Israël en guerre - Jour 193

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Gantz et Gallant s’adressent aux musulmans à l’occasion du ramadan

Le secrétaire général de l'ONU a appelé, de son côté, à "faire taire les armes" à Gaza et à libérer les otages "pour faire honneur à l'esprit du ramadan" qui vient de commencer

Le ministre Benny Gantz s'adresse à la communauté musulmane d'Israël au début du mois de jeûne du Ramadan dans une vidéo préenregistrée, le 10 mars 2024. (Crédit : capture d'écran)
Le ministre Benny Gantz s'adresse à la communauté musulmane d'Israël au début du mois de jeûne du Ramadan dans une vidéo préenregistrée, le 10 mars 2024. (Crédit : capture d'écran)

Cherchant à apaiser les tensions à l’approche du mois sacré du Ramadan, le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz a lancé un appel direct dimanche aux citoyens musulmans, en affirmant que la guerre d’Israël à Gaza n’était pas une guerre « contre l’Islam ».

« Ces jours-ci, l’État d’Israël mène une campagne difficile qui a commencé par une attaque meurtrière lancée par les terroristes du Hamas contre tous les citoyens israéliens, y compris les musulmans », a indiqué Gantz dans un message préenregistré.

« Notre guerre n’est pas contre l’islam, mais contre ceux qui ont porté atteinte aux valeurs de l’islam. Contre ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité et qui ont cherché à déchirer la société israélienne et notre avenir commun. »

Affirmant que le Hamas souhaite voir le ramadan se transformer d’un mois de prière en « un mois de sang », Gantz a ajouté que le groupe terroriste basé à Gaza ne « représente pas la majorité absolue des citoyens arabes d’Israël ».

« Le 7 octobre nous a prouvé, peut-être plus encore qu’auparavant, que la société arabe est une partie intégrante de l’État d’Israël. Lorsque nous sommes menacés, nous le sommes tous et nous y faisons face ensemble », a-t-il poursuivi, s’engageant à maintenir la liberté de culte sur le mont du Temple à Jérusalem et appelant la communauté musulmane d’Israël à ignorer « les extrémistes qui tentent de nous inciter à la violence et à nous faire du mal. »

Le ministre de la Défense Yoav Gallant avec des commandantes de bataillons de combat, le 8 mars 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

De son côté, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a adressé, lundi, son message du ramadan aux ennemis d’Israël, les avertissant que le pays était prêt à faire face à toute menace.

Gallant a commencé son discours par une salutation traditionnelle et un message en arabe sur l’importance de ce mois avant de passer à l’hébreu.

Il a affirmé que « le mois de ramadan est un mois important au cours duquel le Coran a été révélé et qui offre l’occasion d’améliorer les relations de voisinage et de renforcer les liens familiaux », a déclaré Gallant.

« L’Etat d’Israël respecte la liberté de prier à al-Aqsa (le troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem-Est, secteur de la ville occupé par Israël depuis 1967, NDLR) et dans tous les lieux saints », a assuré Gallant dans ce message posté sur sa chaîne Telegram.

Mais « le mois de ramadan peut aussi être un mois de jihad, et nous disons à tous: ne nous cherchez pas. Nous sommes prêts, ne commettez pas d’erreur, nous sommes prêts », a-t-il averti.

Malgré les pressions exercées par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé de ne pas réduire le nombre de fidèles autorisés à prier sur le mont du Temple pendant la première semaine du ramadan.

Alors que l’administration Biden prône un cessez-le-feu temporaire avant le début du jeûne sacré, lundi, Gantz avait prévenu que faute de voir les otages détenus par le Hamas libérés avant le ramadan, Israël lancerait une incursion dans la ville de Rafah, au sud de Gaza

Le président américain Joe Biden s’est dit préoccupé par le fait qu’en l’absence d’un accord, Jérusalem pourrait devenir le théâtre de violences similaires à celles qui ont éclaté en 2021 à la suite d’une série d’affrontements dans la Vieille Ville, y compris sur le mont Temple.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, de son côté, appelé lundi à « faire taire les armes » à Gaza et à libérer les otages « pour faire honneur à l’esprit du ramadan » qui vient de commencer.

« Aujourd’hui marque le début du mois sacré du ramadan, une période où les musulmans du monde entier célèbrent et propagent les valeurs de paix, de réconciliation et de solidarité. Mais même avec le début du ramadan, les morts, les bombardements et le carnage se poursuivent à Gaza », a-t-il déploré devant la presse.

« Mon appel vibrant aujourd’hui est de faire honneur à l’esprit du ramadan en faisant taire les armes et en éliminant tous les obstacles pour que l’aide humanitaire vitale puisse avoir lieu au rythme et à l’échelle massive nécessaire », a-t-il ajouté.

« Dans le même temps, et dans l’esprit de compassion du ramadan, j’appelle à la libération immédiate de tous les otages ».

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

« Les yeux du monde nous regardent. L’Histoire nous regarde. Nous ne pouvons pas détourner les yeux », a martelé Antonio Guterres, alors que l’offensive israélienne a fait 31 112 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le Hamas. Le Hamas est accusé de gonfler le nombre des victimes civiles et d’y inclure les Palestiniens tués par les roquettes tirées par les factions terroristes qui retombent dans la bande. Le Hamas ne fait pas non plus de distinction, dans ce bilan, entre les civils et les terroristes.

Le secrétaire général de l’ONU s’est également alarmé d’une possible offensive terrestre israélienne sur Rafah, qui ferait « chuter la population de Gaza encore plus profondément dans les cercles de l’enfer ».

Il a d’autre part répété son appel lancé la semaine dernière à un cessez-le-feu également au Soudan pour le mois sacré du ramadan, « dans l’intérêt de la population qui subit la faim, les horreurs et une épreuve indescriptible ».

« A Gaza, au Soudan, et au-delà, le temps de la paix est venu. J’appelle les leaders politiques, religieux et communautaires partout à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que cette période sacrée soit un moment d’empathie, d’action et de paix ».

L’AFP a contribué à cet article.

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