Israël en guerre - Jour 281

Rechercher

Frappes sur un abri de l’ONU : enquête de l’armée qui dit que le Hamas pourrait en être à l’origine

Tsahal a dit exclure la possibilité d'une attaque aérienne ou de tirs d'artillerie mais continue ses investigations ; les États-Unis regrettent un incident "déplorable" qui fait 12 morts

Les Palestiniens transportent le corps sans vie d'une personnes tuée lors d'une frappe contre un centre de formation professionnelle de l'UNRWA qui était utilisé par les personnes déplacées comme abri à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Ramez Habboub)
Les Palestiniens transportent le corps sans vie d'une personnes tuée lors d'une frappe contre un centre de formation professionnelle de l'UNRWA qui était utilisé par les personnes déplacées comme abri à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Ramez Habboub)

L’armée israélienne a indiqué enquêter, jeudi, sur une frappe meurtrière qui a été commise contre un bâtiment des Nations unies qui était utilisé comme abri à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ajoutant qu’elle soupçonnait que cette frappe pouvait avoir été causée par des tirs de roquettes du Hamas.

« Douze personnes sont mortes et plus de 75 ont été blessées, dont 15 sont dans un état critique », a déclaré Thomas White, le responsable de la controversée Unrwa à Gaza, dans un communiqué. Il a attribué l’origine de cette attaque survenue à Khan Younès à Israël, où l’armée mène des opérations intensives sur la base de renseignements laissant entendre que les hauts-responsables du groupe terroriste seraient terrés dans des tunnels creusés sous la ville.

L’armée israélienne a ultérieurement répondu à une demande de commentaire, disant que « après une inspection des systèmes opérationnels, Tsahal a désormais exclu la possibilité que l’incident ait été causé par une frappe aérienne ou par des tirs d’artillerie provenant de ses forces ».

L’armée a ajouté que « dans le même temps, nous menons un examen approfondi des activités des forces terrestres dans la zone de l’installation ».

« Tsahal enquête sur la possibilité que la frappe ait été provoquée par des tirs du Hamas », a poursuivi l’armée.

Dans un commentaire préalable, dans la journée de mercredi, Tsahal avait expliqué que le secteur entourant le centre des Nations unies était une importante base des terroristes du Hamas.

Des Palestiniens tentent d’éteindre un incendie dans un centre de formation professionnelle de l’UNRWA à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, qui servait d’abri aux personnes déplacées, après avoir été touché le 24 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Ramez Habboub)

« Le démantèlement des structures militaires du Hamas à l’Ouest de Khan Younès est au cœur de la logique qui motive cette opération », ont souligné les militaires.

La Maison Blanche, pour sa part, a condamné cette attaque tout en évitant de désigner ouvertement un responsable.

« Nous sommes extrêmement inquiets suite aux informations portant sur une attaque qui, aujourd’hui, aurait pris pour cible une structure de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) – avec des informations qui ont ensuite fait état d’échanges de coups de feu dans le bâtiment – dans un quartier du sud de Gaza où plus de 30 000 Palestiniens déplacés avaient trouvé un abri », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Adrienne Watson.

« Si nous n’avons pas encore de détail sur ce qui est arrivé et que nous continuerons à chercher de nouvelles informations concernant cet incident, la perte de toute vie humaine reste une tragédie », a continué Watson.

Interrogé sur cette frappe pendant un point-presse qui a eu lieu avant que Tsahal n’annonce l’ouverture d’une enquête, le porte-parole du département d’État, Vedant Patel, a indiqué que l’administration Biden « déplorait » l’attaque.

« Les civils doivent être protégés, et la nature protégée des installations de l’ONU doit être respectée, et les travailleurs humanitaires doivent être protégés afin qu’ils puissent continuer à fournir aux civils l’aide humanitaire vitale dont ils ont besoin », a déclaré Patel.

Il a qualifié l’attaque « d’incroyablement préoccupante ».

Des images qui ont circulé parmi les Palestiniens montrent une fumée noire s’élever dans le ciel au-dessus du centre de formation professionnelle, qui est géré par l’agence onusienne controversée et qui a servi d’abri aux déplacés et aux civils vivant dans le secteur depuis le début du conflit. Une équipe de l’UNRWA qui a tenté de se rendre jusqu’au centre a été arrêtée sur le chemin, a dit White.

Dans le cadre de ce qui a été leur opération la plus importante depuis un mois, les chars sont entrés dans Khan Younès où un grand nombre de Palestiniens s’étaient réfugiés après avoir quitté le nord de l’enclave – qui avait été la cible de la première partie de l’offensive terrestre. Un grand nombre de Gazaouis sont dorénavant partis plus au sud, vers Rafah, se conformant aux instructions données par Israël.

La principale cible de Tsahal semble être le secteur qui entoure le camp de réfugiés de Khan Younès, qui comprend les hôpitaux Nasser et Al-Amal et qui accueille aussi le centre de formation professionnelle de l’UNRWA.

Les résidents ont fait part d’échanges de coups de feu féroces dans la zone. L’armée, de son côté, a indiqué avoir tué de « nombreux » groupes d’hommes armés à l’aide « de tirs de sniper, d’obus de char et de frappes aériennes ».

La Croix rouge palestinienne, qui dirige l’hôpital Al-Amal, a fait savoir que les troupes israéliennes avaient bloqué ses personnels en les contenant à l’intérieur du bâtiment et qu’elles avaient imposé un couvre-feu, notamment à son quartier-général local où trois Palestiniens déplacés avaient été tués.

Martin Griffiths, coordinateur des secours d’urgence aux Nations unies, a indiqué mardi que 24 personnes avaient été tuées dans des frappes qui avaient pris pour cible un entrepôt où se trouvaient des aides – des attaques qui avaient aussi visé un centre de l’ONU et une zone humanitaire dans le secteur de Khan Younès, et qu’un endroit où étaient distribuées les aides avait été lourdement pilonné.

L’armée israélienne, au préalable, avait ordonné l’évacuation du secteur où se trouvaient, selon le bureau humanitaire des Nations unies, un demi-million de personnes, dont les 4/5e avaient été déplacés par les combats en cours dans d’autres périmètres de l’enclave côtière.

Des personnes transportent de l’eau dans un camp de tentes de fortune pour Palestiniens déplacés à Rafah, près de la frontière avec l’Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2024. (Crédit : AFP)

Néanmoins, Reuters a signalé que les tanks israéliens se dirigeant vers l’Est, par la route d’al-Bahar, en direction de l’hôpital Nasser avaient bloqué la route permettant d’évacuer la ville et qui mène à l’autoroute côtière méditerranéenne.

L’autoroute aboutit à Rafah, le long de la frontière égyptienne – un secteur déjà bondé qui héberge actuellement plus de la moitié des 2,3 millions d’habitants de la bande. Certains ont cherché à emprunter des chemins de traverse en terre pour tenter d’échapper aux combats, ont raconté les résidents et les journalistes qui ont quitté la zone.

Le porte-parole du Conseil à la sécurité nationale de la Maison Blanche John Kirby a été interrogé sur cette frappe commise sur le bâtiment de l’ONU, dans l’après-midi de mercredi, avant que le département d’État ne formule sa déclaration.

Il a refusé de commenter spécifiquement l’incident mais il a souligné que la transition vers des combats de moindre intensité qui a été décidée par l’armée israélienne ne signifiait pas pour autant qu’il n’y aurait plus de victimes civiles.

« Les Israéliens ont pris des initiatives pour faire une transition dans leurs opérations. Ils ont retiré une division à Gaza – ce qui ewst l’équivalent de milliers de soldats. Ils poursuivent des opérations plus ciblées contre les chefs militaires. Ils s’appuient moins sur des frappes aériennes », a noté Kirby. L’incident survenu mercredi a néanmoins eu lieu dans le sud de Gaza – le passage à des combats de moindre intensité a été plutôt constaté dans le nord de l’enclave.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, accompagné d’officiers, sur les lieux de l’explosion meurtrière, dans le centre de la bande de Gaza, le 23 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

« Des ‘opérations de faible intensité’, cela ne signifie pas des opérations ‘sans intensité’. Même avec une faible intensité… vous irez encore sur le front… et il continuera à y avoir des victimes », a-t-il ajouté.

Kirby a précisé que la situation alimentaire à Gaza était « dure » et que les États-Unis faisaient en sorte d’accroître l’acheminement des aides à Gaza.

Dans un communiqué émis mercredi dans la journée, l’armée israélienne a fait savoir que sa 98e Division continuait son incursion à grande échelle contre le Hamas dans le périmètre de Khan Younès, « renforçant la pression » sur le groupe terroriste. Elle a dit avoir éliminé « de nombreuses cellules terroristes » à l’aide de tirs de sniper, d’obus de char et de frappes aériennes.

Le ministère de la Santé placé sous la direction du Hamas, dans la bande, a fait savoir mercredi matin que 210 personnes avaient trouvé la mort dans les combats au cours des dernières vingt-quatre heures, au moment où Tsahal annonçait, de son côté, que la bataille continuait et que des hommes armés et autres membres de cellules terroristes avaient été tués.

L’armée a expliqué que les soldats de la brigade des Commandos avaient effectué des raids sur des sites du Hamas dans le camp de réfugiés de Khan Younès, où les militaires se sont heurtés à de nombreux terroristes et notamment à des hommes qui se préparaient à tirer des missiles anti-char.

Vingt-quatre heures auparavant, l’armée avait annoncé la mort de 24 soldats dans la bande – trois avaient perdu la vie à Khan Younès et 21 avaient été tués lors de l’effondrement d’un immeuble dans le centre de Gaza, à la suite d’une explosion.

Dans le centre de l’enclave côtière, l’armée a indiqué, mercredi soir, qu’elle avait démoli un tunnel du Hamas qui se trouvait à seulement un kilomètre et demi de la frontière israélienne.

Au moins 25 700 Palestiniens ont perdu la vie dans la guerre jusqu’à présent, a indiqué mercredi le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas à Gaza – un chiffre invérifiable de manière indépendante. 219 soldats sont tombés sur le front dans le cadre de l’incursion terrestre à Gaza.

La guerre à Gaza avait éclaté lorsque le Hamas avait envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils avaient tué près de 1 200 personnes. Des familles toutes entières avaient été exécutées dans les communautés du sud du pays et les participants d’une rave-party avaient été massacrés. Les terroristes avaient également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les avaient emmenées à Gaza. 132 captifs se trouveraient encore aujourd’hui dans les geôles du groupe terroriste.

Des soldats israéliens se déploient dans la bande de Gaza sur une photo non datée, publiée par l’armée le 24 janvier 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que les combats, dans le nord de Gaza, ont été moins intenses au cours des dernières semaines, une délégation de l’ONU qui est chargée d’évaluer la situation dans le nord de l’enclave n’a pas encore commencé ses travaux et Israël s’inquiète de ce que le secteur ne soit pas encore sûr, ont indiqué deux sources proches du dossier au Times of Israel, mardi.

Les États-Unis veulent que les Palestiniens puissent retourner dans le nord de l’enclave – l’armée avait ordonné au million de résidents du périmètre d’évacuer au tout début du conflit. L’inquiétude sécuritaire exprimée par Israël semble aussi être une reconnaissance explicite du fait que Tsahal n’a pas encore pris le contrôle complet du nord du territoire, même après avoir mis en terme à ce qu’il qualifiait d’opération de haute intensité menée dans le secteur, au début du mois.

Un responsable américain a précisé que l’administration Biden faisait confiance à Israël dans le cadre de cette évaluation mais qu’elle avait également conscience du fait que Jérusalem pourrait se monter réticente à l’idée de donner l’autorisation nécessaire à l’équipe des Nations unies pour qu’elle puisse mener à bien sa mission. L’officiel a admis que l’État juif n’était pas pressé de laisser les Palestiniens repartir dans le nord de l’enclave côtière dans la mesure où il n’a pas encore déterminé qui prendra la charge des affaires civiles dans le nord, où le Hamas aurait largement perdu sa mainmise.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.