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Gallant : Israël risque davantage une guerre multi-fronts que des conflits isolés

Face à la presse, le ministre de la Défense a déclaré que l’Iran était « force motrice dans la convergence des fronts », avec des alliés toujours plus agressifs

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des artilleurs de Tsahal et un système de défense aérienne "Dôme de Fer" près de la frontière avec le Liban, dans le nord d’Israël, le 6 avril 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
Des artilleurs de Tsahal et un système de défense aérienne "Dôme de Fer" près de la frontière avec le Liban, dans le nord d’Israël, le 6 avril 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a expliqué jeudi qu’Israël ne ferait sans doute plus face à des conflits isolés, mais plutôt à des menaces sur plusieurs fronts, dans un avenir proche.

« C’est la fin de l’ère des conflits isolés », a déclaré M. Gallant aux journalistes lors d’un point presse.

« Nous avons devant nous une nouvelle ère faite de menaces simultanées sur plusieurs front.

« Pendant des années, nous avons pensé que les conflits isolés pouvaient être gérés, mais ce phénomène tend à disparaître. Aujourd’hui, il y a un phénomène notable de convergence des fronts », a-t-il ajouté.

Ce mois-ci, le pays a connu une flambée de violence sur plusieurs fronts en l’espace de quelques jours, avec des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza et des frappes israéliennes en riposte, des tirs de roquettes depuis le Liban et la Syrie, une incursion de drone iranien depuis la Syrie, suivie de frappes israéliennes, des affrontements à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem et des attentats terroristes meurtriers en Israël et Cisjordanie.

« L’Iran est motrice dans la convergence des fronts. Le pays transfère des ressources, son idéologie, ses connaissances et des formations à ses alliés », a expliqué Gallant, allusion aux organisations terroristes palestiniennes à Gaza, au Hezbollah libanais et à d’autres milices soutenues par l’Iran.

Toujours selon lui, l’Iran finance l’organisation terroriste du Hezbollah au Liban à raison de 700 millions de dollars par an, auxquels s’ajoutent « des connaissances et des armes stratégiques » telles que des munitions à guidage de précision.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant lors d’une visite près de la frontière avec le Liban, dans le nord d’Israël, le 16 mars 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)

L’organisation terroriste du Hamas qui dirige la bande de Gaza est financé par l’Iran à hauteur de 100 millions de dollars par an, auxquels s’ajoutent des dizaines de millions de dollars destinés à la deuxième plus grande organisation terroriste de l’enclave palestinienne, à savoir le Jihad islamique palestinien, a précisé Gallant.

En Syrie, des centaines de millions de dollars sont envoyés aux milices soutenues par l’Iran chaque année, et le régime syrien dirigé par le dictateur Bashar Assad reçoit des milliards de dollars de la part de l’Iran, a-t-il ajouté.

Gallant a déclaré que les milices soutenues par l’Iran en Irak recevaient plusieurs centaines de millions de dollars chaque année, ainsi que des armes, tout comme les rebelles houthi au Yémen.

« La dépendance croissante [des alliés] à l’égard de l’Iran les conduit à franchir les frontières et s’enhardir », a déclaré Gallant.

Des membres des Brigades Al-Qassam, la branche armée de l’organisation terroriste du Hamas, assistent à un rassemblement à Beit Lahiya, le 30 mai 2021. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

A propos du programme nucléaire iranien, M. Gallant a déclaré que « l’Iran n’a jamais été aussi proche de la capacité nucléaire militaire ».

« Face à cette menace, nous devons choisir l’une de ces deux options : soit une action militaire soit une menace militaire crédible », a-t-il expliqué.

Israël milite depuis longtemps déjà auprès des autorités américaines pour qu’elles mettent en place des plans militaires d’urgence destinés à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Le président américain Joe Biden s’est jusqu’alors dit prêt à utiliser la force militaire en cas de besoin, après avoir épuisé les ressources de la voie diplomatique.

Compte tenu de l’absence de progrès sur le retour de l’Iran dans le giron de l’accord nucléaire de 2015, Tsahal a redoublé d’efforts, ces deux dernières années, pour mettre sur pied une menace militaire crédible contre les sites nucléaires de Téhéran.

« L’Iran est de plus en plus confiant. Selon lui, l’Occident est impuissant, dépourvu de moyens efficaces à son encontre », a déclaré Gallant.

« Au moment où Israël est aux prises avec les alliés de l’Iran, ce dernier se renforce économiquement et militairement, ce qui lui donne une marge de manœuvre pour agir. Cela devrait donner des cauchemars au monde entier, Israël en tête. »

Des avions à réaction F-35i israéliens et F-15 américains lors d’un exercice au-dessus d’Israël, le 29 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

A propos des frappes aériennes israéliennes contre les bases arrières de l’Iran en Syrie, Gallant a déclaré que « nous continuons de porter des coups sévères aux capacités et actifs iraniens dans cette zone. »

« Nous ne laisserons pas l’Iran établir une armée iranienne en Syrie, nous ne laisserons pas le plateau du Golan devenir libanais et nous ne laisserons pas le territoire syrien devenir une plaque tournante pour les armes perfectionnées destinées au Liban », a-t-il ajouté.

« Nous travaillons là-dessus à grande échelle. Depuis mon entrée en fonction, au premier trimestre 2023, nous avons doublé le taux d’attaques en Syrie. Nous nous en prenons de manière systématique aux capacités militaires et de renseignement [iraniennes] », a-t-il précisé.

Israël aurait mené un certain nombre de frappes en Syrie ce mois-ci, dont une qui a tué deux membres du Corps des gardiens de la révolution islamique iraniens.

Incendie après une frappe aérienne près de Masyaf, en Syrie, le 25 août 2022. (Crédit : Réseaux sociaux)

Enfin, notant la montée des attaques terroristes en Cisjordanie et les tirs répétés des Palestiniens contre les troupes israéliennes, Gallant a blâmé le statut affaibli de l’Autorité palestinienne.

« L’affaiblissement de l’Autorité palestinienne et de ses forces de l’ordre nous force à prendre des décisions sécuritaires importantes. Là où l’Autorité palestinienne n’opère plus, nous devons mener des opérations toujours plus longues et plus intenses », a-t-il déclaré.

Les attentats palestiniens en Israël et Cisjordanie ont fait 19 morts depuis le début de l’année et plusieurs blessés graves.

On estime à 92 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’année, la plupart lors d’attentats ou d’affrontements avec les forces de l’ordre, mais des civils étrangers à ces violences ont également trouvé la mort dans des circonstances qui font toujours l’objet d’enquêtes.

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