Gallant : Netanyahu peut rester en poste même s’il est inculpé
Rechercher

Gallant : Netanyahu peut rester en poste même s’il est inculpé

Alors que le Procureur général examine les éléments des enquêtes pour corruption, le ministre du Logement de Koulanou, qui pourrait rejoindre le Likud, soutient le Premier ministre

Le ministre du Logement Yoav Gallant à la conférence diplomatique du Jerusalem Post au  Waldorf Astoria de Jérusalem, le 21 novembre 2018 (Crédit : Miriam Alster /Flash90)
Le ministre du Logement Yoav Gallant à la conférence diplomatique du Jerusalem Post au Waldorf Astoria de Jérusalem, le 21 novembre 2018 (Crédit : Miriam Alster /Flash90)

Dimanche, Yoav Gallant, ministre du Logement, ne s’est pas aligné avec le chef de son parti Moshe Kahlon, déclarant qu’il ne pensait pas que le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait démissionner s’il était inculpé.

« Sur cette question, Kahlon et moi avons un désaccord – en Israël, il y a la présomption d’innonce pour tout le monde, y compris le Premier ministre. Il n’y a pas de raisons de se baser sur des spéculations, a déclaré Gallant à la Radio de l’Armée. Le Premier ministre n’a pas à démissionner ».

Kahlon a déclaré publiquement, à plusieurs reprises, que Netanyahu ne pouvait pas continuer à diriger le pays s’il était inculpé dans une série d’enquêtes pour corruption.

Kahlon, un ancien membre du parti du Likud de Netanyahu qui dirige maintenant le parti de centre-droit Koulanou, a également dit qu’il se retirerait de la coalition si le Premier ministre venait à être inculpé.

En mars, le ministre des Finances avait dit qu’il attendait que Netanyahu démissionne s’il était inculpé, ou qu’il serait forcé à partir par d’autres membres de la coalition.

Cette semaine, Avichai Mandelblit, le Procureur général, doit examiner les éléments du dossier pour décider s’il fallait engager ou non des poursuites contre Netanyahu. Il s’agira de l’étape avec le plus d’enjeux dans cette bataille juridique qui dure depuis plusieurs années et qui pourrait bien bouleverser le paysage politique du pays.

On ne sait pas clairement combien de temps il faudra à Mandelblit pour prendre une décision dans les trois affaires qui concernent Netanyahu. Selon la chaîne de télévision Hadashot, le bureau du Procureur général souhaite prendre une décision sur les affaires dans les prochaines moins, et centainement « bien avant Pâques » à la mi-avril.

Les commentaires de Gallant sont intervenus dans le contexte de rumeurs continues selon lesquelles le ministre du Logement et de la Construction se préparerait à quitter Koulanou pour le Likud. Plus tôt ce mois, Gallant aurait participé à une rencontre à huis clos du Comité central du Likud, l’un des cercles les plus importants du parti.

Cette évolution se produit à moins d’un an des élections nationales, et alors que la coalition gouvernementale ne dispose plus que d’une infime minorité à la Knesset, après la démission du mois dernier du ministre de la Défense Avidgor Liberman et du retrait de son parti Yisrael Beytenu de son gouvernement.

Selon le reportage de Hadashot, Gallant a rencontré différents officiels du Likud au cours des derniers mois. En outre, l’événement du Comité central a été organisé spécialement pour lui.

Publiquement, Gallant a nié envisager changer de parti. Lors d’une conférence en novembre à Jérusalem, on l’a interrogé pour savoir s’il rejoindrait le Likud et il a répondu, « Si cela dépend de moi, je resterais avec Koulanou ».

Gallant avait rejoint le parti Koulanou nouvellement créé, et dirigé par le ministre des Finances Kahlon, en 2015.

Sans Yisrael Beytenu, le gouvernement dispose seulement d’une majorité de 61 sièges à la Knesset contre 59 pour l’opposition. La coalition pourrait bien s’effondrer avant les prochaines élections, prévues pour novembre 2019.

Plus tôt ce mois, dans une décision qui a encore plus fragilisé la stabilité de la coalition, la police israélienne a recommandé que Netanyahu soit inculpé pour avoir pris des pots-de-vin dans l’enquête Bezeq-Wallw, aussi connue comme Affaire 4000, la troisième affaire dans laquelle la police a conclu qu’il devrait être jugé.

Netanyahu a nié toute malversation dans les trois affaires.

Une mise en examen pourrait bien réduire les chances de Netanyahu de se présenter à nouveau au poste de Premier ministre en tant que chef du Likud.

Samedi, Naftali Bennett, ministre de l’Education et chef du parti HaBayit HaYehudi, a également dit à la Dixième chaîne qu’il n’était pas d’accord avec Kahlon et que Netanyahu n’avait pas besoin de démissionner s’il était inculpé.

« Il n’est pas bon pour Israël que Netanyahu aille en prison, ou quelque chose dans le genre, a déclaré Bennett. Qu’on l’aime ou pas, il a fait beaucoup pour le pays. J’espère que cela n’aura pas lieu. Mais s’il y a un changement à travers les urnes, c’est une toute autre affaire ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...