Francofolies : appels à la déprogrammation du chanteur franco-israélien Amir
Plusieurs artistes se sont retirés du festival ; la direction a décidé de maintenir Amir car "aucune prise de parole propagandiste n’a jamais été observée sur scène"

Plusieurs artistes qui devaient se produire aux Francofolies de Spa en Belgique ont décidé d’annuler leur prestation en raison de la présence du chanteur franco-israélien Amir, « en raison de sa nationalité », a-t-on appris mercredi.
Il s’agit de trois artistes féminines, la chanteuse franco-suisse Yoa et deux musiciennes du collectif belge de street art Who’s That Girl, a indiqué à l’AFP la direction du festival.
La maison de disques d’Amir, Parlophone (groupe Warner), a dénoncé un « déferlement de haine antisémite ».
Des appels au boycott d’Amir ont été largement relayés sur les réseaux sociaux ces derniers jours, notamment par les militants d’un mouvement anti-Israël et propalestinien de Liège baptisé « Liège Occupation Free ».
Ce mouvement accuse le chanteur, qui doit se produire vendredi à Spa, d’être « un sergent chef de l’armée israélienne » et de soutenir le « génocide » dans le territoire palestinien de Gaza.
En conséquence, « j’ai décidé de me retirer des Francofolies de Spa », a réagi sur son compte Instagram Raquel Almeida alias DJ RaQL, une Bruxelloise d’origine capverdienne, dont le collectif Who’s That Girl veut promouvoir les artistes femmes issues des minorités de genre.
« Je préfère rester alignée avec mes valeurs et mon engagement pour la Palestine », a-t-elle ajouté.
DJ RaQL devait se produire dimanche à ce festival prévu sur quatre jours à partir de jeudi. Yoa devait chanter vendredi, le même jour qu’Amir.
Dans un communiqué, la direction des Francofolies a reconnu avoir reçu ces 15 derniers jours de nombreux appels à la déprogrammation d’Amir, tout en annonçant sa décision de le maintenir.
« Nous sommes révoltés par la tragédie en cours à Gaza » et « il est compréhensible que des citoyen-nes et des artistes nous interpellent sur les engagements d’un artiste à l’affiche », a fait valoir le festival.
Mais concernant Amir, « aucune prise de parole propagandiste n’a jamais été observée sur scène » et « nous ne sommes pas en mesure d’évaluer moralement sa trajectoire personnelle » autrement que par ses chansons traitant de « thèmes universels et consensuels tels que l’amour, la fête, la quête de soi et la résilience ».
Dans un message sur le réseau X, l’organisation antiraciste française Licra a apporté son soutien à Amir, déplorant qu’il soit « victime de la sottise militante ».







