Gabbay, restant député, ne se représentera pas à la présidence Travailliste
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Gabbay, restant député, ne se représentera pas à la présidence Travailliste

Ses conseillers ont affirmé qu'il attribue la responsabilité de sa défaite à Kahol lavan - spécialement à son message disant que le plus grand parti formerait la future coalition

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le Parti travailliste d'Avi Gabbay en plénière durant la prestation de serment des membres de la Knesset, le 30 avril 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le Parti travailliste d'Avi Gabbay en plénière durant la prestation de serment des membres de la Knesset, le 30 avril 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef Travailliste Avi Gabbay ne se représentera pas à la présidence du parti lors des Primaires prévues au mois de novembre mais il ne prévoit pas de quitter la Knesset, ont indiqué des sources de la formation à Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel, samedi.

Gabbay a refusé les interviews depuis le scrutin du 9 avril dans lequel le parti Travailliste n’a remporté que six sièges à la Knesset – un record historiquement bas pour cette formation légendaire.

Une source du parti Travailliste a indiqué que dans des conversations privées, le leader de faction avait affirmé que la fusion entre Yesh Atid et Hossen LeYisrael, survenue avant les élections, avait fait pencher la balance en faveur du Premier ministre Benjamin Netanyahu et porté gravement préjudice au parti Travailliste.

Selon Gabbay, a continué la source, l’union des partis qui constituent Kakhol lavan – Hossen LeYisrael, Yesh Atid et Telem – a détourné les électeurs de droite qui ont préféré répondre aux appels au secours lancés par Benjamin Netanyahu et qui ont afflué en masse dans les bureaux de vote pour confier 35 sièges au Likud.

« La fusion de Kakhol lavan n’était pas nécessaire et elle a entraîné des gros dégâts », aurait dit Gabbay dans des conversations post-électorales, selon la source. Pour le chef Travailliste, la stratégie du centre-gauche aurait dû être, au contraire, que chaque parti se présente de manière distincte.

Dans un tel scénario, aurait dit Gabbay, Netanyahu n’aurait pas eu un prétexte pour tant « effrayer » sa base. Chaque parti du centre et de gauche aurait accumulé ses propres sièges qui, au total, auraient réuni plus de 45 fauteuils – le nombre total de sièges accumulés par Kakhol lavan (35), le parti Travailliste (6) et le Meretz (4).

Le président Travailliste Avi Gabbay (tribune) flanqué de Tal Russo, à droite, et de l’ancien leader du parti Amir Peretz, à gauche, s’adresse aux partisans et aux médias lors de l’annonce des résultats des élections générales, le 9 avril 2019 (Crédit : FLASH90)

Gabbay s’oppose, en général, aux fusions politiques. Il a refusé toutes les initiatives d’union entre les Travaillistes et le Meretz de gauche. Il a également démantelé dans le passé l’Union sioniste, rompant son partenariat avec la dirigeante du mouvement Hatnua Tzipi Livni sans l’en avoir avertie au préalable lors d’une intervention en direct à la télévision.

Des sources proches de Gabbay ont fait savoir qu’il défendait encore son démantèlement de l’Union sioniste, concédant uniquement le fait de l’avoir concrétisée trop tard.

Le chef Travailliste a admis qu’un certain nombre de déclarations faites après son accession à la tête du parti avaient offensé ses partisans (Il avait notamment prétendu que « la gauche a oublié ce que signifie le fait d’être Juif ») mais il est convaincu de ne pas être à l’origine de la performance épouvantable de la formation, le mois dernier, a déclaré l’un de ses conseillers.

Gabbay affirme que le message de campagne de dernière minute transmis par Kakhol lavan qui avait clamé que « le parti le plus important formera la coalition » est à l’origine de l’anéantissement des Travaillistes, a précisé ce conseiller.

La source a expliqué qu’après le scrutin, Gabbay avait rencontré des douzaines de personnes – notamment des membres de sa formation – qui lui avaient dit avoir été touchés par le message de Kakhol lavan et qu’ils avaient ainsi voté pour Gantz, pensant que c’était le seul moyen de venir à bout de Netanyahu.

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l’Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l’opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, le parti Travailliste a pris l’initiative d’organiser des élections pour désigner son nouveau dirigeant dans les meilleurs délais, réclamant l’organisation d’une conférence de la formation au début du mois prochain, au cours de laquelle son comité central devra approuver des Primaires pour le mois de novembre.

L’ancien chef Travailliste et actuel député Amir Peretz, pour sa part, a demandé à ce qu’un remplaçant temporaire soit choisi parmi les membres de la Knesset appartenant au parti, qui prendrait en charge sa direction jusqu’à ce que des Primaires puissent être organisées à une date plus proche d’une autre élection générale.

Tandis que la députée Shelly Yachimovitch, ancienne dirigeante de la formation, a fait savoir qu’elle ne se présenterait pas à ces Primaires, Itzik Shmuli et Stav Shaffir ont laissé entendre qu’ils pourraient se porter candidats.

Gabbay, qui avait été ministre sous l’étiquette du parti Koulanou en 2015 et 2016 et qui a quitté sa formation pour rejoindre les Travaillistes, n’a jamais siégé à la Knesset et il a été élu député pour la toute première fois lors du scrutin de mardi.

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