Funérailles d’Etat pour la victime italienne du Bataclan
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Funérailles d’Etat pour la victime italienne du Bataclan

Les parents de Valeria, dont la dignité a marqué l'Italie depuis 10 jours, ont évoqué les 129 autres morts des attentats

Funérailles publiques de Valeria Solesin, victime italienne du Bataclan, le 24 novembre 2015 (Crédit : capture d'écran REP TV)
Funérailles publiques de Valeria Solesin, victime italienne du Bataclan, le 24 novembre 2015 (Crédit : capture d'écran REP TV)

L’Italie s’est recueillie mardi matin dans l’émotion le temps des funérailles d’Etat de Valeria Solesin, seule victime italienne des attentats de Paris, sous un froid soleil place Saint-Marc à Venise, sa ville natale.

En présence du président italien Sergio Mattarella, le cercueil de cette jeune doctorante de 28 ans qui vivait à Paris depuis plusieurs années est arrivé sur une gondole, recouvert de lys blanc et de tulipes rouges, avant d’être porté sur la place par des gondoliers.

Sous d’immense drapeau italien, européen et vénitien, ces funérailles laïques ont débuté par « Fratelli d’Italia », l’hymne national italien, suivi de la Marseillaise.

Les parents de Valeria, Alberto et Luciana Solesin, ainsi que son frère Dario, sont apparus très émus.

Son fiancé Andrea Ravagnani, lunettes cerclées et barbe de hipster, avait l’air grave et le visage fermé. Le 13 novembre au Bataclan, il a attendu deux heures les secours à côté de Valeria qui, blessée, s’est vidée de son sang.

« Valeria était une belle personne, studieuse, engagée et généreuse, et elle a été victime d’une barbarie, d’une folie », a affirmé d’une voix émue le maire de Venise, Luigi Brugnaro, en rappelant l’engagement de la jeune femme comme bénévole auprès de l’association humanitaire Emergency.

Les parents de Valeria, dont la dignité a marqué l’Italie depuis 10 jours, ont ensuite évoqué les 129 autres morts des attentats : « Nous pensons à ceux qui partout en France et en Europe, pleurent comme nous une fille, un fils, un conjoint, un ami », a déclaré Alberto.

Neuf de ses amis ont également évoqué le souvenir d’une jeune femme aux grandes qualités morales, « un exemple pour tous ».

Hymne à la joie

Des responsables chrétien, musulmans et juif ont également pris la parole avec émotion.

« Avec ces actes barbares ils (les terroristes) ont cru éteindre la lumière du soleil, nous priver de notre sérénité et de notre liberté mais ils se trompent. Et ils se trompent de beaucoup, car nous sommes unis pour défendre nos valeurs », a affirmé un représentant de l’Union des communautés musulmanes d’Italie, avant d’ajouter : « Paix à ton âme, chère Valeria ».

Le patriarche de Venise, Mgr Francesco Moraglia, s’est également adressé aux terroristes : « Jamais, jamais, nous ne partagerons avec vous ce qui vous appartient, la haine ». « Vous ne réussirez pas à vous faire haïr de nous, ce serait votre victoire, ce serait notre défaite », a-t-il ajouté.

L’ambassadrice de France en Italie, Catherine Colonna, était présente, ainsi qu’Agnese Renzi, l’épouse du Premier ministre italien Matteo Renzi, qui s’était pour sa part rendu lundi à la chapelle ardente où des milliers de proches et d’anonymes ont défilé pendant deux jours.

La ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, a lu un message du président français François Hollande : « Nous n’oublierons pas Valeria, venue étudier chez nous par amour de la vie et de la culture, et qui y a trouvé la mort sous le feu des terroristes ».

L’Hymne à la Joie de Beethoven a conclu la cérémonie, avant que le cercueil ne soit porté sur l’île de San Michele, où la jeune femme reposera auprès de son grand-père.

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