Fuld: L’AP n’a pas encore payé la famille du terroriste, mais elle sera éligible
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Fuld: L’AP n’a pas encore payé la famille du terroriste, mais elle sera éligible

Un responsable a nié que la famille Jabarin avait déjà reçu une avance, mais affirmé qu’il n’y avait pas de secret sur "notre soutien à nos prisonniers"

Khalil Jabarin, 17 ans, qui a mortellement poignardé l'Israélien Ari Fuld dans un attentat terroriste commis le 16 septembre 2018. (Capture d'écran /Twitter)
Khalil Jabarin, 17 ans, qui a mortellement poignardé l'Israélien Ari Fuld dans un attentat terroriste commis le 16 septembre 2018. (Capture d'écran /Twitter)

La Commission des affaires des prisonniers de l’Autorité palestinienne (AP) a nié une information d’un reportage télévisé israélien selon lequel l’Autorité palestinienne avait versé plusieurs milliers de shekels à la famille d’un adolescent palestinien qui a poignardé à mort un Israélien dimanche dernier. Mais elle a fait savoir que la famille de Khalil Jabarin, le terroriste de 17 ans qui a tué Ari Fuld, aurait droit à un versement mensuel de l’Autorité palestinienne une fois les papiers remplis.

La Vingtième chaîne de télévision israélienne avait rapporté lundi que l’Autorité palestinienne avait versé une avance de 12 000 shekels (environ 2 900 euros) à la famille de Jabarin quelques heures après qu’il eut commis une attaque au carrefour du Gush Etzion en Cisjordanie, tuant Ari Fuld, père de quatre enfants et résident de l’implantation d’Efrat.

Jabarin, sur lequel Fuld a tiré avant qu’il ne succombe ensuite à ses blessures, est en détention en Israël depuis mercredi. Il a été légèrement blessé.

« Ce reportage est une invention et une incitation totale contre l’Autorité nationale palestinienne et nos prisonniers », a déclaré le porte-parole de la Commission des affaires des prisonniers, Hassan Abd Rabbo, lors d’un appel téléphonique.

Abd Rabbo a ensuite déclaré que « les familles de prisonniers palestiniens devaient entamer plusieurs démarches, qui prennent généralement trois à quatre mois, avant de recevoir des fonds ».

Ari Fuld (Crédit : Facebook)

Le porte-parole de la Commission des affaires des prisonniers a toutefois ajouté que la famille de Jabarin serait éligible à ces versements, une fois qu’elle aura rempli les documents nécessaires et en supposant que Jabarin ne serait pas libéré par Israël.

« Nous ne cachons pas notre soutien à nos prisonniers », a-t-il déclaré. « La famille [Jabarin] pourrait recevoir un versement mensuel de 1 400 shekels (330 euros) si son fils n’est pas libéré par Israël et si elle remplit tous les documents nécessaires. »

« Les familles doivent fournir à la Commission des prisonniers des documents judiciaires concernant le proche emprisonné, des documents de la Croix-Rouge prouvant qu’il a été emprisonné pour des raisons de résistance à l’occupation [d’actes de terrorisme], une copie de la carte d’identité et d’autres documents avant de recevoir des fonds », a déclaré Abd Rabbo.

« Il est à peu près impossible de terminer ce processus en moins de trois mois. »

La prison militaire de Tzrifin. Illustration. (Crédit : capture d’écran Kan)

Abd Rabbo a également déclaré que, si la famille de Jabarin recevait des versements et que son fils restait en prison pendant plusieurs années, la somme reçue augmenterait.

L’ancien ministre des Affaires des prisonniers de l’Autorité palestinienne, Ashraf al-Ajrami, a par la suite confirmé les commentaires d’Abd Rabbo.

Selon la loi de l’Autorité palestinienne concernant les prisonniers, les familles des Palestiniens qui répondent à la définition de l’Autorité palestinienne du terme « prisonnier » sont éligibles à un versement mensuel.

La loi définit un prisonnier comme « toute personne se trouvant dans une prison d’occupation [israélienne] pour avoir participé à la lutte contre l’occupation [à un acte terroriste] ». De nombreux Palestiniens que l’Autorité définit comme prisonniers ont ainsi mené des attaques terroristes contre des Israéliens et d’autres et purgent des peines à perpétuité.

Les États-Unis et Israël ont tous deux récemment adopté une législation ciblant cette invraisemblable pratique de l’Autorité palestinienne qui consiste à rémunérer les familles des prisonniers et des terroristes. L’Administration Trump a depuis lors coupé les versements d’aide de centaines de millions de dollars aux Palestiniens.

L’ambassadeur américain David Friedman durant une réception en l’honneur du Nouvel An juif, le septembre .; (Crédit : capture d’écran/US Embassy)

Au début du mois, l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a accusé les États-Unis d’avoir « versé plus de 10 milliards de dollars » d’aide aux Palestiniens.

Il a déploré que les fonds des contribuables américains, plutôt que d’être utilisés de manière positive, aient été en partie dépensés par l’Autorité palestinienne en faveur de terroristes, pour financer des activités éducatives incitatives et pour financer une agence – l’UNRWA – qui, en étendant le statut de réfugié aux descendants de réfugiés palestiniens, perpétue le problème des réfugiés au lieu de le résoudre.

« Dépenser les dollars durement gagnés par les contribuables dans des allocations aux terroristes et à leurs familles, dépenser des fonds afin de perpétuer plutôt que d’atténuer le problème des réfugiés et financer la fabrication de manuels scolaires haineux – je vous le demande : en quoi cela apporte aux États-Unis ou à la région ? », a déclaré Friedman.

Trump a déclaré le mois dernier aux dirigeants juifs que les États-Unis n’apporteraient plus aucune aide aux Palestiniens avant qu’ils ne parviennent à un accord avec Israël.

Lors d’une conférence téléphonique avec plusieurs dizaines de dirigeants juifs américains avant Rosh HaShana, Trump a noté qu’il avait récemment réduit considérablement les aides américaines aux Palestiniens. « Les États-Unis leur versaient d’énormes sommes d’argent. Et je dis : ‘Vous recevrez de l’argent, mais nous ne payerons pas tant que vous n’avez pas conclu d’accord. Si vous ne parvenez pas à un accord, nous ne payerons pas’. »

Le président américain Donald Trump rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au bureau ovale de la Maison Blanche le 3 mai 2017, à Washington, DC. (AFP PHOTO / MANDEL NGAN)

En mars, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité le gouvernement des États-Unis pour avoir adopté la loi dite « Taylor Force » qui suspendait l’aide financière aux Palestiniens.

La loi, qui porte le nom d’un Américain tué en Israël par un Palestinien en 2016, a été intégrée dans un budget total de 1,3 trillion de dollars signé par le président Donald Trump.

Netanyahu a qualifié la loi de « signal puissant des États-Unis qui modifie les règles » en coupant « des centaines de millions de dollars pour l’Autorité palestinienne qu’ils investissaient pour encourager le terrorisme ».

Selon le ministère israélien de la Défense, en 2017, l’Autorité palestinienne a versé 687 millions de shekels (164 millions d’euros) au « fonds des familles des martyrs » et 550 millions de shekels (131 millions d’euros) au Club palestinien des prisonniers – soit 7 % de son budget total.

Israël demande depuis des années aux Palestiniens de mettre un terme à ces allocations, qui profitent à environ 35 000 familles de Palestiniens tués, blessés ou emprisonnés dans le contexte du conflit avec Israël. Nombre d’entre eux sont accusés d’avoir mené des actes terroristes. Israël affirme que ces versements encouragent la violence.

Parmi les bénéficiaires figurent des familles de kamikazes et d’autres personnes impliquées dans des attaques terroristes meurtrières contre des Israéliens.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné les lois américaines et israéliennes et s’est engagé à continuer à verser ces fonds.

En juillet, Abbas a confié lors d’une réunion des dirigeants du Fatah que le gouvernement palestinien continuerait à payer « nos martyrs et prisonniers et blessés » comme il le faisait depuis 1965. « Nous ne permettrons à personne d’interférer », a-t-il déclaré, selon un compte rendu officiel publié par l’agence de presse officielle Wafa.

L’année dernière, Netanyahu a fustigé Abbas pour avoir dit à Trump que les Palestiniens éduquaient leurs enfants dans « une culture de paix », affirmant que ce commentaire n’était « malheureusement pas vrai ».

Après la rencontre entre Trump et Abbas à la Maison Blanche, Netanyahu s’est opposé à la revendication du chef de l’Autorité palestinienne, affirmant que les Palestiniens « nommaient leurs écoles des noms des assassins d’Israéliens et qu’ils payaient les terroristes ».

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