendie.

Il en est le dernier rescapé depuis le décès d’un autre survivant en 2016.

Le 4 septembre 2013, face à l’autel brisé de l’église, Robert Hébras avait été enlacé par les présidents français François Hollande et allemand Joachim Gauck. Un nouveau geste symbolique de la réconciliation franco-allemande après celui de François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main en 1984 à Verdun (est de la France).

Emmanuel Macron, déjà venu à deux reprises à Oradour en 2017, s’est également recueilli devant le monument à la mémoire des victimes dans le cimetière. Il était attendu à Berlin dans la soirée pour un dîner avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex se rendra avec les ministres de l’Intérieur et de la Culture à Auschwitz, en Pologne, dans le cadre des commémorations du 77e anniversaire de la libération du camp. Il sera accompagné de rescapés français, de représentants d’associations, de responsables religieux de la communauté juive ainsi que de collégiens et de lycéens.

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