Gantz promet de ne pas inclure Netanyahu dans sa coalition
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Gantz promet de ne pas inclure Netanyahu dans sa coalition

Le chef de Kakhol lavan a dit que les "révélations" sur le Premier ministre rendaient caduc l'enregistrement dans lequel il indiquait ne pas exclure un gouvernement d'union

Le leader du parti Kakhol lavan Benny Gantz lors d'une conférence de presse au kibboutz Nahal Oz, dans le sud d'Israël, le 15 mars 2019 (Crédit : Flash90)
Le leader du parti Kakhol lavan Benny Gantz lors d'une conférence de presse au kibboutz Nahal Oz, dans le sud d'Israël, le 15 mars 2019 (Crédit : Flash90)

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz a répondu mardi à la fuite d’un enregistrement dans lequel il confiait à des proches qu’il n’excluait pas la mise en place d’un gouvernement d’union avec Benjamin Netanyahu, en affirmant dans une déclaration que la situation avait changé et qu’il ne souhaitait pas former une coalition avec le Premier ministre.

Durant la soirée qui avait suivi l’annonce par le procureur-général Avichai Mandelblit de son intention d’inculper Netanyahu dans trois affaires de corruption, Gantz avait réuni une conférence de presse au cours de laquelle il avait clamé que « compte-tenu des circonstances », sa formation ne s’associerait pas à un Likud dirigé par Netanyahu à l’issue du scrutin. Des responsables de Kakhol lavan avaient estimé, à ce moment-là, qu’ils n’excluaient pas une coalition avec le Likud – si Netanyahu ne se trouvait plus alors à la tête du du parti.

Mais dans un enregistrement qui a été diffusé lundi soir par la Treizième chaîne, Gantz semble prendre ses distances avec cette déclaration d’intention – tout du moins dans un scénario où lui, et non Netanyahu, deviendrait Premier ministre.

« J’ai choisi les mots ‘compte-tenu des circonstances’ dans les propos que j’ai tenus le 28 février afin de ne pas totalement fermer la porte [sur une coalition avec le Likud] à clé. La porte est fermée, mais pas à clé », dit-il à un groupe de proches conseillers dans l’enregistrement qui, selon le reportage, aurait été réalisé au mois de mars.

Le chef d’état-major général, le lieutenant-général Benny Gantz, (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant une réunion du cabinet en novembre 2012 (crédit photo : Kobi Gideon/GPO/Flash 90).

Mardi matin, Gantz a émis un communiqué disant que « les propos tenus dans l’enregistrement ont été prononcés avant que ne soient révélés tous les détails des accusations graves contre Netanyahu et avant qu’il ne s’avère qu’il a effectivement reçu 16 millions de shekels au cours d’un échange commercial portant sur les sous-marins, mentant à l’opinion publique sur des dossiers de sécurité sérieux ».

« Et je le dis – non pas dans un enregistrement anonyme mais ouvertement et clairement : Je ne participerai pas à un gouvernement avec
Netanyahu ! », a-t-il conclu.

Gantz, aux côtés des autres responsables de sa liste de Kakhol lavan, a accusé lundi Netanyahu d’avoir gagné des millions de shekels mal acquis dans ce qu’il a qualifié de « plus grande affaire de corruption liée à la sécurité de toute l’histoire de l’Etat d’Israël ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Gantz a réclamé la mise en place d’une commission d’enquête d’Etat pour se pencher sur le rôle présumé tenu par Netanyahu dans le dossier des sous-marins, qui a été surnommé « l’Affaire 3000 » par la police, qui a impliqué plusieurs proches du Premier ministre mais pas lui directement. Les conseillers de Netanyahu sont soupçonnés d’avoir reçu des fonds illicites dans le cadre d’un plan massif de fraude autour de l’acquisition de navires en Allemagne pour des sommes impliquant des milliards de shekels.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Haïfa, Gantz a expliqué que les informations laissant entendre que Netanyahu aurait touché 16 millions de shekels dans le cadre de cet accord sont « inimaginables et dures à concevoir ».

« J’espère que ce n’est pas vrai », a ajouté l’ancien chef d’Etat-major, qui a noté que le Premier ministre en exercice devait déjà faire face à d’autres inculpations pour corruption – sous réserve d’une audience – dans trois dossiers et qu’il « est soupçonné de faire passer ses intérêts avant la sécurité d’Israël ».

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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