Frontière maritime : Troisième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël
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Frontière maritime : Troisième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël

Selon l'agence d'information nationale libanaise (ANI), la prochaine session de pourparlers aura lieu le 2 décembre

Les soldats de la paix de l'ONU défilent lors d'une cérémonie marquant le transfert d'autorité entre le chef de mission sortant et le nouveau chef de mission au quartier général de la FINUL dans la ville de Naqoura, au Liban, le 7 août 2018. (AP/Bilal Hussein)
Les soldats de la paix de l'ONU défilent lors d'une cérémonie marquant le transfert d'autorité entre le chef de mission sortant et le nouveau chef de mission au quartier général de la FINUL dans la ville de Naqoura, au Liban, le 7 août 2018. (AP/Bilal Hussein)

Le Liban et Israël, deux voisins officiellement toujours en guerre, ont achevé mercredi un troisième cycle de négociations sous l’égide de l’ONU et des Etats-Unis, afin de tenter de délimiter leur frontière maritime et lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures en mer.

Les négociations indirectes ont eu lieu dans un contexte de sécurité renforcée dans une base de la force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul), dans la ville libanaise de Naqoura, frontalière d’Israël.

Elles ont duré plusieurs heures mais il n’était pas clair dans l’immédiat si des progrès avaient été enregistrés.

Un communiqué conjoint de l’ONU et des Etats-Unis a toutefois qualifié ce troisième round de « productif ». Les deux médiateurs ont dit être « confiants dans le fait que les négociations aboutiraient à un règlement tant attendu ».

Selon l’agence d’information nationale libanaise (ANI), la prochaine session de pourparlers aura lieu le 2 décembre.

Après plusieurs années de médiation américaine, le Liban et Israël avaient déclaré début octobre qu’ils avaient accepté d’entamer des négociations sur une zone maritime contestée de 860 kilomètres carrés, selon une carte enregistrée auprès des Nations unies en 2011.

Mais le Liban a maintenant demandé une zone supplémentaire de 1 430 kilomètres carrés plus au sud, qui s’étend dans une partie du champ gazier de Karish qu’Israël a confié à la société grecque Energean pour l’exploration en mer Méditerranée.

« Aujourd’hui nous sommes entrés dans une phase de guerre de cartes », a déclaré à l’AFP l’experte libanaise Laury Haytayan.

Une source israélienne proche des pourparlers a déclaré que l’Etat hébreu avait exigé une frontière maritime plus au nord, en profondeur des zones revendiquées par Beyrouth.

Le premier round a eu lieu le 14 octobre et le second les 28 et 29 octobre. Très peu d’informations ont émergé sur le cours des discussions au cours desquelles les deux délégations communiquent seulement par l’entremise du médiateur même si elles se trouvent dans la même pièce.

Des partisans du groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran écoutent le discours du dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah via une liaison vidéo dans une banlieue sud de Beyrouth, Liban, le 8 mars 2019. (AP Photo/Bilal Hussein)

Dans son premier commentaire sur ces pourparlers, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé mercredi que le Liban négociait « en position de force ». « Comme nous avons besoin de délimiter la frontière maritime pour profiter du pétrole et du gaz dans nos eaux régionales, de même l’ennemi ».

« Celui qui veut nous empêcher de profiter du pétrole et du gaz sait que nous aussi nous pouvons l’empêcher d’en profiter », a-t-il dit.

Le dossier des hydrocarbures est particulièrement stratégique pour le Liban en faillite, qui mise sur la prospection pour enrayer un effondrement économique total.

En 2018, le pays a signé son premier contrat d’exploration avec un consortium international formé des groupes français Total, italien ENI et russe Novatek. Problème : une partie d’un des deux blocs concernés, le numéro 9, déborde sur la zone de 860 km² que le Liban et Israël se disputent.

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