Gantz exige que Netanyahu quitte ses ministères, la droite promet fidélité
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Gantz exige que Netanyahu quitte ses ministères, la droite promet fidélité

Kakhol lavan demande au procureur d'exiger que Netanyahu rende ses 4 portefeuilles ministériels ; d'autres rivaux prévoient des rassemblements et un recours auprès de la Haute Cour

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la conférence Muni World, à Tel Aviv, le 14 février 2018. (AFP PHOTO / JACK GUEZ)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la conférence Muni World, à Tel Aviv, le 14 février 2018. (AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Deux groupes s’apprêtaient vendredi à déposer des recours pour contraindre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à quitter le pouvoir, au lendemain de l’annonce explosive du procureur général de la future mise examen du dirigeant dans trois affaires de corruption.

Le parti travailliste et le Mouvement pour un gouvernement de qualité ont en effet fait savoir qu’ils feraient appel auprès de la Haute Cour de justice pour obliger le Premier ministre à démissionner, d’autres requêtes devraient suivre. Même si techniquement la loi permet à un Premier ministre de rester en poste tant qu’il n’a pas été reconnu coupable par un tribunal et qu’il a épuise tous ses pourvois en appel, cette loi n’a jamais été appliquée jusqu’à présent — puisque Netanyahu est le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être inculpé pendant son mandat — et les tribunaux seront probablement amenés à débattre d ela question.

Plusieurs dizaines de militants travaillistes ont manifesté vendredi midi devant le siège du Likud à Tel Aviv, appelant à la démission de son chef. Le Mouvement pour un gouvernement de qualité, une organisation qui souhaite faire le ménage en politique et qui se décrit comme apolitique, a indiqué qu’elle organiserait un grand rassemblement le 30 novembre pour exiger le départ de Netanyahu.

Dans un communiqué, le parti travailliste a déclaré qu’il était temps pour le Likud « d’avoir pitié d’Israël » et de faire pression sur Netanyahu pour qu’il démissionne afin d’éviter de nouvelles élections, qui ne serviraient que « les intérêts judiciaires personnels de Netanyahu ».

Après le scrutin de septembre et les efforts vains de Netanyahu et de son rival centriste Benny Gantz pour rassembler une majorité, la Knesset dispose désormais de trois semaines pour trouver un candidat au poste de Premier ministre soutenu par 61 députés. Le faiseur de rois Yisrael Beytenu ayant déclaré qu’il n’appuierait pas de gouvernement minoritaire quel qu’il soit et l’annonce de la mise en examen annihilant toute chance que Kakhol lavan ne partage le pouvoir avec Netanyahu dans un gouvernement d’union, de nouvelles élections — les troisièmes en moins d’un an — semblent tout sauf inévitables.

Vendredi matin, Kakhol lavan a appelé le procureur général Avichai Mandelblit à ordonner au chef du gouvernement de rendre les quatre portefeuilles ministériels qu’il détient. Aujourd’hui, Netanyahu dirige les ministères de l’Agriculture, de la Santé, des Affaires sociales et de la Diaspora. D’après un précédent judiciaire, un ministre ne peut pas rester en poste s’il est mis en examen.

Dans le même temps vendredi, un nombre croissant de responsables politiques de droite ont publiquement exprimé leur soutien au dirigeant pris dans la tourmente.

Le ministre des Affaires étrangères, Yisrael Katz, une figure clé du Likud restée muette après l’annonce de jeudi, a fait savoir vendredi matin qu’il soutenait Benjamin Netanyahu.

« Israël est un État de droit, et la présomption d’innocence est un droit qui vaut pour chacun, et assurément pour le Premier ministre Netanyahu », a-t-il déclaré. « Tant qu’il n’y pas d’obstacle juridique à son maintien au poste de Premier ministre, Benjamin Netanyahu a le droit de conserver ses fonctions, et seuls les citoyens et leurs représentants à la Knesset décideront démocratiquement qui dirigera Israël ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz. (Flash90)

Le ministre des Sciences, Ofir Akunis, a également demandé vendredi à ce que le Premier ministre soit présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. « Je le connais depuis 25 ans, une relation avec des hauts et des bas, j’accorde mon soutien au Premier ministre et lui suis d’autant plus reconnaissant de ce qu’il a apporté à Israël depuis de nombreuses années ».

Le ministre de l’Éducation, Rafi Peretz, dont le parti HaBayit HaYehudi soutient Netanyahu, a salué le Premier ministre pour sa « dévotion » à Israël et souligné qu’il devait encore être reconnu coupable de méfaits.

« En ce moment difficile, je souhaite appuyer le Premier ministre et prier que les choses se règlent et que justice soit faite », a-t-il ainsi commenté.

Peretz n’a pas précisé s’il soutenait l’immunité de Netanyahu, qui a été défendue par le ministre des Transports, Bezalel Smotrich, dont la faction Union nationale est membre d’une alliance avec HaBayit HaYehudi.

Ce dernier a appelé vendredi les sympathisants de Netanyahu à occuper la rue en signe de protestation afin de mettre un terme à « une dictature judiciaire destructrice et dangereuse ».

Plusieurs alliés politiques ont rapidement resserré les rangs autour de Benjamin Netanyahu jeudi, se joignant à lui pour accuser la police et les procureurs de tentative de « coup d’État » au moyen de fausses accusations de corruption.

De nombreux députés Likud sont néanmoins restés muets ou ont attendu plusieurs heures avant d’afficher leur soutien à leur numéro un, un autre signe du déclin de sa main-mise sur le parti.

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