France : Un centre de déradicalisation créé « dans chaque région »
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France : Un centre de déradicalisation créé « dans chaque région »

Manuel Valls annonce un nouveau plan anti-terrorisme pour doubler la prise en charge des jeunes jihadistes

Manuel Valls pendant un débat sur l'islam radical, le 4 avril 2016. (Crédit : Lionel Bonaventure/AFP)
Manuel Valls pendant un débat sur l'islam radical, le 4 avril 2016. (Crédit : Lionel Bonaventure/AFP)

La France va se doter d’ici à fin 2017 d’un centre de réinsertion « dans chaque région » pour « personnes radicalisées » ou susceptibles de basculer dans le jihadisme, a annoncé lundi le Premier ministre français Manuel Valls.

Ce nouveau plan de lutte contre le terrorisme, doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros supplémentaires d’ici 2018, vise à doubler en deux ans les capacités de prise en charge des jeunes actifs dans les réseaux jihadistes ou susceptibles de rejoindre leurs rangs.

« La lutte contre le jihadisme est sans doute le grand défi de notre génération », a affirmé lors d’une conférence de presse le Premier ministre, entouré de plusieurs ministres (Intérieur, Justice…).

Le premier centre sera « mis en place » cet été, a précisé Manuel Valls, ajoutant que les premiers accueillis « pourront être des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée ».

« Au moins la moitié » des futurs établissements accueilleront « à la demande de l’autorité judiciaire », des personnes « qui ne peuvent pas être placées en détention », a ajouté le Premier ministre.

En France, pays frappé par des attentats jihadistes meurtriers en 2015 (147 morts, des centaines de blessés), près de 10 000 personnes sont recensées pour radicalisation violente, selon le quotidien Le Parisien.

Des fleurs, des notes et des bougies photographiés le 15 novembre 2015,  à l'extérieur du bar Carillon, dans le 10ème arrondissement de Paris, pour les victimes des attentats terroristes à Paris, en France, le 13 novembre 2015 (Crédit : AFP / Bertrand Guay , Dossier)
Des fleurs, des notes et des bougies photographiés le 15 novembre 2015, à l’extérieur du bar Carillon, dans le 10ème arrondissement de Paris, pour les victimes des attentats terroristes à Paris, en France, le 13 novembre 2015 (Crédit : AFP / Bertrand Guay , Dossier)

Afin de mieux coordonner les nouvelles structures de déradicalisation, une « cellule nationale de coordination et d’appui » à l’action des préfets (les représentants de l’Etat dans les régions), des départements et des associations va aussi être créée, selon le plan dévoilé lundi.

Les enquêtes administratives visant à passer au crible les personnes occupant des postes sensibles au sein de professions réglementées vont également être multipliées, avec des contrôles « à périodicité resserrée ». Ce criblage sera par ailleurs « étendu au dispositif de préparation des grands évènements », alors que l’Euro 2016 de football commence début juin en France.

L’exécutif compte également « construire de puissants contre-discours » pour « contrecarrer la propagande jihadiste et salafiste et casser cette entreprise d’embrigadement à grande échelle ».

L’une des mesures vise la mise en place d’un « conseil scientifique permanent » sur la radicalisation et le terrorisme, qui pourrait coordonner un réseau de recherche et renforcer les liens entre chercheurs et fonctionnaires de l’antiterrorisme.

Enfin, le fichier dit PNR (« Passenger Name Record« ), registre européen des données des passagers aériens, « entrera progressivement en vigueur » cet été. « Ce sera le premier PNR mis en œuvre en Europe continentale », s’est félicité Manuel Valls, alors que la France a été le fer de lance pour son adoption au niveau européen le mois dernier.

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