Funérailles d’un enfant palestinien qui jetait des pierres lors de heurts à Gaza
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Funérailles d’un enfant palestinien qui jetait des pierres lors de heurts à Gaza

Le Hamas a affirmé que l’enfant de 12 ans a été tué par des soldats israéliens tandis qu’un ami a déclaré qu’il a été touché par un projectile de gaz lacrymogène

Une photo prise le 17 août 2018 montre des bombes lacrymogènes lancées par les forces israéliennes sur des manifestants palestiniens lors d'une manifestation le long de la frontière de la bande de Gaza, à l'est de la ville de Gaza (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Une photo prise le 17 août 2018 montre des bombes lacrymogènes lancées par les forces israéliennes sur des manifestants palestiniens lors d'une manifestation le long de la frontière de la bande de Gaza, à l'est de la ville de Gaza (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Dimanche, des centaines de Palestiniens ont participé à l’enterrement d’un enfant de 12 ans tué à la frontière de Gaza, alors que des informations contradictoires circulent sur les circonstances qui ont entraîné son décès.

L’armée israélienne a déclaré avoir des preuves montrant que l’enfant de 12 ans a été touché par une pierre lancée par des manifestants. En outre, des groupes de défense des droits de l’homme ont affirmé qu’il était mort après avoir été touché par « un objet solide », selon l’Associated Press.

A l’inverse, le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas a affirmé que Shady Abdel-al avait été tué par un tir israélien à l’est de Jabalia dans le nord de la bande de Gaza.

Samedi, un porte-parole du groupe terroriste palestinien a déclaré qu’il avait succombé à ses blessures à la tête, sans donner plus de détails.

Mohammed, un ami de 12 ans également du camp de réfugiés de Jabalia, a déclaré qu’il était avec Abdel-al quand il a été touché.

« Nous étions en train de lancer des pierres à la barrière », a-t-il déclaré à l’AFP.

Selon lui, Shady a été touché par un projectile de gaz lacrymogène tiré par des soldats israéliens. Il se serait instantanément écroulé.

Samedi, des centaines de membres de la famille et d’amis étaient présents à l’enterrement du garçon. Certains ont appelé à se venger.

« Dieu, brûle ceux qui ont brûlé mon cœur et tué mon fils », a déclaré sa mère, Umm Shady, qui a huit autres enfants.

« De quoi mon fils est-il coupable ? Il a seulement 12 ans », a-t-elle ajouté en larmes.

Elle a expliqué que son fils s’était rendu aux manifestations ces derniers mois mais qu’elle s’y était opposée. « Je lui ai interdit, mais il y allait sans nous le dire », a déclaré la mère endeuillée.

Le ministère a commencé par affirmer qu’il avait 14 ans et une source dans le milieu médical l’avait identifié comme étant Mustafa Abed Rabbo.

« Il avait l’habitude d’aller tous les vendredis à des marches comme des milliers d’autres personnes. Ce vendredi, c’était son destin de mourir en martyr », a déclaré à Reuters le père du garçon, Abdel-Aziz Abdel-al.

De son côté, Hashem Hassan a déclaré à Reuters qu’il avait vu l’enfant être abattu : « Il a jeté quelques pierres qui n’allaient pas très loin. Il ne posait aucune menace ».

En mai, le ministère de la Santé de Gaza avait retiré Layla al-Ghandour, âgée de 8 mois, de leur liste officielle de Palestiniens tués aux affrontements à la frontière avec les troupes israéliennes après que des informations ont suggéré qu’elle était morte à cause de pathologies préexistantes, et non pas à cause du gaz lacrymogène israélien comme le ministère avait commencé par l’affirmer.

La mort de Ghandour avait renforcé la condamnation d’Israël pour les violences, et son enterrement avait été filmé et retransmis sur des chaînes du monde entier avec des photos à la une des journaux.

Un docteur de Gaza a déclaré à l’Associated Press que l’enfant souffrait de pathologies préexistantes et qu’il ne pensait pas que sa mort était due à des gaz lacrymogène. A l’époque, The Guardian avait cité un rapport médical qui mentionnait « des malformations cardiaques de naissance » chez Ghandour et qu’elle souffrait de « sévères problèmes de circulation sanguine et de respiration ».

Le Dr. Ashraf Al-Qidra, directeur des relations publiques pour le ministère, avait ensuite déclaré que Ghandour était déjà morte quand elle était arrivée à l’hôpital et que la cause de son décès « n’était pas claire ».

En juin, un membre du Hamas, capturé par Israël alors qu’il essayait de faire une brèche dans la barrière de sécurité, avait déclaré aux enquêteurs que le chef du Hamas, Yahya Sinwar, avait payé 8 000 shekels (environ 1 900 euros) à la famille de Ghandour pour qu’elle mente aux médias en déclarant que l’enfant était morte après avoir inhalé du gaz lacrymogène lors de manifestations à la frontière.

Au départ, Ghandour avait été inscrite parmi les 60 Palestiniens tués lors des manifestations de masse organisées à la frontière de Gaza les 14 et 15 mai. Ces jours là, presque toutes les autres victimes ont été reconnues par le Hamas comme étant des membres de l’organisation terroriste.

Les tensions à la frontière de Gaza sont très fortes depuis mars, avec le début d’une série de violentes manifestations le long de la barrière de sécurité, connue sous le nom de la « Marche du Retour ». Environ 130 Gazaouis ont été tués, selon les chiffres de l’AP ; le Hamas a reconnu que des dizaines étaient des membres de l’organisation. Un soldat israélien a été tué par le tir d’un sniper palestinien.

Les violences ont atteint un sommet le 14 mai quand plus de 40 000 Palestiniens ont pris part aux violentes émeutes à la frontière, selon l’armée, avec un peu moins de monde présent le lendemain. Au départ, le Ministère de la Santé de Gaza avait déclaré qu’au moins 62 personnes – y compris Ghandour – avaient été tuées sur les deux jours et un officiel qu Hamas qu’au moins 50 d’entre eux étaient des membres du groupe terroriste.

Les affrontements à la frontière, qui ont été orchestrés par le Hamas selon Israël, comprenaient des jets de pierres et de cocktails Molotov sur les soldats israéliens, mais aussi des tirs et des attaques aux engins explosifs artisanaux contre des soldats de Tsahal afin de tenter de forcer la frontière de sécurité.

Des manifestants à Gaza ont également lancé des cerfs-volants et des ballons incendiaires vers Israël, déclenchant des incendies qui ont détruit des forêts, brûlé des récoltes et tué du bétail.

Vendredi, 12 000 Palestiniens ont participé aux manifestations hebdomadaires le long de la frontière avec Israël. L’armée a déclaré que les émeutiers avaient brûlé des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens, qui ont répondu en respect des règles d’ouverture du feu.

A plusieurs incidents, des grenades et des bombes ont été lancées sur les soldats. Des éclats d’obus d’une bombe artisanale ont légèrement blessé un officier israélien qui a été traité sur place. En réponse, l’armée a déclaré qu’un avion et qu’un tank avaient frappé deux positions du Hamas.

Israël affirme que ses actions – et spécifiquement l’utilisation de munitions réelles – sont nécessaires pour défendre la frontière et empêcher les infiltrations de masse du territoire. Israël a accusé le groupe terroriste du Hamas d’encourager les manifestations et de les utiliser pour couvrir des attaques terroristes, y compris de tirs sur des soldats et des tentatives de franchir la frontière.

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