Gantz: Netanyahu « inapte » après avoir voulu intégrer des kahanistes à la Knesset
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Gantz: Netanyahu « inapte » après avoir voulu intégrer des kahanistes à la Knesset

Avi Nissenkorn de Kakhol lavan réclame l'avis du conseiller juridique de la Knesset sur l'échec du président à réunir une séance plénière pour la demande d'immunité de Netanyahu

Benny Gantz à la conférence Eli Hurvitz sur l'économie et la société organisée par l'Institut israélien de la démocratie, 17 décembre 2019 (Crédit : Michal Fattal)
Benny Gantz à la conférence Eli Hurvitz sur l'économie et la société organisée par l'Institut israélien de la démocratie, 17 décembre 2019 (Crédit : Michal Fattal)

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, s’en est pris vendredi au Premier ministre Benjamin Netanyahu qui aurait menacé en début de semaine le ministre de la Défense Naftali Bennett de lui faire retirer son portefeuille s’il ne parvenait pas à unir son parti HaYamin HaHadash à d’autres petites formations de droite – notamment le parti d’extrême droite Otzma Yehudit.

« Quiconque est prêt à utiliser la sécurité d’Israël pour faire entrer des kahanistes à la Knesset n’est pas apte à être Premier ministre d’Israël », a dénoncé Gantz sur Facebook. « Quiconque fait du commerce de la sécurité nationale pour son profit personnel et utilise sa position de leader [pour faire avancer] sa fortune personnelle ne peut pas être Premier ministre. »

Les membres d’Otzma Yehudit sont souvent qualifiés de kahanistes en raison de leur soutien au rabbin extrémiste disparu Meir Kahane.

Pour Gantz, la semaine dernière a mis en évidence « tout ce qui est laid dans notre politique. »

Bennett a finalement uni son parti à l’Union nationale et à HaBayit HaYehudi pour former à nouveau l’alliance Yamina, mais n’a pas voulu changer de position concernant Otzma Yehudit.

Le leader de ce dernier parti, Itamar Ben Gvir, s’est retrouvé sur la touche mercredi quand HaBayit HaYehudi a rompu son accord avec lui pour rejoindre Yamina. Il a juré de se présenter seul, bien que les derniers sondages aient montré que les chances du parti d’entrer au Parlement restent faibles.

Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, à l’entrée de la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Bien que Netanyahu se soit démené pour unir Otzma Yehudit aux autres petits partis pour empêcher la perte des votes de droite, depuis que ses efforts ont échoué, il a changé son fusil d’épaule et a exhorté le parti à abandonner la course.

Vendredi également, le président du groupe Kakhol lavan à la Knesset, Avi Nissenkorn, a demandé au conseiller juridique du Parlement d’intervenir au sujet de l’échec du président, Yuli Edelstein, à donner suite à une demande des députés de revoir la demande d’immunité de Netanyahu dans ses trois affaires pénales.

Prenant note de l’avis juridique du conseiller Eyal Yinon selon lequel la commission de la Chambre – qui doit évaluer la demande – peut être convoquée bien que la Knesset soit en vacances avant l’élection du 2 mars, M. Nissenkorn a déclaré qu’Edelstein du Likud n’avait pas réussi à convoquer le plénum pour voter sur la formation de la commission, malgré les appels de la majorité des députés en ce sens.

Kakhol lavan aurait menacé d’évincer Edelstein s’il ne convoquait pas le plénum d’ici le début de la semaine prochaine.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretient avec le ministre de l’Education Naftali Bennett à la Knesset, le 12 mars 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Yinon a statué dimanche qu’Edelstein n’avait pas le droit d’empêcher le plénum de la Knesset de former une commission parlementaire, qui n’est généralement pas convoquée dans un gouvernement de transition.

Les membres de la commission des dispositions de la Knesset ont voté lundi à 16 voix contre 5 en faveur de la création et de la dotation en personnel de la commission clé, qui pèse les demandes d’immunité. Un vote sur la création de la commission doit également avoir lieu lors de la plénière de la Knesset ouverte à l’ensemble des 120 députés, dont une majorité, comme le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, a déjà déclaré qu’elle soutenait la création de la commission.

Edelstein, membre du Likud, fait maintenant face aux pressions de Netanyahu et de ses alliés politiques pour bloquer un vote en plénière sur la formation de la commission.

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, fait une déclaration à la presse à la Knesset, le 12 janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Une fois formée, la commission débattra probablement et votera éventuellement sur la demande d’immunité de Netanyahu dans les semaines à venir, peut-être même dans les jours qui viennent, bien avant le jour des élections, le 2 mars.

Le Premier ministre et ses partisans font valoir que cette commission ne devrait pas être formée parce que le gouvernement israélien est en transition et également parce qu’il n’y a pas suffisamment de temps avant les élections pour que celle-ci puisse évaluer correctement les demandes d’immunité.

Tant que la requête de Netanyahu n’est pas soumise au vote, le procureur général ne pourra pas ouvrir de procès contre lui.

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