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Gallant accuse Gantz de torpiller le compromis sur la conscription militaire des haredim

Le ministre de la Défense affirme que la coalition avait avancé vers un compromis à 80% avant que les discussions ne tombent dans l'impasse, prétendant que Gantz insiste sur la nécessité de lier la question de cette législation à une date pour des élections à la Knesset

Le ministre de la Défense Yoav Gallant (à gauche) et le ministre de la Guerre Benny Gantz à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 23 décembre 2023. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant (à gauche) et le ministre de la Guerre Benny Gantz à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 23 décembre 2023. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a paru blâmer dimanche le leader du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz qui, a-t-il laissé entendre, a contribué à faire tomber dans l’impasse les négociations portant sur le recrutement militaire des Juifs ultra-orthodoxes. Il a accusé Gantz, qui est également ministre à ses côtés au cabinet de guerre, la cellule de commandement militaire gouvernementale, d’avoir inutilement politisé les pourparlers.

Même si les deux parties « étaient proches à 80% de la conclusion d’un accord », les discussions ont été rompues parce que « chaque partie s’est durcie dans ses positionnements politiques », a expliqué Gallant aux journalistes au cours d’un point-presse, selon un reportage qui a été diffusé par la chaîne publique Kan.

« Je m’attendais à ce que Gantz fasse preuve du leadership nécessaire en cette période de guerre ; il a eu l’opportunité de le faire et il ne l’a pas fait, il n’a pas su aller au-delà de ses considérations politiques propres », a déploré Gallant, qui a affirmé que les négociateurs ultra-orthodoxes lui avaient dit que Gantz avait indiqué « qu’il ne soutiendra pas le projet de loi sans une date convenue pour de nouvelles élections ».

En réponse, le Bureau du leader de HaMahane HaMamlahti a indiqué que lui et Gallant continueraient à se coordonner et « à se dresser contre ceux qui tentent actuellement de porter atteinte à l’armée du peuple ».

« Il faut souligner que ni Gantz, ni les négociateurs de son parti qui ont mené le dialogue avec le Bureau de Gallant et avec les ultra-orthodoxes n’ont donné leur consentement à une loi sur la conscription militaire en s’accordant, en échange, sur une date électorale et que ce sont les ultra-orthodoxes qui ont abandonné les discussions il y a environ un mois », a continué le communiqué de Gantz.

Ce n’est pas la première fois que ce dernier dément avoir établi un lien entre la question du recrutement militaire et la mise en place d’élections anticipées.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant s’adresse à la presse sur la base de Kirya à Tel Aviv, le 15 mai 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Jamais je n’ai conditionné la question du service à des élections », avait écrit sur X, au mois de mars, l’ancien chef d’état-major, ajoutant qu’il ne soutiendrait aucune proposition « dont l’objectif est de contourner la Haute-cour de justice et de ne pas répondre aux besoins qui sont ceux de l’armée et de la société israélienne ».

Selon Kan, Gallant a indiqué aux journalistes que les négociateurs s’étaient accordés sur plusieurs problématiques mais qu’il restait trois sujets de désaccord.

Il a expliqué que toutes les parties avaient convenu du taux de recrutement au sein de l’armée des jeunes ultra-orthodoxes – un taux s’élevant à 25% la première année et appelé à passer à 50% dans les cinq années suivantes. Un processus qui serait supervisé par un responsable du ministère des Finances qui serait chargé d’allouer des fonds à des voies de service spécifiquement haredim au sein de Tsahal. Les négociations ont aussi permis de déterminer que ceux qui ne feraient pas leur service ne seraient pas en droit de recevoir certaines allocations précises.

Parmi les questions non-résolues, celle visant à déterminer si les quotas de recrutement seront établis par le biais d’une législation ou par celui d’une résolution du gouvernement ; le niveau des sanctions qui seront imposées aux yeshivot qui ne respectent pas les quotas et la prise en charge du problème des yeshivot qui ne se conformeront pas aux règles pendant une période prolongée, a continué Gallant.

Lorsqu’il a nommé les personnalités impliquées dans les négociations, Gallant n’a mentionné que les représentants de HaMahane HaMamlahti et du Shas, sans évoquer le parti Yahadout HaTorah. Il est difficile de dire si la formation a été impliquée dans les pourparlers dont Gallant a parlé ou si elle a donné son feu vert aux dispositions convenues.

Des étudiants ultra-orthodoxes, à la Yeshiva Ponovitz, à Bnei Brak, le 27 février 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Alors que le Times of Israel l’interrogeait sur la participation de son parti aux discussions, le député Moshe Roth de Yahadout HaTorah a répondu « qu’aucun plan n’est encore arrivé à un stade qui nécessiterait des commentaires de notre part. Notre idée et notre directive en général sont que les étudiants en yeshiva ne doivent pas être enrôlés et que tous les systèmes de quota et autres sortes de compromis » ne seront acceptables que s’ils concernent les étudiants à temps partiel qui travaillent dans les séminaires religieux.

Les hommes ultra-orthodoxes qui sont en âge d’entrer dans l’armée ont eu la possibilité d’éviter la conscription militaire depuis des décennies en s’inscrivant dans des yeshivot où ils étudient la Torah, bénéficiant d’exemptions annuelles de service militaire jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge où ils peuvent légalement échapper au service.

Après la réunion de faction de Yahadout HaTorah, lundi, « nous pourrons savoir s’il y a des changements ou de nouveaux commentaires à faire », a noté Roth. « Il y a une commission chargée de gérer la question » au sein de la faction et « je ne pense pas qu’il y ait eu quoi que ce soit de substantiel ».

La Haute-cour de justice avait statué, au mois de mars dernier, que l’État devait cesser de subventionner les yeshivot dont les étudiants sont éligibles au service militaire dans la mesure où le cadre légal qui permettait ce système de maintien des subventions avait expiré – ce qui avait placé le Premier ministre Benjamin Netanyahu sous des pressions considérables, sommé de trouver une solution législative susceptible de satisfaire ses partenaires ultra-orthodoxes tout en dépassant l’opposition intense des membres de la coalition qui apportent leur soutien au principe du service militaire universel.

Au début du mois, après avoir été dans l’incapacité de trouver un accord avec ses partenaires haredim de coalition, Netanyahu avait annoncé qu’il avait l’intention de faire revivre un projet de loi qui avait été présenté en 2022 et qui permettait d’abaisser l’âge de l’exemption militaire des étudiants en yeshivot – ce qui avait marqué le coup d’envoi d’une bataille politique féroce sur le sujet, Gallant, Gantz et le président de la Commission des Affaires étrangères de la Défense, Yuli Edelstein, soulevant de nombreuses objections à cette initiative.

File photo of soldiers from Nahal Haredi, an ultra-Orthodox battalion in the IDF (photo credit: Abir Sultan/Flash90)
Photo d’Illustration : Des soldats de la brigade Nahal haredi, un bataillon ultra-orthodoxe de l’armée de l’air israélienne. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

Si elle devait être adoptée, la législation abaisserait l’âge officiel de l’exemption en le faisant passer de 26 à 21 ans pour les étudiants ultra-orthodoxes qui travaillent dans les séminaires religieux, tout en augmentant « très graduellement » le taux de conscription militaire des haredim.

Cette initiative prise par Netanyahu a été critiquée par Gantz et par Gallant, qui a estimé qu’il rejetterait personnellement tout projet de texte « présenté de manière unilatérale par certaines factions de la coalition ».

Pendant la conférence de presse de dimanche, la chaîne Kan a demandé au ministre de la Défense s’il insisterait encore sur l’approbation nécessaire de Gantz à toute loi portant sur l’enrôlement au sein de l’armée si ce dernier devait retirer son parti HaMahane HaMamlahti de la coalition, comme il a récemment menacé de le faire.

« A mes yeux, un plan unilatéral n’aurait pas de légitimité et j’ai utilisé la tribune du gouvernement d’urgence pour l’expliquer », a répondu Gallant, disant que ses objections ne portaient pas sur des membres spécifiques de la coalition mais qu’elles découlaient du fait que « un cadre unilatéral ne sera pas accepté parce qu’on évoquera une affaire purement politique ».

La semaine dernière, Gantz a posé un ultimatum à Netanyahu, menaçant de se retirer de la coalition si le Premier ministre ne s’engageait pas dans un plan convenu pour la guerre à Gaza avant le 8 juin prochain.

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