Gadi Eizenkot va quitter l’armée plus tôt que prévu
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Gadi Eizenkot va quitter l’armée plus tôt que prévu

L’ancien chef de Tsahal quittera officiellement l’armée le 31 mars, au lieu de janvier prochain, afin de pouvoir être éligible plus tôt à la Knesset

Le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division Amir Eshel, à droite, échange une poignée de main avec le chef d'état-major de l'armée Gadi Eisenkot durant une cérémonie au siège de Tel Aviv le 10 août 2017 (Crédit : Armée israélienne)
Le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division Amir Eshel, à droite, échange une poignée de main avec le chef d'état-major de l'armée Gadi Eisenkot durant une cérémonie au siège de Tel Aviv le 10 août 2017 (Crédit : Armée israélienne)

Gadi Eizenkot, qui a récemment pris sa retraite en tant que chef de l’armée israélienne, a demandé à écourter sa mise en disponibilité payée qui devait durer un an. Il va y mettre un terme à la fin du mois de mars. Cette décision alimente les rumeurs sur son intention de se faire élire à des fonctions politiques dès que possible.

L’ex-chef d’état-major a quitté le service actif le 15 janvier, et a commencé une période d’un an de mise en disponibilité rémunérée jusqu’à janvier 2020. Il est ensuite obligé d’attendre une période de trois ans de « réserve » obligatoire pour les hauts gradés de l’armée avant qu’ils soient autorisés à occuper des fonctions politiques. Il ne pourrait ainsi se lancer dans l’arène politique qu’à partir de janvier 2023.

Pourtant, la loi stipule que des officiels doivent attendre trois ans ou laisser passer une élection – quel que soit le scrutin le plus proche. En redevenant membre de la société civile avant l’élection du 9 avril, Eizenkot sera éligible pour se présenter à la prochaine élection, peu importe sa date.

« A sa demande, le général Gadi Eizenkot, le 21e chef de l’armée, quittera l’armée israélienne le 23 mars 2019 et renoncera ainsi à sa période de mise en disponibilité », a déclaré dimanche le porte-parole de Tsahal au journal Yedioth Ahronoth.

Un article du Yedioth a estimé qu’Eizenkot pourrait perdre jusqu’à 300 000 shekels (73 700 euros) d’indemnités en écourtant sa mise en disponibilité.

L’élection de cette année est prévue pour le 9 avril  et marquera le début d’une législature d’environ quatre ans (plus quelques semaines ajoutées de la précédente législature).

Pourtant, la plupart des gouvernements ne durent pas quatre ans. Des hypothèses soulignent que si le Premier ministre Benjamin Netanyahu venait à former le prochain gouvernement mais qu’il était inculpé pour les charges de corruption qui le visent, de nouvelles élections pourraient être convoquées d’ici un an.

Eizenkot serait alors autorisé à y participer.

Cette démarche fait écho à l’arrivée en politique d’une série d’importantes personnalités militaires.

Benny Gantz, l’ancien chef de Tsahal, dirige aujourd’hui le parti Kakhol lavan, et deux autres anciens chef de l’armée, Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi, sont en position 3 et 4 sur la liste.

Deux autres partis, Beyahad et Magen, sont respectivement dirigés par le général Yom Tov Samia, ancien chef du Commandement du sud, et le général Gal Hirsch, ancien commandant de brigade de Galilée. Beyahad a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections, mais Samia envisagerait toujours de se présenter à la Knesset, peut-être en rejoignant une autre liste.

Ces généraux rejoignent une longue histoire d’anciens chefs militaires israéliens étant entrés en politique, dont les anciens Premiers ministres Yitzhak Rabin, Ariel Sharon et Ehud Barak.

Les soldats israéliens reçoivent tous une indemnité de départ après leur service dans l’armée. Pendant cette période, ils en sont techniquement encore membres. Cette période va de deux semaines pour les soldats finissant leur service militaire obligatoire jusqu’à un an pour les généraux haut gradés. Il s’agit d’une période de transition entre la vie militaire et la vie civile.

Eizenkot doit se rendre à Washington dans quelques semaines pour intégrer un groupe de réflexion de l’Institut Washington pour la politique au Proche-Orient.

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