Frappes en Syrie : Israël « soutient totalement » le « message fort » de Trump
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Frappes en Syrie : Israël « soutient totalement » le « message fort » de Trump

Les alliés des Etats-Unis ont salué la première opération militaire des Etats Unis contre le régime syrien ; la Russie dénonce les frappes

Vue générale du quartier rebelle de Jobar, à l'est de la capitale syrienne Damas, après une frappe aérienne, le 21 mars 2017. (Crédit : Ammar Suleiman/AFP)
Vue générale du quartier rebelle de Jobar, à l'est de la capitale syrienne Damas, après une frappe aérienne, le 21 mars 2017. (Crédit : Ammar Suleiman/AFP)

Israël a apporté vendredi son soutien « total » vendredi aux frappes des Etats-Unis contre la Syrie, un « message fort » que devraient entendre l’Iran et la Corée du Nord, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu informé à l’avance de l’opération.

« Israël soutient totalement la décision du président Trump et espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs », selon son communiqué.

« Par la parole et par les actes, le président Trump a délivré un message fort et clair: on ne tolèrera pas l’usage et la propagation des armes chimiques », dit le communiqué.

Une porte-parole militaire a pour sa part indiqué à l’AFP que l’armée israélienne avait « été informée à l’avance par les Etats-Unis de l’attaque en Syrie qu’elle soutient totalement ».

Donald Trump a déclenché jeudi des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée au « dictateur Bachar al-Assad ».

M. Netanyahu avait appelé cette semaine à l’action de la communauté internationale pour éliminer les armes chimiques en Syrie.

Israël, grand allié des Etats-Unis, suit avec la plus grande attention les événements chez son voisin syrien. Les deux pays restent officiellement en état de guerre. Le régime syrien est soutenu dans sa bataille contre les rebelles par le Hezbollah libanais et l’Iran, deux grands ennemis d’Israël.

De son côté, la Russie a dénoncé vendredi les frappes américaines contre la Syrie comme une « agression contre un Etat souverain », les alliés de Washington applaudissant pour leur part cette première opération militaire américaine contre le régime de Damas.

Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une « agression contre un Etat souverain », a déclaré le Kremlin, principal allié du régime de Bachar al-Assad.

« Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable », a ajouté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Moscou a annoncé la suspension de l’accord avec Washington sur la prévention d’incidents aériens en Syrie, et réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Iran, autre allié du régime syrien, a lui aussi « vigoureusement » condamné les frappes américaines. Cette attaque ne fera qu' »aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région », a affirmé Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

D’autre part, la chancelière allemande et le président français ont apporté vendredi leur soutien aux frappes américaines en Syrie, jugeant que le président Bachar al-Assad en portait « l’entière responsabilité » et que son recours aux armes chimiques ne pouvait rester impuni.

« Assad porte l’entière responsabilité de ce développement. Son recours continu aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut en effet rester impuni », ont indiqué Angela Merkel et François Hollande dans un communiqué commun.

Le communiqué franco-allemand assure que les deux pays « poursuivront donc leurs efforts avec leurs partenaires dans le cadre des Nations Unies pour sanctionner » l’usage d’armes chimiques par le gouvernement syrien.

L’Élysée précise que Washington a informé la France et l’Allemagne « une ou deux heures » avant les frappes.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a estimé que ces frappes étaient un « signal » qui doit conduire Russes et Iraniens à comprendre qu’ils ne peuvent plus soutenir « à bout de bras » le régime de Bachar al-Assad. Son homologue allemand Sigmar Gabriel a estimé que les frappes étaient « compréhensibles », tout en appelant à une solution politique sous l’égide de l’ONU.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel a pour sa part jugé « compréhensible » la décision de Washington de mener cette attaque contre le régime syrien.

« Il était à peine supportable de devoir regarder comment le Conseil de sécurité de l’ONU s’est montré incapable de réagir de manière claire à l’utilisation barbare d’armes chimiques. Que les Etats-Unis réagissent en attaquant les structures militaires du régime (de Bachar al-Assad) qui a commis ce crime de guerre, est compréhensible », a jugé le ministre Sigmar Gabriel dans un communiqué.

Mais il est « aussi décisif d’arriver à des efforts de paix communs sous l’égide de l’Onu », a ajouté le chef de la diplomatie allemande tout en déplorant l’incapacité du Conseil de sécurité à adopter une résolution après l’attaque chimique présumée qui a fait au moins 86 morts dont 27 enfants.

Pour sa part, le gouvernement britannique « soutient pleinement l’action des États-Unis », qui ont frappé une base aérienne syrienne, a déclaré un porte-parole de Downing Street vendredi.

Ces frappes sont « une réponse appropriée à l’attaque barbare à l’arme chimique perpétrée par le régime syrien », estime le porte-parole dans une déclaration. Il précise que le Royaume-Uni « est déterminé à empêcher toute nouvelle attaque » du régime de Damas.

De son côté, la Turquie considère les frappes américaines contre une base militaire du régime syrien comme « positives » a déclaré vendredi le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, cité par l’agence progouvernementale Anadolu.

« Nous considérons que c’est une chose positive », a déclaré M. Kurtulmus, interrogé sur la chaîne Fox TV. « Le régime de (Bachar al-)Assad doit être puni entièrement sur le plan international. »

« Nous devons au plus vite mettre un terme à la barbarie du régime d’al-Assad », a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale à maintenir une « position claire contre cette barbarie » et à accélérer le processus de paix.

Le vice-Premier ministre turc, toujours selon Anadolu, a affirmé que ces frappes étaient « importantes, significatives » après que des civils eurent été visés, « vraisemblablement » par des armes chimiques.

« J’espère que cette opération des Etats-Unis contribuera à garantir la paix », a-t-il ajouté.

Le ministère turc de la Santé avait affirmé jeudi que des premières analyses effectuées en Turquie laissaient penser que les victimes avaient été exposées à du gaz sarin, un puissant agent neurotoxique.

Autre allié de poids des Etats-Unis dans la région, l’Arabie saoudite a salué la décision « courageuse du président (Donald) Trump » et assuré qu’elle « soutenait pleinement » les frappes américaines, selon un responsable au ministère des Affaires étrangères.

La Chine a appelé à « éviter toute nouvelle détérioration de la situation » en Syrie, tout en condamnant « l’usage d’armes chimiques, par n’importe quel pays ».

Cette réaction mesurée est intervenue au moment même où l’agence officielle Chine nouvelle annonçait que le président Trump, qui a ordonné les frappes en Syrie lors d’un sommet en Floride avec son homologue chinois Xi Jinping, avait accepté de se rendre en visite en Chine en 2017.

Le Japon soutient la « détermination » des Etats-Unis, a également annoncé son Premier ministre Shinzo Abe, jugeant que l’action américaine avait « eu pour but d’éviter une aggravation de la situation ».

L’Autriche, un pays neutre, a indiqué « comprendre les motivations américaines », selon son ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz, tout en souhaitant un recours à l’Onu.

Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobothis a estimé sur Twitter que « l’usage d’armes chimiques est un crime inacceptable. Espérons que la réaction rapide du président Trump aidera à prévenir de nouvelles attaques chimiques en Syrie ».

Les frappes américaines, première opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien, ont été menées avec « 59 missiles » de croisière Tomahawk, a annoncé la Maison Blanche, précisant qu’elles avaient visé la base aérienne de Shayrat.

Au moins quatre soldats syriens ont été tués, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « L’aéroport a été presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés », a précisé à l’AFP son directeur Rami Abdel Rahmane.

Donald Trump a exhorté « toutes les nations civilisées » à rejoindre les Etats-Unis pour « mettre un terme au bain de sang en Syrie ».

Israël, le Royaume-Uni et la Turquie ont annoncé leur soutien à l’action américaine. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé une « agression contre un Etat souverain ».

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