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Futur chef de l’ONU : grand oral des 4 prétendants dont une femme juive du Costa Rica

Autres candidats en lice : La Chilienne Michelle Bachelet, l'Argentin Rafael Grossi et le Sénégalais Macky Sall

Le siège des Nations Unies se trouve à Manhattan, le 9 septembre 2025, à New York. (Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le siège des Nations Unies se trouve à Manhattan, le 9 septembre 2025, à New York. (Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Les quatre candidats déclarés pour succéder au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres seront auditionnés cette semaine en public, étape préliminaire avant de désigner celui ou celle qui dirigera une organisation en pleine tempête.

La Chilienne Michelle Bachelet, l’Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan et le Sénégalais Macky Sall seront soumis pendant trois heures chacun, mardi et mercredi, aux questions des 193 Etats membres et de représentants de la société civile.

C’est seulement la deuxième fois que l’ONU organise ce « grand oral », créé en 2016 pour plus de transparence.

De nombreux Etats plaident pour qu’une femme prenne pour la première fois la tête de l’ONU, et l’Amérique latine revendique le poste en vertu d’une tradition de rotation géographique, qui n’est toutefois pas toujours respectée.

Mais ce sont les membres du Conseil de sécurité – de fait les cinq membres permanents avec leur droit de veto (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) – qui ont véritablement l’avenir des candidats entre leurs mains.

Le prochain secrétaire général devra être en phase avec « les valeurs et les intérêts américains », a d’ailleurs prévenu l’ambassadeur américain Mike Waltz.

Les quatre candidats officiels à ce jour pour prendre la tête de l’ONU le 1er janvier 2027 mettent tous en avant la nécessité de reconstruire la confiance envers une organisation malmenée et au bord de la crise financière.

Michelle Bachelet

Agée de 74 ans, la socialiste, torturée pour son opposition au régime d’Augusto Pinochet a été la première femme présidente du Chili (2006-2010 puis 2014-2018), devenant une personnalité politique internationale de premier plan.

La Haute-commissaire aux droits de l’Homme des Etats-Unis Michelle Bachelet à l’ouverture de la 40è session du conseil des droits de l’Homme de l’ONU, à Genève, le 25 février 2019 (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Son passage à la tête du Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme (2016-2022), poste sensible, lui a attiré certains ressentiments.

La Chine avait vivement critiqué sa publication d’un rapport accablant sur le sort de la minorité des Ouïghours.

Dans sa lettre exposant sa « vision » de secrétaire générale, Michelle Bachelet se dit « convaincue » que son expérience l’a « préparée à affronter » cette époque où le système international « fait face à des défis d’une ampleur, d’une urgence et d’une complexité sans précédent ».

Sa candidature est portée par le Mexique et le Brésil. Son pays, le Chili, lui a retiré son soutien après la prise de fonction du nouveau président d’extrême droite, José Antonio Kast.

Rafael Grossi

Diplomate de carrière, l’Argentin de 65 ans, est entré sous les projecteurs en prenant la tête de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) en 2019.

Ce poste l’a ainsi amené à s’occuper du programme nucléaire iranien et des dangers liés à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par les forces russes. Deux dossiers brûlants dans lesquels sont impliqués plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité.

Dans sa lettre de candidature, il plaide pour un « retour (de l’ONU) à ses bases fondatrices : sauver l’humanité du fléau de la guerre ». Un discours porté par l’administration Trump, alors que d’autres Etats soulignent l’importance de la cohabitation des trois piliers onusiens (paix, droits humains, développement).

Rafael Grossi, le directeur-général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lors d’un conseil d’administration de cette dernière à Vienne, en Autriche, le 11 avril 2024. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Rebeca Grynspan

L’ancienne vice-présidente du Costa Rica, peu connue du grand public, dirige l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (Cnuced). A ce titre, elle a négocié en 2022, avec Moscou et Kiev, « l’Initiative de la mer noire » pour faciliter l’exportation des céréales ukrainiennes après l’invasion russe.

Forte de son histoire personnelle, avec des parents juifs ayant « à peine survécu » à la Shoah avant d’immigrer au Costa Rica, elle met en avant son attachement à la Charte de l’ONU, fondée sur les cendres de la Seconde guerre mondiale : « un avertissement permanent contre les dangers de la déshumanisation, de la méfiance et de la fragmentation ».

Le Costa Rica nommera Rebeca Grynspan, directrice de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), au poste de secrétaire générale des Nations unies, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Arnoldo Andre à San José le 8 octobre 2025. (Crédit : Arnulfo Franco/AFP)

Macky Sall

Macky Sall, 64 ans, est le seul candidat n’étant pas issu d’Amérique latine .

L’ancien président sénégalais (2012-2024) insiste dans sa « vision » sur le lien intrinsèque entre paix et développement, la première ne pouvant être « pérenne » quand le second pilier est miné « par la pauvreté, les inégalités, l’exclusion et la vulnérabilité climatique ».

Sa candidature à l’ONU, portée par le Burundi – à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine -, n’est soutenue ni par le bloc régional, dont 20 des 55 pays membres s’y sont opposés, ni par son propre pays.

Les actuelles autorités sénégalaises l’accusent notamment d’avoir réprimé dans le sang les violentes manifestations politiques ayant fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.

Macky Sall, président de la République du Sénégal, et son épouse Marieme Sall (Facebook)

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